Photo des documents en possession de François Rochette.

Le point sur l’affaire Rochette

Cette enquête a occupé bon nombre de mes journées, de mes soirées, de mes w-ends et parfois même une bonne partie de mes nuits pendant de nombreux mois.

Nous vous livreront bientôt le tout dernier épisode de cette histoire telle que nous l’avons vécue et vous verrez que la fin n’est pas moins intense que le reste de l’aventure… 

Près d’un an plus tard, le dossier continue de bouger et ce pourquoi je me suis engagé dans cette affaire est enfin arrivé. 

Une coroner vient d’être nommée, tandis que la police semble prête à vouloir élargir ses investigations. (En lire plus ICI)

La suite de l’histoire se trouve maintenant entre les mains des autorités. 

De la police et de la coroner dépendent les suites de ce dossier, les suites de cette enquête. 

Nous avons décidé de collaborer pleinement avec les autorités.

Je dis nous car c’est une décision qui a été prise en commun avec Patricia Rochette et son frère François. 

Tout ce que nous avons, toutes les pistes et informations que nous avons mises à jour sont désormais entre leurs mains.

Je sais très bien que plusieurs obstacles importants subsistent et je sais qu’il est possible que les autorités ne poussent pas l’affaire jusqu’au bout pour des raisons de budget, de volonté ou tout simplement parce que les pouvoirs publics pensent faire des choix rationnels en privilégiant les dossiers qui ont des chances d’aboutir plutôt que d’autres qui sont complexes et incertains.

C’est justement à cause de cela, entre autres, que j’ai cru qu’il fallait pousser notre enquête aussi loin que nous le pouvions pour aider Patricia Rochette dans sa quête de vérité.

Mais nous n’avons pas pu tout vérifier et certaines pistes, certaines hypothèses, restent encore inexplorées.

Je n’ai pas non plus toujours été d’accord avec Patricia ou avec son frère François sur certaines de ces pistes ou même sur leur façon de voir certains éléments du dossier, mais cela ne veut pas dire que leurs hypothèses soient moins bonnes que les autres.

Certaines décisions n’ont pas été faciles à prendre, mais il faut savoir faire des choix. 

Les miens étaient avant tout guidés par le souci de reconstruire morceau par morceau, avec rigueur et précision, une histoire trop longtemps restée dans l’ombre.

Beaucoup de gens connaissent maintenant Marie-Paule Rochette et nombreux sont ceux qui ont entendu parler de son histoire.

Quand je regarde son visage sur cette magnifique photographie, je me dis que quel que soit le résultat de tout cela…

Que le lien entre elle et la noyée de Rivière des Prairies soit enfin fait par la police… ou pas…

Ça en valait la peine et nous ne l’avons pas fait pour rien.

 

 

PS : Je souhaite remercier tous les membres d’ICI PREMIÈRE qui ont contribué de près ou de loin à faire ce balado et aussi tout particulièrement Cédric Chabuel dont l’immense talent est pour une très grande part dans la réussite de ce projet.

[Les images qui illustrent cet article viennent de François Rochette, la photo de couverture a été prise par Radio-Canada]

 

 

 

 

 

 

La balade du balado

C’était il y a presque un an…

J’avais commencé à diminuer lentement mais sûrement mes interventions en ondes sur les sujets policiers, bien décidé à me consacrer à des projets de plus longue haleine.

J’avais travaillé à de nombreux projets de séries et documentaires pour la télé avec un bilan plutôt mitigé : beaucoup d’intérêt du côté des maisons de production, mais rien qui ne se rende finalement jusque sur les écrans.

Certains de ces projets sont d’ailleurs encore à l’étude et d’autres sont quelque part, coincés dans le no man’s land entre producteurs et diffuseurs…

Peut-être l’un d’entre eux verra-t-il le jour, qui sait ?

 

Quoi qu’il en soit, en février 2017, j’entamais ma longue marche sur le chemin du balado.

Une année de recherches, d’enquête, d’entrevues, d’enregistrements, d’écriture, de réécriture, de réenregistrement, de réécriture, de réenregistrement, de réécriture, de réécriture, de réenregistrement, de réécriture, de réenregistrement,… bref, vous avez compris !

Alors, tandis que ce balado touche à sa fin, il m’a semblé intéressant de partager avec vous une partie de cette aventure !

 

Je vous propose donc qu’on se retrouve bientôt ici en commençant par le commencement avec cette simple question : « Pourquoi un balado ? ».

Rendez-vous donc très vite pour la balade du balado !

Photo de couverture : Cédric Chabuel

Quitter Facebook…

À la fin de l’année 2017, je me suis offert une petite pause de Facebook.

Cette pause était prévue au départ pour une semaine mais je suis finalement resté éloigné de Facebook pendant un peu plus de deux semaines.

Bon, vous comprendrez que je ne postule pas pour le livre des records avec cet « exploit »…

Partir, mais pourquoi ? 

Pourtant, cette courte expérience a sérieusement éclairé mes réflexions sur la place des médias sociaux dans ma vie.

Après avoir commencé par diminuer ma présence sur les réseaux sociaux – je n’ai été sur Twitter que quelques rares fois en six mois – j’ai éliminé environ 3000 amis de ma page Facebook pour que celle-ci retrouve un caractère plus intime et que je puisse à nouveau voir les publications de ma famille et mes proches.

Sur la question du nombre « d’amis », il existe bien entendu différentes solutions pour différencier les auditoires de nos publications, mais cela demande une gestion assez lourde et cela ne change finalement pas grand chose au fait qu’on puisse avoir simplement envie d’échanger avec ses amis proches, plutôt qu’avec une foule hétéroclite qui transforme un peu trop souvent les échanges et commentaires en combats de coqs…

Est-ce que j’ai eu une illumination en m’éloignant de FB durant cette courte pause ?

Est-ce que ma vie en a été chamboulée au point que je pratique chaque matin une heure de méditation et une heure de sport chaque soir ?

Non.

Par contre ce court moment de décrochage m’a permis de me confirmer le sentiment que ressentent de plus en plus de gens : mais qu’est-ce que je fous dans ce cirque ?

Je, tu, il, nous, vous, ils…

Le jour où l’on décide de cesser d’aller sur Facebook (j’avais retiré l’application de mon Iphone et déconnecté mes comptes sur les ordis) on commence par regarder son téléphone comme une chose un peu étrange qui vient de perdre l’un de ses pouvoirs, celui de nous relier au « monde ».

Et puis, après les quelques instants un peu étranges où nos doigts font glisser les écrans d’applications en se demandant ce qu’on peut trouver d’intéressant là dedans, on se décide à aller voir un site d’information, puis un autre… et ensuite un autre.

Puis un magazine d’actualité et puis… pourquoi pas après tout, on va récupérer un des livres qui s’amassent sur le coin du bureau dans la pile « à lire » !

Et de fil en aiguille on se reconnecte avec « le monde » et on réapprend à le visiter à travers différentes fenêtres, différentes voix (il n’y a pas de faute) et différents médias et supports d’information.

S’occuper ou s’informer ? 

Je ne peux pas dire que je ne lisais pas les journaux avant de mettre Facebook sur pause, mais, comme beaucoup d’entre-nous, je passais une partie significative de mon temps libre à lire les statuts des uns et des autres ou à cliquer sur les liens d’articles passablement inintéressants.

Et pour être franc, je n’ai jamais vraiment cessé de lire des livres, mais si je regarde le capital temps dont je dispose dans une journée, je suis bien obligé de noter que celui consacré à Facebook est finalement le moins positif et instructif.

Sans être volontairement négatif, quand on fait le bilan de ce qu’on a appris et retenu de vraiment enrichissant et intéressant en une semaine sur Facebook on est bien obligé de reconnaître que ça ne vaut pas 5 pages d’un bon livre comme Homo deus de Yuval Noah Hariri…

Un mouvement discret ou une lame de fond ? 

J’ai eu l’occasion, ces derniers jours, de parler avec plusieurs amis de ce sujet et je sens que ce sentiment de saturation est réellement en train de se cristalliser et de prendre discrètement forme.

Dans le marketing, on découpe en segments les tranches de population qui adoptent progressivement une innovation technologique.

Les « Innovators » et « Early adopters » (ceux qui initient ce phénomène) sont avant tout des férus de nouvelles technologies et qui carburent à l’innovation et au changement.

Après eux, arrive la masse (en caricaturant un peu), comme le montre le schéma ci-dessous.

On pourrait ici facilement reprendre cet exemple et l’appliquer à ceux qui décident de s’éloigner des réseaux sociaux.

Je crois donc pour ma part que, contrairement aux idées reçues, les gens qui décident de quitter Facebook ou de s’éloigner des réseaux sociaux, ne sont pas des doux rêveurs un peu grano qui fantasment un retour à la nature.

J’ai plutôt la sensation que ce sont justement les « Innovators » et « Early adopters » qui sont en train d’initier un changement de paradigme, ce qui serait évidemment bien plus lourd de conséquences que le départ de quelques rebelles à notre beau modèle de société…

Je ne suis pas un spécialiste du marketing, juste quelqu’un qui se tient à l’affût des tendances et je serais curieux de savoir ce qu’en pensent les spécialistes du domaine !

Rester ou quitter ?

Tout ceci étant dit, je n’en suis pas encore arrivé au point de quitter définitivement Facebook. Mais il est certain que je ne vais plus désormais l’utiliser comme je l’ai fait ces dernières années et qu’on m’y lira beaucoup moins souvent.

En deux semaines, je me suis redécouvert des plages de temps libre et j’ai repris des activités mises de côté depuis longtemps… J’ai, par exemple repris l’écriture de ce blogue sous une forme différente !

Je suis impatient de voir quelles seront les autres belles découvertes je pourrais faire dans les semaines à venir et j’aurais plaisir à les partager avec vous ici.

Et donc, je ne vais pas disparaître dans la nature, la meilleure preuve est que vous lisez certainement cet article sur… Facebook !