« La meute » met un site web en ligne

Le groupe appelé « La meute », dont le « leader » se présente sous le pseudonyme d’Éric Corvus, vient d’ouvrir son site web nommé « La tanière ».

Après quatre mois d’existence, la page Facebook du groupe affiche actuellement 24.440 membres et ce nombre ne cesse de grossir alors que l’intégration au sein du groupe se fait par cooptation.

Le groupe se désigne lui-même contre la diffusion au Québec de l’islam radical et de la Charia se dit être :

« le dernier rempart contre le grand bouleversement que les islamistes tentent de créer à travers l’occident ».

Le texte d’accueil du nouveau site web, explique dans un long texte la vision du « chef de meute » Éric Corvus et la mission du groupe, dont voici un extrait.
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Depuis sa création, la meute a déjà fait l’objet de plusieurs articles dans la presse qui évoquent le fait que des membres seraient des militaires ou anciens militaires – ce dont La meute ne se cache pas – et font état de nombreux dérapages dans les statuts ou commentaires des membres de « La meute ».

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©Patrick Chappatte

La fugueuse et le djihadiste

La disparition de la fugueuse fait l’objet de milliers de messages sur les réseaux sociaux avec sa photo et une série de reportages qui racontent dans le détail la détresse des familles et la douleur de la disparition d’un enfant. La disparition du djihadiste fait l’objet de reportages avec des scènes de combats, des rappels d’attentats terroristes commis sur notre sol et quasiment personne ne s’intéresse aux parents qui viennent de perdre un enfant qu’ils  chérissaient autrement que pour chercher s’ils ne sont pas en partie responsables de la situation.

On dira que la première est une « vraie » victime, manipulée et entraînée dans le mauvais chemin par des criminels qui savent utiliser ses sentiments et se jouer d’elle pour servir leurs intérêts criminels.
On dit du second qu’il s’est radicalisé, qu’il est devenu une menace pour la société et on met en place à son intention des lois qui criminalisent ses tous premiers actes, même s’ils ne nuisent encore à personne d’autre qu’à lui-même, comme de chercher à rejoindre une organisation terroriste à l’étranger.

Les parents de la fugueuse ou du fugueur ont l’attention des médias, tandis que les parents du second auront droit à l’attention toute particulière de la police et la suspicion du grand public.

Pourtant, les deux fuguent pour rejoindre des organisations criminelles et, contrairement aux idées reçues, celles liées au terrorisme sur le sol Canadien font moins de victimes et de dégâts sociaux que les gangs et les organisations du crime organisé qui se livrent à la traite des personnes.

La première comme le second peuvent se rendre coupables d’actes criminels que l’on doit apprécier au regard de leur jeune âge et de l’état psychologique dans lequel ils se trouvent tout autant que de l’influence qu’ont sur eux des organisations criminelles ou des individus mal intentionnés.

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Les réseaux antisociaux

Les faux comptes qui pullulent sur Facebook servent, c’est bien connu, à toutes sortes d’arnaques plus ou moins bien organisées et plus ou moins faciles à détecter.
Mais pas seulement, puisque, à l’occasion de la médiatisation des disparitions d’adolescentes à Montréal, il n’est pas inutile de rappeler que certains de ces comptes servent aussi au recrutement de jeunes mineures pour différentes activités a caractère sexuel, allant jusqu’à de la prostitution.

Les comptes en question, nombreux et très actifs contactent directement de jeunes adolescentes pour leur proposer des activités très lucratives comme participer à un réseau de webcam « sexy » ou devenir hôtesse de maison de jeu en lingerie sexy, quand ce n’est pas accompagner et fournir des services sexuels à des hommes d’affaire.

La photo de profil et le nom du compte sont plutôt discrets pour rassurer la recrue et surtout ne pas attirer l’attention des parents ou amis.

J’ai pu consulter cette semaine une proposition de ce genre, faite à une adolescente mineure par l’intermédiaire du système de messagerie Facebook Messenger.

Pour préserver la sécurité de la personne qui m’a fait suivre ce message, je ne peux le reproduire dans son intégralité, mais des propositions comme celles qui suivent ne prêtent guère à confusion :

« C’est pour accompagner des hommes d’affaires […] ça comporte un volet sexuel, mais pas toujours et c’est minimum 1500$… »

Les propositions qui sont faites en message privé sont souvent adressés à des jeunes filles mineures et il est ici clairement question d’incitation à de la prostitution.

Les fugues d’ados, gars ou filles, n’ont rien de nouveau, des milliers de jeunes disparaissent chaque année au Québec et même si une grande majorité d’eux-eux(elles) sont retrouvé(e)s, beaucoup de fugues restent inexpliquées.

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©ROY

Super Bowl, le piège se referme… sur les citoyens

À la veille du Super Bowl, les États-Unis se préparent à une alerte maximale, car après les attentats de Boston, la crainte d’une attaque contre un évènement sportif est montée d’un cran au pays de l’oncle Sam.

Des dizaines d’agences gouvernementales et tout ce que la région compte de forces policières font l’objet d’une mobilisation totale, avec le renfort de l’armée à l’approche du match entre les Panthers et les Broncos.

Tous les moyens technologiques possibles sont bien entendu mis en place avec les portiques détecteurs de métal, la reconnaissance faciale associée à la vidéo surveillance, l’identification automatisée des plaques d’immatriculation et l’interception en temps réel des communications téléphoniques, entre autres gadgets…

Au fond, comment reprocher aux américains un tel déploiement de moyens si l’on pense à l’attentat de Boston ou celui du Bataclan.

Des actions qui nous feraient presque oublier une règle fondamentale de le vie en démocratie, la protection de la vie privée qui, elle, prend franchement le bord dans ce type de situation.

Une situation dont nous sommes désormais tous les otages à cause de cette idée qui s’est imposée au fil des attentats : nous n’avons plus d’autre choix que de réduire nos libertés individuelles pour pouvoir conserver un peu de notre sécurité.

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Plus le vote approche, plus la menace est grande

Je ne sais pas si vous avez remarqué cet étrange parallélisme entre la montée de la menace terroriste, annoncée dans les médias par les responsables politiques, et l’approche du vote de certains textes législatifs justement destinés à lutter contre le terrorisme.

Vous me direz que j’ai l’esprit mal placé et que, quand monte la menace il est normal de prendre les mesures adéquates, et c’est vrai.

Cependant, pour avoir assisté à quelques mises en scènes médiatiques de responsables policiers et ministres de l’intérieur quand je travaillais dans l’antiterrorisme, j’ai développé une fâcheuse tendance à penser que certains n’hésitent pas à surfer sur ladite menace pour sauver leurs carrières et préparer le passage de textes répressifs qui nécessitent une bonne préparation de l’opinion publique.

Quand l’heure est grave et que la menace n’est plus à nos portes mais sur notre sol, qui oserait en effet contester la nécessité de telles mesures, même si elles sont privatives de libertés et que leur efficacité s’avère plus que relative ?

Le bilan plus que mitigé de l’état d’urgence (plus de 3000 perquisitions pour 4 affaires de terrorisme dont une seule traitée par le parquet antiterroriste de Paris) et ses lourdes conséquences sur les libertés individuelles en France n’empêchent pas 79% des français de se déclarer « très favorables » à sa prolongation.

Comment le leur reprocher, puisque le gouvernement berne les français en leur vendant l’image d’un état d’urgence qui protège mieux contre la menace terroriste.

Mais si tel n’est pas le cas ?

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Quand Daesh fait du neuf avec du vieux

On parle beaucoup ces derniers jours de la possibilité en Europe d’un attentat de grande ampleur et en particulier en France où les réseaux djihadistes sévissent depuis suffisamment longtemps et bénéficient de liens assez forts avec la criminalité organisée pour se fournir en armes et en faux papiers en Europe sans avoir désormais besoin d’autre soutien.

La dernière vidéo en date de l’organisation terroriste Daesh – qui, grâce à ses récents attentats et la couverture médiatique qui en résulte, est désormais le groupe qui représente la voie à suivre pour quiconque désire rejoindre le chemin du terrorisme djihadiste – atteste de cette intention de frapper encore plus durement la France que ce ne fut le cas avec les attentats précédents.

Cette vidéo du groupe terroriste, outre les habituelles menaces de nouveaux attentats, met d’ailleurs en scène la chute de la tour Eiffel, vieux fantasme du djihadisme terroriste, et pas seulement celui venu d’irak ou de Syrie.

J’expliquais dans un article sur les stratégies du terrorisme, que les organisations terroristes djihadistes tentent régulièrement de rejouer les scénarios non réalisés dans les tentatives précédentes tout en maintenant au quotidien un niveau de menace aussi élevé que possible.

Comme le disait le sociologue et philosophe Raymond Aron :

« Le terroriste ne veut pas que beaucoup de gens meurent, il veut que beaucoup de gens écoutent. »

Ainsi, en maintenant dans les médias une présence quasi quotidienne par une multitude d’actes de « bas niveau » à réaliser et en cherchant à frapper un « grand coup » par une action qui assurera la visibilité du mouvement pour une décennie comme ce fut le cas avec le 11/9 pour Al qaida, le terrorisme assure pleinement l’objectif qui est le sien.

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