1186 politiciens assassinés en 30 ans au Canada

Imaginez : tous les ans, près de quarante politiciens sont assassinés à travers le Canada.

Certains disparaissent tout simplement sans que l’on entende plus jamais parler d’eux, tandis qu’ici ou là, on retrouve de temps en temps le corps d’un autre.
Quelques uns ont été violés, d’autres mutilés par des meurtriers qui restent pour la plupart dans l’ombre d’enquêtes policières qui n’ont pas abouties…

Depuis des années, des groupes de pression tentent d’alerter l’opinion publique sur cette horreur et surtout d’initier une commission d’enquête parlementaire qui permettrait certainement de mettre à jour les interstices des enquêtes menées par les différents corps de police dans lesquels se sont glissés les assassins de ces hommes et ces femmes politiques.

Tout ceci n’est que de la fiction bien entendu.

Évidemment, vous avez entendu dans les médias aujourd’hui qu’il s’agissait du recensement par la GRC du nombre de femmes ou filles autochtones assassinées ou disparues depuis 30 ans.
Un chiffre encore plus élevé que celui avancé par les nombreuses associations qui demandent depuis des années que l’on s’intéresse à cet actes criminels qui touchent en particulier les femmes d’une communauté.

En faisant une rapide recherche, je n’ai trouvé aucune trace d’un phénomène criminel de ce genre touchant une autre catégorie de personnes à une telle échelle.

Des enquêtes ont été menées dans de nombreux cas bien entendu, mais les rapports qui soulèvent le laxisme des autorités sont trop nombreux pour être ignorés, quand on ne parle pas d’une responsabilité directe de certains services policiers et en particulier de la GRC qui est elle-même pointée du doigt.

Est-ce la raison pour laquelle le rapport parlementaire récemment déposé ne recommandait pas l’instauration d’une commission parlementaire, au grand regret de l’Association des femmes autochtones du Canada ?

Ou est-ce parce que, contrairement au titre de cet article qui vous a incité à le lire, il ne s’agissait « que » de filles et femmes autochtones et non pas de politiciens, docteurs, chercheurs ou journalistes ?

– Paru dans le JdM le 2 mai 2014

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