La GRC réécrit l’attentat d’Ottawa

Dans un article en date du 10 novembre, Radio-Canada expose les récriminations du président de l’Association des employés du Service de protection de la Chambre des communes (AESS) à l’encontre d’un communiqué de la GRC rendu publique la veille et qui annonçait la décoration prochaine de plusieurs de ses agents.

Les « loupés » de la GRC

Rappelons tout d’abord que ce sont les agents du service de protection de la chambre des communes qui ont été en première ligne pour affronter Michael Zehaf-Bibeau qui avait traversé l’immense cour du bâtiment sans être stoppé ni même ralenti par les policiers de la GRC qui patrouillaient pourtant à l’extérieur.

Le rapport du commissaire de la Police provinciale de l’Ontario (OPP), Vince HAWKES, en date du mois de mars 2015 dira d’ailleurs :

« Des membres de la GRC ont vu l’homme armé se diriger vers l’édifice du Centre mais ne l’ont pas intercepté avant qu’il entre dans l’édifice. »

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Les stratégies du terrorisme moderne

Anglais et américains parlent d’une même voix pour avancer la thèse de l’attentat contre l’A321 de Métrojet comme étant la plus probable.

Avant d’aller de l’avant sur cette hypothèse, il faut rappeler que les relations parfois conflictuelles entre les pays intervenants en Syrie et Irak occupent une place importante dans la communication des autorités respectives sur cette affaire.

En effet, si la Russie et l’Egypte ont de solides raisons de tenter d’écarter la piste de l’attentat – le soutien de la population aux frappes aériennes pour les premiers et la crédibilité en matière de sécurité aéroportuaire pour les seconds – les américains et les anglais ont eux intérêt à faire savoir que la campagne de bombardements des Russes peut aussi avoir un prix à payer pour les citoyens russes, affaiblissant ainsi le soutien de la population aux choix stratégiques de Poutine.

Puisque l’hypothèse d’un attentat semble, par élimination, de plus en plus probable, il faut comprendre que la stratégie des organisations terroristes du type al-Qaïda ou Daesh est double et poursuit plusieurs objectifs.

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Crash en Égypte, les hypothèses se réduisent.

Alors que les experts s’entendent pour dire que l’éparpillement des débris de l’Airbus A321 de Metrojet atteste du fait qu’il s’est désintégré en vol à une altitude plutôt élevée, la thèse de l’acte terroriste commence à prendre plus de consistance, notamment sur la base d’autres éléments qui apparaissent ce lundi dans cette affaire.

Tout d’abord cette déclaration de l’un des dirigeants de la compagnie, Alexandre Smirnov : 

Nous excluons une défaillance technique ou une erreur de pilotage. […] La seule cause possible est une action extérieure.

Mais surtout la revendication en provenance du groupe terroriste Égyptien affilié à DAESH  qui a annoncé « avoir provoqué le crash d’un avion » sans autre précision et une vidéo qui circule désormais sur les réseaux sociaux, reprise par plusieurs médias, montrant un avion en train de chuter au sol dans un grand panache de fumée noire après ce qui semble être une explosion.

De quoi évidemment renforcer la piste du terrorisme alors que l’on sait que depuis leur intervention largement médiatisée, les Russes s’exposaient à des représailles de la part des terroristes de DAESH.

Déni stratégique

Dans ce dossier, il faut bien comprendre que chaque partie défendra avant tout ses intérêts, à commencer par la compagnie Metrojet qui s’empresse de nier toute défaillance technique ou erreur de pilotage, ce qui lui serait en tout premier lieu préjudiciable.

L’Égypte, dont la fréquentation touristique est en chute libre ces dernières années aimerait ne pas avoir à reconnaitre que la sécurité de l’aéroport de Charm el-Cheick, qui est le second du pays après celui du Caire, s’est montrée défaillante.

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De la culture policière.

Je republie ici en intégralité mon article du 3 janvier 2014, paru dans le Journal de Montréal puisque, pas loin de deux ans plus tard, le policier mis en cause dans ce dossier vient de recevoir une sanction de 4 jours de suspension sans salaire, soit l’équivalent d’une grosse contravention.

Dans la plupart des cas de déontologie les menaces, arrestations arbitraires et violences légères se terminent par quelques jours de suspension.

Un système déontologique qui contribue, par le peu de cas jugés au comité (moins de 3% des plaintes arrivent au comité) et la légèreté des sanctions, à laisser aux policiers le sentiment que s’en prendre à un citoyen, le rudoyer ou le maltraiter n’est pas un fait si grave que cela puisque les conséquences en sont finalement assez limitées…

ARTICLE DU 3 JANVIER 2014 :

JE VAIS T’ATTACHER À UN POTEAU

Qu’avait en tête le policier du SPVM qui a menacé le sans-abri de l’attacher à un poteau pendant une heure ce 2 janvier 2014, alors que la température avoisinait les -30 et que l’homme était en t-shirt dans la rue, quêtant avec un gobelet à la main ? Bien qu’ayant proposé son aide et incité le sans-abri qui ne semble pas menaçant (la vidéo ne montre qu’une courte partie de la situation) à se calmer le policier se laisse soudainement aller à une menace qui semble sortir tout droit de nul part !

Certains avancent le fait qu’il se soit agit d’une « stratégie » de communication verbale agressive afin de pousser l’homme à réagir et que le commun des mortels, qui ne connait pas le quotidien des policiers, n’est pas apte à comprendre.

D’autres expliquent qu’à court d’arguments et face à un individu qui aurait été agressif auparavant, le policier se soit laissé aller à un dérapage verbal qui ne serait rien d’autre qu’une malheureuse erreur d’appréciation.

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Plus loin avec 45e Nord

Il n’est pratiquement plus possible aujourd’hui de pouvoir développer un sujet sur plus d’une dizaine de minutes dans les médias traditionnels.

J’ai la chance de pouvoir m’y exprimer régulièrement et je m’y prépare en conséquence sachant quelles sont les contraintes pour que l’on réussisse à faire passer un message audible quand on est en direct à la télévision.

L’info en continu, le tumulte des sujets qui se succèdent – et ne se ressemblent pas – conduisent la plupart des médias à raccourcir de plus en plus un temps de parole pourtant consacré à des sujets complexes et importants.

Pour être juste, disons que la radio offre encore quelques belles fenêtres du genre, comme l’émission « Faut pas croire tout ce qu’on dit », animée par Michel Lacombe, mais ces lieux où le chrono ne brime pas la pensée sont rares.

Ce sont désormais d’autres médias qui prennent le temps de mener ces longues entrevues au cours desquelles on peut laisser dérouler sa pensée, articuler les raisonnements et faire le tour d’une question de façon satisfaisante.

C’est ce que fait par exemple l’excellent site 45e Nord, qui lance une nouvelle émission sur le web, Le briefing, que j’ai eu la chance d’inaugurer avec l’entrevue ci-dessous.

 

Stop djihadisme

Sous la pression des familles dont les enfants ont rejoint des groupes terroristes, la France étoffe son dispositif pour lutter contre la radicalisation et se dote d’un matériel de prévention de plus en plus intéressant.

Selon les dernières estimations il y aurait plus de 1500 engagés dans le djihad terroriste qui viennent de France.

Le site « Stop djihadisme » offre, outre de l’information, des vidéos qui donnent enfin une vision humaine de ce qu’est la radicalisation des jeunes.

Et cette fois, c’est important, les mots sont dits : les familles de jeunes radicalisés sont aussi des victimes du terrorisme.