Bonnes fêtes et à 2016 !

Depuis la création de mon nouveau site, il y a cinq mois seulement, vous avez été plus de 20.000 à venir le consulter.

Je vous remercie tous et toutes de votre intérêt pour mes publications sur ce blogue et mes interventions dans les médias.

J’en profite pour dire à ceux et celles qui m’écrivent pour me demander pourquoi on me voit moins souvent à la télé que je travaille à différents projets qui m’éloignent un peu du feu roulant des médias.

Cette année fut d’ailleurs riche en motifs de réflexion sur la question de l’actualité en continu et je compte bien mettre ces enseignements en pratique dans le futur.

2016 se profile à l’horizon avec de nouveaux défis et de beaux projets dont nous reparlerons bientôt j’espère.

En attendant, je vous souhaite à tous et toutes, ainsi qu’à vos proches, d’excellentes fêtes et une merveilleuse année 2016 !

Stéphane Berthomet

Mon Noël criminel

Mes activités variées mais concentrées sur les domaines des affaires policières, du terrorisme et d’une façon plus générale la sécurité intérieure, m’amènent à travailler aussi bien dans l’actualité que pour des projets documentaires ou de fiction, ce qui me conduit à mener des recherches sur les sujets qui sont les miens et surtout, devoir me documenter autant que je le peux.

Comme Noël approche à grands pas, j’ai décidé de partager avec vous quelques unes de mes lectures et séries télévisées criminelles de l’année.

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Point de presse dans l’enquête sur Cédrika Provencher

Ce matin, à 11h30, nous étions nombreux à suivre devant nos écrans le point de presse donné par la SQ dans l’enquête sur l’affaire Cédrika Provencher, qui se poursuit après la triste découverte de la semaine passée.

Encore une fois, je suis resté dubitatif devant le spectacle un peu étrange d’un policier venu dire aux médias qu’il ne pouvait pas répondre à leurs questions mais que la police était satisfaite de l’avancée de l’enquête.

Cette avancée, en fait, c’est surtout la découverte inattendue de l’endroit où la petite Cédrika aurait été enterrée.

Au-delà de ça, impossible pour le policier de donner une quelconque information substantielle, ce dernier ayant dû s’en tenir à des évidences comme :

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Retrouver Cédrika

Cédrika Provencher a disparue le 31 juillet 2007.

Elle vient d’être retrouvée près du village de Saint-Maurice, non loin de l’autoroute 40.

Il n’est pas utile ici de donner plus de détails sur les circonstances de cette découverte, ils sont dans tous les médias et déjà, les uns et les autres se perdent en conjectures sur ce que cette macabre découverte va pouvoir apporter à une enquête complexe qui n’avait pas porté ses fruits jusqu’à aujourd’hui.

À vrai dire la seule chose qui soit vraiment certaine à ce stade c’est que la longue attente des parents pour retrouver leur petite fille est terminée.

Car pour le reste, il faut laisser aux policiers le temps de travailler, d’avancer et d’utiliser tous les outils technologiques et scientifiques qui sont en leur possession.

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L’Histoire jugera

Du premier jour où j’ai mis les pieds à l’école supérieure des inspecteurs de la police nationale, jusqu’à mon dernier jour dans le corps des officiers de police, tous les actes que je rédigeais et toutes les enquêtes auxquelles j’ai participé s’appuyaient sur un principe fondamental : l’application rigoureuse, voire pointilleuse, du code de procédure pénale qui garantit le respect des droits individuels des citoyens.

Toutes ces années le respect de ce strict protocole et de ces règles souvent complexes et parfois difficiles a appliquer au cours d’enquêtes où nous manquions de temps et de moyens étaient pour nous la garantie que nous opérions dans les limites acceptables de cet équilibre entre moyens policiers et droits des citoyens.

Certes, nous avons eu de nombreuses occasions de regretter que nos moyens juridiques ne soient pas plus étendus ou ne permettent pas d’opérer sans le contrôle parfois lourd des juges ou des procureurs.

Comme tous les policiers j’ai pesté contre la durée trop courte d’une garde à vue (bien qu’à l’époque elle était de 96 heures en matière de terrorisme) alors que notre enquête nous menait aux quatre coins de France ou l’impossibilité de procéder à une perquisition faute d’éléments pouvant nous le permettre.

Comme beaucoup de mes collègues convaincus de la nécessité de mener à bien leurs enquêtes, j’ai joué quand c’était nécessaire avec les zones grises du droit ou les petites astuces procédurales qui sont à la limite des possibilités du système.

Et toujours j’ai été conscient que les libertés individuelles de mes concitoyens venaient contrebalancer ce que la nature profonde du policier veut le pousser à faire, c’est-à-dire résoudre son enquête quels que soient les moyens.

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Gouverner c’est prévoir

« Nous croyons que lorsque nous coupons vos têtes, déchiquetons vos corps et vous dispersons, nous faisons œuvre de dévotion qui nous rapproche de dieu et nous obtempérons à ses paroles. »
[Antar Zouabri, chef du GIA au moment des attentats de 1995/96 en France]

Quiconque était présent à Paris ces années là se souvient de la vague d’attentats qui secoua la capitale entre juillet et octobre 1995 et du dernier attentat commis en décembre 1996, le tout faisant 12 morts et plus de 250 blessés.

À part une série de braquages et une  tentative d’attentat par un groupe djihadiste terroriste dit « Gang de Roubaix » en mars 1996, la France ne connaitra plus aucun attentat provenant du terrorisme islamiste pendant de nombreuses années.

Ce sera ensuite l’avènement d’une nouvelle menace terroriste qui ira d’actions isolées à des actes organisés et préparés par plusieurs individus, dont certains s’étaient d’ailleurs rapprochés des participants à la vague d’attentat de 1995, reliant ainsi – comme dans un étrange retour aux racines du mal – les émules d’Al-Qaïda et de daesh aux mentors des groupes islamiques armés algériens.

Successivement les services policiers assisterons aux départs et aux retours de certains jeunes, dès les années 90, de la Bosnie à l’Afghanistan, puis de l’Irak à la Syrie, qui iront successivement sur ces terrains d’entrainement pour les futurs recruteurs djihadistes, modèles et inspirateurs de leurs compatriotes qui s’auto radicalisent dans le même temps sur le territoire français.

Le danger n’est donc pas nouveau, il a muté et s’est transformé au fil des années sans que jamais vraiment la France ne sorte de l’objectif des différents réseaux djihadistes terroristes jusqu’à l’arrivée en force de Daesh.

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