La disparition de Sébastien Métivier

S’il est évident qu’il n’y a aucune douleur qui soit à placer au dessus d’une autre, on peut tout de même s’entendre sur le fait que la disparition d’un enfant dont on est toujours sans nouvelles trente trois ans plus tard se place tristement au sommet des calvaires vécus par des parents.

Le 1er novembre 1984, le jeune Sébastien Métivier a été enlevé en plein rue dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Contrairement aux autres enfants enlevés le même jour funeste, Wilton Lubin et Maurice Viens qui ont été retrouvés assassinés, la famille de Sébastien ignore toujours ce qu’est devenu le jeune garçon alors âgé de huit ans et demi.

La semaine passée, j’ai vu passer sur Facebook, le message de l’association « Les amis de Sébastien Métivier » qui annonçait une marche en souvenir du jeune garçon.

J’ai décidé de m’y rendre et j’ai rencontré sur place la soeur et la mère de Sébastien.

Il est difficile de ne pas être ému par la démarche d’une famille qui lutte contre l’oubli et qui cherche depuis tant d’années à maintenir l’espoir de retrouver un enfant chéri.

J’ai donc décidé de faire un podcast pour apporter une modeste contribution à leur action.

La page Facebook de soutien se trouve ICI.

Le numéro de téléphone de l’association est le :  514 236 9127

 

 

« S » qu’on se fout de nous ?

Pensez-y deux minutes…

Au delà des questions de légalité qui rendent impossible les expulsions systématiques des gens fichés S.

Au delà du fait qu’une fiche S ne détermine en rien la dangerosité d’un individu (certains fichés S peuvent n’avoir jamais reçu la moindre contravention).

Au delà du fait qu’en focalisant sur les fichés S on va forcément passer à côté d’autres terroristes potentiels.

Au delà du fait qu’une fiche S n’est qu’un simple outil de travail pour les policiers.

Croyez-vous une seule seconde que si tous les gens fichés S étaient expulsés de la France, le pays serait instantanément en sécurité et la menace du terrorisme intérieur serait écartée ?

Et tant que nous y sommes…

Essayons d’imaginer un pays dans lequel la police établirait des fiches S en fonction de ses enquêtes et de ses impératifs de surveillance et où les individus seraient alors immédiatement expulsés…

Ça ne vous rappelle rien ?

Les victimes du terrorisme, la censure et le respect

« You want censorship »

C’est la réponse qui a été faite à mon message sur Twitter dans lequel je disais que partager des photos de victimes de l’attentat de Stockholm, démembrées et baignant dans leur sang, était non seulement une atteinte à leur dignité mais allait en plus servir la propagande de Daesh qui utilise ces attaques individuelles pour construire son image d’ennemi public mondial numéro un.

Cette réponse est particulièrement reprise et partagée par une clique fachosphérique qui y ajoute, suivant l’humeur, insultes ou accusations de complicité avec les terroristes.

Ce n’est bien entendu pas un hasard si ces images sont essentiellement utilisées par les milieux d’extrême-droite et par ceux et celles qui considèrent que tout ce qui ressemble de près ou de loin à un musulman(e) doit est relié d’une façon ou d’une autre aux actes des terroristes.

Car, pour ceux et celles qui les partagent, les images, quasiment insupportables des victimes seraient le meilleur moyen de montrer l’horreur et la barbarie des actes des terroristes.

Le reste ne serait que de la censure.

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Le terrorisme d’opportunité

« Attentat de Nice, huit mois d’enquête et toujours pas de trace de l’État islamique »

C’est le titre, cette semaine, d’un article de Libération qui, après avoir pris soin de préciser que l’enquête n’a peut-être pas tout mis à jour, explique que les enquêteurs antiterroristes n’ont pu trouver aucun lien entre l’auteur de l’attentat et l’organisation qui l’a revendiqué.

À ce jour donc, Daesh n’aurait pas aidé à la préparation de cet attentat et ne l’aurait pas directement ordonné…

Au milieu des attentats les plus meurtriers en Europe – qui sont reliés non seulement à Daesh ou Al qaida mais aussi à d’anciens réseaux djihadistes restés opérationnels sur le territoire européen – on remarque clairement l’émergence d’une nouvelle forme de terrorisme dont les auteurs agissent souvent sans liens structurels directs avec des organisations terroristes.

Ces attaques, souvent individuelles, (Un homme attaque trois militaires à Nice en janvier 2015, l’attaque contre les locaux de Air-Products à Saint-Quentin-Fallavier en juin 2015, L’attaque de militaires à Valence en janvier 2016l’attaque de Saint-Jean-Sur-Richelieu en novembre 2014, attaque d’Orlando en juin 2016… entre autres) laissent derrière elles beaucoup de questions quant aux motivations et l’état mental des auteurs de ces crimes souvent commis avec un minimum de préparatifs et des moyens rudimentaires.

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Se faire peur avec le racisme systémique

Un comité-conseil étudie actuellement les modalités de la mise en place au Québec d’une consultation ou d’une commission sur le racisme systémique.

Il y a fort à parier que ce qu’on leur demandera en premier sera de préciser ce qu’on entend par « racisme systémique » puisque visiblement nous sommes loin du consensus à ce sujet.

En effet, depuis des années déjà plusieurs déchirent leurs chemises en disant que le fait d’évoquer la question du racisme systémique revient à dire que les québécois sont racistes et qu’un débat qui démarre sur une telle accusation n’est pas acceptable.

Pourtant, s’interroger sur la notion de racisme systémique semble bien loin de l’idée de suspecter chaque québécois de racisme.

Le barreau du Québec propose justement une définition qui semble assez claire sur la question :

« Nous entendons par racisme systémique la production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société »

La Commission sur le racisme systémique au sein du système de justice pénale en Ontario, place cette question au coeur des processus de prise de décisions qui introduisent :

« la racialisation dans les systèmes quand les normes ou les critères sur lesquels reposent les décisions reflètent ou tolèrent certains préjugés contre les personnes racialisées. Les critères et les normes font partie des normes d’exécution d’un système et peuvent être officiels et explicites comme lorsqu’ils sont énoncés dans des lois, des politiques et des procédures. Ils peuvent aussi ne pas être énoncés dans des lois, des politiques et des procédures. Ils peuvent aussi ne pas être énoncés officiellement et découler des façons acceptées de faire les choses. »

Ainsi, dans la plupart des définitions qui en sont données, il est très clair que l’on parle d’un phénomène produit par un système social qui est le fruit des règles et des mécanismes de fonctionnement de nos sociétés.

C’est donc bien un système de normes et de règles sociales et politiques qui doit-être interrogé et non les québécois qui seront suspectés d’être systématiquement racistes.

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Le SPVM et la confiance des citoyens

J’ai lu le plan d’action du directeur Pichet intitulé :
« rassurer et améliorer le lien de confiance des citoyens envers le SPVM ».
Plutôt que de me livrer à une analyse de ce texte, j’ai choisi la solution de facilité qui consiste à ressortir ce que j’avais écris en novembre 2013 dans le livre :
« Enquête sur la police ».

 

EN VOICI LE CONTENU DANS LE CHAPITRE « CONCLUSION »…

« L’enquête par un service de police sur un autre est une faillite complète. 

Il est grand temps de passer à un tout autre système, qui soit plus transparent et efficace tout en demeurant respectueux des droits des policiers.

Désormais, il faut non seulement regagner la confiance d’une partie des citoyens, mais aussi mettre en place un système qui ne puisse plus reproduire les erreurs du passé.

En conservant l’idée d’un bureau des enquêtes indépendantes, il faut aller bien au-delà d’une réformette…

  • Placé sous l’autorité directe du ministre de la Sécurité publique ou, mieux, du ministre de la Justice, un bureau des enquêtes spéciales devrait regrouper, sous deux pôles, criminel et déontologique, l’ensemble des procédures qui seraient menées pour juger l’action des policiers au Québec.
  • Le Commissaire à la déontologie et ses enquêteurs seraient ainsi rattachés à ce bureau, sous l’autorité du directeur, lui-même placé sous l’autorité du ministre.
  • Le Commissaire doit avoir le pouvoir d’obliger les policiers à comparaître lors de son enquête, car il est aberrant que ce ne soit pas le cas actuellement.
  • Tout comme cela se pratique aujourd’hui, les dossiers seraient acheminés par le Commissaire au Comité de déontologie.
  • Il faudrait veiller, bien entendu, à modifier le système en place afin que le plaignant ait le choix du type de procédure à suivre et ne se fasse pas imposer une conciliation s’il ne le désire pas.
  • Les services de police conserveraient la gestion des mesures et des enquêtes disciplinaires, c’est-à-dire relatives au commandement et à l’observation des règles quotidiennes de gestion des services.
  • Tous les autres faits, déontologiques ou criminels, commis par des policiers, en devoir ou non, tomberaient alors sous la compétence du bureau des enquêtes spéciales, qui serait ainsi à même de centraliser toutes les plaintes des citoyens concernant des policiers soupçonnés d’actions criminelles ou de manquements déontologiques et de mener à bien les enquêtes.
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