Affaire Cédrika Provencher : la rive est proche mais le courant est fort…

Le nom et le visage sont connus de tous désormais.

Les liens entre pornographie juvénile et le crime horrible de la petite Cédrika Provencher sont tressés et même tricotés serrés dans les médias à tel point qu’ils semblent intimement mêlés sans que l’on sache vraiment jusqu’à quel point.

Ajoutez-y l’Acura rouge aux poignées chromées…
Les coïncidences sont troublantes il faut le dire. 

Et la parade du suspect a été poussée à son maximum par la justice et la police qui poursuivent une stratégie de pression qui ressemble de plus en plus à une tentative de la dernière chance.
En montrant ainsi le suspect, on souhaite « brasser la cage » mais aussi, certainement, obtenir une information nouvelle, un témoin, un élément quelconque qui puisse faire avancer une enquête qui manque cruellement de preuves solides.

Ce n’est pas faire insulte aux policiers que de le dire.
Ces enquêtes sont terriblement complexes, elles ont débutées à une époque où les moyens scientifiques des policiers étaient bien moins importants qu’aujourd’hui.
Et nous savons tous combien les policiers qui se sont succédé au dossier ont à coeur de le résoudre.

Nous voulons tous que le tueur de la jeune Cédrika soit identifié et condamné.

Nous souhaitons tous que justice soit faite.
Mais au milieu de tout ce tumulte médiatique, de ces cris, ces vociférations…

Je ne peux m’empêcher de penser : et si ce n’était pas lui ?

Je ne peux m’empêcher de me dire qu’il ne faut jamais oublier que malgré les indices, malgré les accusations de pornographie juvénile, malgré la conviction des uns et des autres, malgré les refus de se soumettre au polygraphe, l’homme reste un suspect.

« Une personne d’intérêt ».

Un coupable ou un innocent.

Tout ou rien.

Je ne dis pas cela par esprit de provocation.
Je dis cela parce que j’ai déjà accompagné quelqu’un à la porte de la prison avec le doute au ventre et que ce doute ne m’a jamais quitté depuis.

Comme tous et toutes je souhaite que le coupable de ce crime affreux soit condamné.

J’espère pour la famille de Cédrika, pour les policiers, pour Cédrika.

Que le coupable soit condamné.
Le coupable et pas un autre…

Et il faut pour cela que ce soit prouvé hors de tout doute raisonnable.

Que ce soit fait dans le calme et la dignité.

C’est à ce prix que notre système peut se nommer Justice.

Et si j’avais été encore policier aujourd’hui, j’aurais affiché au dessus de mon bureau une version détournée du célèbre titre de Falardeau :

Les boeufs sont lents, mais la Justice est patiente.

 

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7 commentaires

  • wakie 2 septembre 2016   Répondre →

    Très beau, belle réflexion, merci!

  • J. Pierre Legare 1 septembre 2016   Répondre →

    Moi ce qui me dérange c’est ma part de responsabilité dans le fait que l’assaillant se sente obligé à ce point de recourir au meurtre pour sans doute se protéger de sa responsabilité d’être déviant sexuel avec les enfants. Si l’opprobre de la pédophilie était traité comme une maladie ou était considéré au même titre que l’homosexualité aujourd’hui, (pas comme il y a 60 ans) et qu’il n’y avait pas ce sentiment de honte et de rejet percutant de la population en général est-ce que Cédrika serait encore en vie? N’est pas le fruit de notre rejet collectif qui réduit des individus affligés de cette déviance qui les pousse à se commettre dans le meurtre. N’est-ce pas là notre responsabilité d’avoir participé à sa perte? Autre exemple vécu comme policier: Le fait d’avoir durci la loi sur la conduite en état d’ébriété et d’avoir ajouté des articles pour avoir causé des blessures ou la mort et d’imposer la prison etc Suite à l’adoption de cette loi, nous avons eu à faire face à recrudescence systématique de délits de fuite dont certains ont aggravé l’état des victimes parce que laissées à eux-même sans secours. Avons nous réellement réglé le problème ou l’avons-nous juste déplacé? Je pense que la population a l’obligation de se comporter en bon père de famille et de se comporter comme si les déviance du voisin était survenues à notre propre frère ou notre propre soeur sans juger trop durement.

    • Bth 2 septembre 2016   Répondre →

      J’ai du mal à comprendre votre commentaire…
      J’espère que vous ne suggérez pas que si on « tolérait » la pédophilie, il y aurait moins de meurtres d’enfants pas des pédophiles ?
      D’autre part,il est évident qu’il faut empêcher les gens de conduire ivres et on ne peut se cacher derrière le fait que cela en conduit quelques uns à prendre la fuite…
      J’espère avoir mal compris votre point de vue d’ancien policier.

  • Audet 1 septembre 2016   Répondre →

    Merci! Vous etes toujours aussi pertinent!

  • Marie-France Jutras 1 septembre 2016   Répondre →

    Très bon commentaire. M. Berthomet. J’espère aussi que la ou les personne.s qui ont fait du mal à Cedrika n’ont pas fait d’autres victimes.

  • Fance Bégin 1 septembre 2016   Répondre →

    On ne peut condamner qu’elqu’un sans preuves…

  • France Massé 1 septembre 2016   Répondre →

    Merci Texte qui incite à réfléchir.

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