Le feuilleton terroriste

L’opération était « top secret », mais on en connait déjà les coulisses dans L’express, l’avocat est lié par la confidentialité des échanges avec son client mais il se livre dans une longue entrevue sur ce qu’il a appris de lui lors de leurs entretiens…

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Page d’accueil de L’Obs : 3 premiers titres sur Abdeslam.

Une semaine après son arrestation, le quotidien Le Monde a pu consulter les procès-verbaux d’interrogatoire de Salah Abdeslam qui sont largement retranscrits dans le journal au mépris du secret de l’instruction.

L’arrestation de Salah Abdeslam s’est d’ailleurs déroulée sous le regard des caméras, diffusée en direct par les médias d’information en temps réel.

BFMTV entre en contact téléphonique avec l’un des frères Kouachi en pleine prise d’otages et certains déposeront ensuite une plainte, avant de la retirer, contre la chaîne pour « mise en danger de la vie d’autrui » après que des informations précises sur le lieu où se cachaient les otages aient été données en direct.

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Information et enquête indépendante

Un homme a été tué aujourd’hui lors d’une intervention policière dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

André Benjamin aurait été atteint par plusieurs tirs policiers et est décédé des suites de ses blessures.

LE RÉCIT DES FAITS DANS LES MÉDIAS

Il est intéressant de constater que les médias ne relatent pas les faits de la même façon.

En effet, La Presse livre un compte rendu assez court des faits avec une photo des policiers sur les lieux, en faisant état du témoignage d’un voisin qui dit :« Je dormais et j’ai entendu bang, bang, bang » en ajoutant : « C’est un très bon gars ».

Selon Radio-Canada :« Arrivés sur place, les policiers auraient constaté qu’il tenait un couteau à la main. Le jugeant menaçant, ils auraient alors ouvert le feu, le touchant au moins une fois. »

Selon le Journal de Montréal, « […] les policiers de Montréal se sont présentés sur les lieux et son entrés à l’intérieur de l’immeuble. À un certain moment, les agents et M. Benjamin se sont retrouvés dans la cage d’escalier. On ignore si les agents ont eu le temps de discuter avec l’homme ou si la situation a immédiatement dégénéré. C’est à cet endroit que l’homme se serait avancé vers les policiers avec son couteau et qu’il aurait été abattu. »

Le Journal de Montréal est celui qui, de loin, présente le compte rendu le plus détaillé de la situation, faisant lui aussi référence à un témoin qui dit avoir entendu trois coups de feu.

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Twitter est-il capable de différencier les bons des méchants ?

Si tout le monde ne s’entend pas sur la nature exacte du rôle joué par les réseaux sociaux dans la problématique de la radicalisation et du recrutement terroriste, leur rôle central sur cette question commence toutefois à faire l’unanimité entre chercheurs, policiers et autres observateurs attentifs du phénomène.

Pourtant, malgré quelques déclarations de bonnes intentions annonçant la suppression de plus d’une centaine de milliers de comptes qui ont « publié des menaces ou fait la promotion d’actes terroristes », Twitter continue manifestement de traîner la patte face à l’utilisation du réseau par des organisations qui en maîtrisent parfaitement l’usage et en font un parfait outil de recrutement terroriste, comme le démontre l’expérience que j’ai menée sur Twitter pour mon dernier ouvrage.

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« La meute » met un site web en ligne

Le groupe appelé « La meute », dont le « leader » se présente sous le pseudonyme d’Éric Corvus, vient d’ouvrir son site web nommé « La tanière ».

Après quatre mois d’existence, la page Facebook du groupe affiche actuellement 24.440 membres et ce nombre ne cesse de grossir alors que l’intégration au sein du groupe se fait par cooptation.

Le groupe se désigne lui-même contre la diffusion au Québec de l’islam radical et de la Charia se dit être :

« le dernier rempart contre le grand bouleversement que les islamistes tentent de créer à travers l’occident ».

Le texte d’accueil du nouveau site web, explique dans un long texte la vision du « chef de meute » Éric Corvus et la mission du groupe, dont voici un extrait.
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Depuis sa création, la meute a déjà fait l’objet de plusieurs articles dans la presse qui évoquent le fait que des membres seraient des militaires ou anciens militaires – ce dont La meute ne se cache pas – et font état de nombreux dérapages dans les statuts ou commentaires des membres de « La meute ».

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©Patrick Chappatte

La fugueuse et le djihadiste

La disparition de la fugueuse fait l’objet de milliers de messages sur les réseaux sociaux avec sa photo et une série de reportages qui racontent dans le détail la détresse des familles et la douleur de la disparition d’un enfant. La disparition du djihadiste fait l’objet de reportages avec des scènes de combats, des rappels d’attentats terroristes commis sur notre sol et quasiment personne ne s’intéresse aux parents qui viennent de perdre un enfant qu’ils  chérissaient autrement que pour chercher s’ils ne sont pas en partie responsables de la situation.

On dira que la première est une « vraie » victime, manipulée et entraînée dans le mauvais chemin par des criminels qui savent utiliser ses sentiments et se jouer d’elle pour servir leurs intérêts criminels.
On dit du second qu’il s’est radicalisé, qu’il est devenu une menace pour la société et on met en place à son intention des lois qui criminalisent ses tous premiers actes, même s’ils ne nuisent encore à personne d’autre qu’à lui-même, comme de chercher à rejoindre une organisation terroriste à l’étranger.

Les parents de la fugueuse ou du fugueur ont l’attention des médias, tandis que les parents du second auront droit à l’attention toute particulière de la police et la suspicion du grand public.

Pourtant, les deux fuguent pour rejoindre des organisations criminelles et, contrairement aux idées reçues, celles liées au terrorisme sur le sol Canadien font moins de victimes et de dégâts sociaux que les gangs et les organisations du crime organisé qui se livrent à la traite des personnes.

La première comme le second peuvent se rendre coupables d’actes criminels que l’on doit apprécier au regard de leur jeune âge et de l’état psychologique dans lequel ils se trouvent tout autant que de l’influence qu’ont sur eux des organisations criminelles ou des individus mal intentionnés.

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Les réseaux antisociaux

Les faux comptes qui pullulent sur Facebook servent, c’est bien connu, à toutes sortes d’arnaques plus ou moins bien organisées et plus ou moins faciles à détecter.
Mais pas seulement, puisque, à l’occasion de la médiatisation des disparitions d’adolescentes à Montréal, il n’est pas inutile de rappeler que certains de ces comptes servent aussi au recrutement de jeunes mineures pour différentes activités a caractère sexuel, allant jusqu’à de la prostitution.

Les comptes en question, nombreux et très actifs contactent directement de jeunes adolescentes pour leur proposer des activités très lucratives comme participer à un réseau de webcam « sexy » ou devenir hôtesse de maison de jeu en lingerie sexy, quand ce n’est pas accompagner et fournir des services sexuels à des hommes d’affaire.

La photo de profil et le nom du compte sont plutôt discrets pour rassurer la recrue et surtout ne pas attirer l’attention des parents ou amis.

J’ai pu consulter cette semaine une proposition de ce genre, faite à une adolescente mineure par l’intermédiaire du système de messagerie Facebook Messenger.

Pour préserver la sécurité de la personne qui m’a fait suivre ce message, je ne peux le reproduire dans son intégralité, mais des propositions comme celles qui suivent ne prêtent guère à confusion :

« C’est pour accompagner des hommes d’affaires […] ça comporte un volet sexuel, mais pas toujours et c’est minimum 1500$… »

Les propositions qui sont faites en message privé sont souvent adressés à des jeunes filles mineures et il est ici clairement question d’incitation à de la prostitution.

Les fugues d’ados, gars ou filles, n’ont rien de nouveau, des milliers de jeunes disparaissent chaque année au Québec et même si une grande majorité d’eux-eux(elles) sont retrouvé(e)s, beaucoup de fugues restent inexpliquées.

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