Réduire Daesh au silence (2) : les médias traditionnels.

Pris dans la tourmente des attentats qui frappent la France et plus largement l’Europe ces dernières semaines, certains médias français se décident enfin à changer leur façon de rapporter les faits reliés aux auteurs des actes de terrorisme.

Sans revenir en détail sur les différents errements dont plusieurs ont été soulignés et sanctionnés en France par le Comité Supérieur de l’Audiovisuel il apparaît clairement que les médias français se sont « égarés » à différentes reprises, en particulier sur le voyeurisme de certaines images ou entrevues et sur la publication de « fuites » procédurales bien inutiles à la compréhension des enquêtes.

Ci-dessous, un exemple de ce qui relève plus de la mise en scène d’un feuilleton terroriste que du registre de l’information équilibrée et impartiale à laquelle ont droit les citoyens dans des moments aussi pénibles.

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Vaincre Daesh avec les « fiches S »

Depuis les attentats de Charlie-Hebdo, les fameuses « fiches S », pour sûreté de l’État, ont fait leur entrée sur le devant de la scène médiatique et sont devenues en quelques semaines un argument politico-marketing récurent dans la campagne menée tambour battant par les défenseurs du « Faites n’importe quoi, mais faites quelque chose ».

Dans le peloton de tête des activistes de la fiche S, on retrouve le valeureux Éric Ciotti (député Les Républicains dans les Alpes-Maritimes) qui, après avoir commencé par le placement en centre de rétention ou sous bracelet électronique des personnes visées par une fiche sûreté de l’État, propose maintenant leur expulsion  « sans délai ».

Voilà au moins, diront certains, une mesure qui a le mérite d’éloigner les méchants terroristes potentiels, tellement méchants et si « potentiels » qu’on les retrouve dans la plupart des attentats commis ces derniers mois en France.

Précisons au passage que là où certains voient le point faible du système antiterroriste français : « si les auteurs ont des fiches S, c’est que la police fait mal son travail », d’autres, dont je fais partie, voient la marque d’un manque cruel de moyens pour poursuivre le travail policier après un décèlement plutôt efficace de la menace.

Mais revenons sur les chantres de la fiche S et sa transformation en billet d’avion ou ticket d’entrée pour un camp de détention administrative.

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Billard à trois bandes au SPVM

Onde de choc ce lundi 6 juin au sein du SPVM avec l’annonce mouvementée du « départ » du commandant Ian Lafrenière de la section des communications et relations médias du SPVM dont il faisait partie depuis vingt ans.

Démis de ses fonctions

Annoncé comme ayant été « démis de ses fonctions » par les médias, dont certains reformulent ensuite plusieurs fois les titres de leurs articles en ligne, il apparaît clairement que le commandant Lafrenière n’a pas fait l’objet d’une promotion et que son retrait de ce poste ne faisait pas partie de son plan de carrière. L’intéressé n’est d’ailleurs même pas présent au moment de l’annonce de la nouvelle.

Une annonce qui n’est pas un « déni » selon les termes de Philippe Pichet, nommé directeur du SPVM en août 2015.

Reste que cette décision a clairement été imposée à l’intéressé, ce que reconnait d’ailleurs le chef du SPVM.

Au delà de la polémique lancée par certains médias, ce changement qui aurait du être mûrement préparé et annoncé sereinement s’est plutôt déroulé dans un climat de confusion alors qu’on évoquait dans le même temps une refonte complète de la structure de communication du SPVM et la nomination d’un civil à la tête du nouveau bureau tout en confiant temporairement la responsabilité à une policière.

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(Source SPVM)

La fin de « l’ère Lafrenière » 

Après avoir été responsable des relations médias depuis 2005, Ian Lafrenière a pris la direction de la Section des communications et relations médias en 2012, alors que le mouvement de contestation étudiant plaçait le SPVM au centre de l’attention médiatique.

J’ai eu l’occasion de souligner dans mon livre Enquête sur la police et dans de nombreux textes la façon très contestable avec laquelle le SPVM est intervenu autant le terrain que dans les médias pour justifier les méthodes employées à l’époque.

Les tribunaux ont d’ailleurs depuis donné largement raison à ceux et celles qui critiquaient les moyens utilisés pour limiter le droit de manifester.

Malgré les nombreuses voix qui s’élevaient pour protester, le service des communications du SPVM avait alors mis en place une véritable stratégie médiatique afin de couvrir l’action des troupes sur le terrain.

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Caméras corporelles, acte 1.

Ce lundi matin, le 84è congrès de l’Acfas a été l’occasion d’assister à plusieurs conférences intéressantes sur la question du port des caméras corporelles pour les policiers et des caméras embarquées dans les autopatrouilles.

De nombreuses limites légales et techniques

Les premières des questions qui sont généralement abordées sur l’utilisation des caméras par les corps policiers sont évidemment celles des limites légales de l’exercice, puisque la question du respect de la vie privée des citoyens, mais aussi le droit à un procès équitable sont – entre autres – au coeur de la question.

Policiers, chercheurs et procureurs se sont donc succédés au tableau pour aborder les limites de l’exercice dans lequel de nombreux corps policiers hésitent à se lancer pour des raisons différentes qui ne tiennent pas uniquement aux enjeux juridiques mais aussi financiers.

Les interventions ont amené des interrogations aussi variées que : doit-on filmer en présence d’un mineur ; le policier peut-il prendre l’initiative d’allumer, mettre sur pause ou couper la caméra sans risquer de porter atteinte aux droits des citoyens concernés ; la vidéo peut-elle être vue par le patrouilleur avant la rédaction de son rapport, un rapport de visionnement doit-il être fait ; qui pourra avoir accès aux images ; les images peuvent-elles servir d’outil de contrôle de formation pour les policiers, comment conserver les images et quels supports techniques utiliser ?

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Réduire Daesh au silence (1) : les médias sociaux

DAESH ET INTERNET 

Limiter l’accès à Internet

La NSA vient récemment d’annoncer son intention d’intensifier la lutte contre Daesh sur Internet en tentant de limiter les moyens du groupe et de perturber leur utilisation du réseau.

Si la question du blocage des sites et des outils Internet continue de faire débat et semble, dans une large majorité des cas, inefficace il reste toutefois possible de limiter l’utilisation d’Internet par ce groupe terroriste à condition d’y mettre les moyens.

Reste la question de l’utilisation des systèmes et applications de cryptage par les terroristes, dont on sait que, bien qu’utiles aux groupes terroristes sur le plan opérationnels, ces outils sont toutefois limités dans leur portée et leur usage, d’autant plus que certains sont déjà accessibles aux services de renseignement.

À ce titre, de nombreux spécialistes des questions de sécurité et de cryptage s’entendent pour dire que l’accès des autorités à ces applications constituerait une atteinte démesurée aux libertés individuelles et serait surtout une fausse bonne solution.

Quand au fameux « Darknet » que le ministre de l’intérieur Français désignait comme l’antre du terrorisme virtuel, les spécialistes considèrent que l’utilisation des outils tels que le réseau Tor, reste extrêmement marginale, ainsi que le confirme cette étude.

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Daesh : un fossé entre le mythe et la réalité

Ceux et celles qui suivent ce blogue le savent je me suis donné pour règle de ne pas diffuser d’images ou de contenu produit par les terroristes de #Daesh.

Exception faite pour cette vidéo qui est loin d’entrer dans la catégorie des images habituellement mises sur Internet par cette organisation pour être ensuite rediffusées dans les médias .

On est en effet ici bien loin de la mythologie propagandiste de Daesh et plutôt en fait au coeur de la réalité que les terroristes tentent de nous cacher par la diffusion de leurs productions fictionnées et mises en scène afin de valider leur pseudo image de « soldats d’Allah ».

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Alors que depuis des années les médias nous plongent dans l’allégorie guerrière avec des couvertures mettant en scène les « têtes d’affiche » du terrorisme mondial, nous n’avons pas assez souvent l’occasion de voir ces mêmes terroristes dans la réalité de leur quotidien.

C’est ainsi que, lentement mais sûrement, s’installe dans l’esprit des gens qui ne connaissent pas de près ce phénomène une vision déformée et manipulée par les terroristes eux-mêmes de ce qu’est réellement cette réalité.

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