Billard à trois bandes au SPVM

Onde de choc ce lundi 6 juin au sein du SPVM avec l’annonce mouvementée du « départ » du commandant Ian Lafrenière de la section des communications et relations médias du SPVM dont il faisait partie depuis vingt ans.

Démis de ses fonctions

Annoncé comme ayant été « démis de ses fonctions » par les médias, dont certains reformulent ensuite plusieurs fois les titres de leurs articles en ligne, il apparaît clairement que le commandant Lafrenière n’a pas fait l’objet d’une promotion et que son retrait de ce poste ne faisait pas partie de son plan de carrière. L’intéressé n’est d’ailleurs même pas présent au moment de l’annonce de la nouvelle.

Une annonce qui n’est pas un « déni » selon les termes de Philippe Pichet, nommé directeur du SPVM en août 2015.

Reste que cette décision a clairement été imposée à l’intéressé, ce que reconnait d’ailleurs le chef du SPVM.

Au delà de la polémique lancée par certains médias, ce changement qui aurait du être mûrement préparé et annoncé sereinement s’est plutôt déroulé dans un climat de confusion alors qu’on évoquait dans le même temps une refonte complète de la structure de communication du SPVM et la nomination d’un civil à la tête du nouveau bureau tout en confiant temporairement la responsabilité à une policière.

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(Source SPVM)

La fin de « l’ère Lafrenière » 

Après avoir été responsable des relations médias depuis 2005, Ian Lafrenière a pris la direction de la Section des communications et relations médias en 2012, alors que le mouvement de contestation étudiant plaçait le SPVM au centre de l’attention médiatique.

J’ai eu l’occasion de souligner dans mon livre Enquête sur la police et dans de nombreux textes la façon très contestable avec laquelle le SPVM est intervenu autant le terrain que dans les médias pour justifier les méthodes employées à l’époque.

Les tribunaux ont d’ailleurs depuis donné largement raison à ceux et celles qui critiquaient les moyens utilisés pour limiter le droit de manifester.

Malgré les nombreuses voix qui s’élevaient pour protester, le service des communications du SPVM avait alors mis en place une véritable stratégie médiatique afin de couvrir l’action des troupes sur le terrain.

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« La meute », suite et fin (pour moi)

En février dernier, j’écrivais un article sur le groupe appelé « La meute » et j’avais à l’époque intégré la page Facebook du groupe dont je suivais de près l’évolution dans le but d’écrire un nouvel article sur le sujet.

Or, il s’est passé de nombreuses choses depuis ces quatre derniers mois et la page Facebook de « La meute » qui regroupait alors près de 25.000 membres, approche ce mois-ci les 45.000 membres.

Une progression essentiellement due au recrutement très actif des responsables du groupe, mais aussi à la place qui leur a été accordée dans les médias, ce dont ils se sont d’ailleurs félicité.

Cette rapide progression du groupe « anti islam radical » – ainsi qu’ils se présentent eux-mêmes, bien que de très nombreux propos ou commentaires visent les musulmans de façon générale tout autant que les immigrants arabes – m’a amené à m’interroger sur l’utilité de revenir de façon approfondie sur le contenu et le parcours de ce groupe qui se borne pour l’instant à organiser des soupers spaghettis…

Ainsi, tant qu’il ne se passe rien qui soit susceptible d’attirer des commentaires pertinents de ma part, je ne vois pas l’intérêt d’attirer plus encore l’attention du public sur ce groupe.

Concluant que tout article de ma part qui donnerait des détails sur cette organisation contribuerait certainement à en faire la promotion indirecte, j’ai décidé de m’en tenir à cet entrefilet sur le sujet.

Savoir cuisiner un suspect

(Texte écrit pour illustrer la conférence que j’ai donnée ce week-end aux Printemps meurtriers de Knowlton)

Savez-vous pourquoi on appelle en France la police des polices les « Bœufs-carottes » ?

Simplement parce que cette unité avait pour réputation de faire attendre, donc mijoter, plusieurs heures les policiers qui se présentaient pour un interrogatoire avant même de leur poser la moindre question.

Et de ce que j’en sais, la recette est la même encore aujourd’hui…

En France, le bottin quotidien

En France, la littérature et le cinéma regorgent de scènes d’interrogatoires, tandis que les manuels des écoles de police ont longtemps été peu bavards sur le sujet.

Au fil du temps, les policiers et gendarmes français ont affinés leurs techniques réputées plutôt brutales si l’on considère, comme certains se plaisent à le raconter, que les bottins téléphoniques dans les postes de police ne servaient pas seulement à trouver les abonnés de la ville, mais parfois aussi à « aider » les suspects à retrouver la mémoire…

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Vos traces numériques en disent long sur vous.

Les métadonnées sont l’ensemble des informations que nous laissons derrière nous lors des opérations que nous effectuons des dizaines, voire des centaines de fois par jour en utilisant notre cellulaire, nos cartes de paiement et nos ordinateurs connectés à internet.

Bien qu’elles ne contiennent aucune information reliée à votre identité, les métadonnées sont des sources d’information pour les services de renseignement et les compagnies privées, dont l’utilité peu s’avérer bien supérieur à tout ce que vous pourriez imaginer.

Impossible de nous jours d’avancer dans l’espace numérique sans laisser ces traces derrière nous, qui sont autant d’informations qui, colligées et analysées, permettent de découvrir bien plus que notre simple identité.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le temps de lire les quelques études menées sur le sujet, dont celle de l’université de Stanford, qui laissent supposer des jours sombres pour le respect de la vie privée.

« Marseille » sur Netflix : Oh, bonne mère !

Malgré, ou peut-être à cause finalement des critiques désastreuses sur la série Marseille, je me suis décidé à regarder la première série Netflix réalisée en France, en français, avec des moyens et des acteurs « bien de chez nous », dont le monumental Gérard Depardieu.

Je dois malheureusement dire que sur ce coup, les critiques ne se sont pas trompées – même si certaines tirent carrément à l’arme lourde sur le scénario, la réalisation et le jeu des acteurs – en qualifiant, entre autres, la série de « soap maladroit ».

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Caméras corporelles, acte 1.

Ce lundi matin, le 84è congrès de l’Acfas a été l’occasion d’assister à plusieurs conférences intéressantes sur la question du port des caméras corporelles pour les policiers et des caméras embarquées dans les autopatrouilles.

De nombreuses limites légales et techniques

Les premières des questions qui sont généralement abordées sur l’utilisation des caméras par les corps policiers sont évidemment celles des limites légales de l’exercice, puisque la question du respect de la vie privée des citoyens, mais aussi le droit à un procès équitable sont – entre autres – au coeur de la question.

Policiers, chercheurs et procureurs se sont donc succédés au tableau pour aborder les limites de l’exercice dans lequel de nombreux corps policiers hésitent à se lancer pour des raisons différentes qui ne tiennent pas uniquement aux enjeux juridiques mais aussi financiers.

Les interventions ont amené des interrogations aussi variées que : doit-on filmer en présence d’un mineur ; le policier peut-il prendre l’initiative d’allumer, mettre sur pause ou couper la caméra sans risquer de porter atteinte aux droits des citoyens concernés ; la vidéo peut-elle être vue par le patrouilleur avant la rédaction de son rapport, un rapport de visionnement doit-il être fait ; qui pourra avoir accès aux images ; les images peuvent-elles servir d’outil de contrôle de formation pour les policiers, comment conserver les images et quels supports techniques utiliser ?

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