Moncton : mes photos, tes photos, nos photos…

On va parler de la tuerie de Moncton sous toutes les coutures pendant un long moment encore.

Il y aura mille façons d’en discuter et de décortiquer les faits encore et encore.

Avant d’entrer au fond du sujet, je voulais parler d’une question qui me chicote au sujet de cette affaire, mais que l’on retrouve dans de nombreuses autres : les photos utilisées par les médias.

Nous savons tous que sans images la plupart des médias sont démunis et que l’information semble perdre une grande partie de son attrait, il faut donc nourrir la « bête » en mettant des visages sur des noms et des images sur des mots.

Hier pourtant, j’avoue avoir éprouvé un certain malaise à la vue des photographies de l’un des policiers tués, clichés qui provenaient de sa page Facebook.
Des images où on le voyait seul, mais aussi en compagnie de son épouse, scènes sinon intimes, du moins personnelles de bonheur conjugal.

Un malaise qui est le même quand je vois les images, toujours tirées des comptes Facebook, des parents et enfants disparus dans un accident de la route ou de gens qui se sont ôtés la vie.

On dira évidemment que ces comptes ne sont pas protégés et que les photos, accessibles à tous et toutes, sont donc dans le domaine public…

Pourtant, la photo de ce jeune homme avec sa charmante blonde à côté de lui, était-ce vraiment nécessaire ?
Mettons-nous une seconde à la place de la famille, des amis, des collègues qui découvrent la photo du parent, de l’ami, du confrère ou de la personne décédée.

Aurait-on considéré que des photos laissées dans un cadre sur le bureau d’un papa ou affichées sur un babillard à la vue de tous pouvaient être considérées comme utilisables à la télévision et présentables devant des millions de téléspectateurs ?

Toujours cette question de l’intimité et de la difficulté à poser la barrière entre vie privée et vie publique sur les réseaux sociaux…

Débat qui, à mon sens, mériterait d’être posé du côté des médias traditionnels… du moins ceux qui voudraient conserver des standards déontologiques relativement élevés.

– Paru au JdM le 6 juin 2014

La gifle sur Twitter pour #MyNYPD

Certainement que les stratèges du service de communication de la police de la ville de New-York ont du trouver que l’idée était bonne : créer un mot-clef, un hastag, #MyNYPD pour faire diffuser des photos des internautes en compagnie de policiers sur le réseau Twitter.

En quelques heures cette idée s’est transformée en un échec total, le réseau social se couvrant rapidement d’images de brutalités policières accompagnées du fameux #MyNYPD.

Capture d’écran 2014-04-23 à 20
Contrairement à l’effet voulu, ce sont tous les mauvais côtés du service de police qui ont été exposés avec le mot-clef.

Je ne suis pas un spécialiste des médias sociaux, mais quand on veut lancer une stratégie sur ces réseaux pour y valoriser son image, on doit au moins se mettre quelques minutes à la place des utilisateurs pour imaginer quelle image ils ont réellement du corps de police et quel message ils voudront envoyer avec #MyNYPD.

Sur ce point, la police de New-York a sa réponse !

– Paru au JdM le 23 avril 2014

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