Policiers ciblés et la spirale de l’horreur

Je comprends l’émotion des responsables syndicaux policiers qui s’expriment en France après le meurtre d’un couple de policiers à Magnanville.

Je partage l’émotion des policiers et des policières qui sont ciblés et frappés alors même qu’ils donnent leur plein effort pour défendre leurs concitoyens contre une menace protéiforme et quasi impossible à anticiper, alors même qu’ils sont biens placés pour connaître les manquements des gouvernements successifs dans la lutte au terrorisme tandis qu’eux font face depuis des décennies à une cruelle absence de moyens sur le terrain.

Contrairement à ce qui se dit actuellement dans les médias, ce n’est pas la première fois que les policiers sont ciblés, menacés et frappés jusque devant leurs domiciles.

Le contexte : de 1954 à 1962, la guerre d’Algérie reste comme un terrible partage de l’horreur dans lequel les meurtres répondaient aux massacres dans un déchaînement de violence où les victimes civiles se comptent jusqu’à plus de 100.000 selon certains.

La guerre d’Algérie sera alors – entre autres abominations – le théâtre d’un nombre impressionnant d’attaques de militaires, gendarmes et policiers en plein Paris, parfois en plein jour à partir de 1958.

En 1961 plus de vingt policiers ont été tués dans Paris et sa proche banlieue.

En lire plus

Le feuilleton terroriste

L’opération était « top secret », mais on en connait déjà les coulisses dans L’express, l’avocat est lié par la confidentialité des échanges avec son client mais il se livre dans une longue entrevue sur ce qu’il a appris de lui lors de leurs entretiens…

salah13083244_10208502838902889_7850113218311999889_n

Page d’accueil de L’Obs : 3 premiers titres sur Abdeslam.

Une semaine après son arrestation, le quotidien Le Monde a pu consulter les procès-verbaux d’interrogatoire de Salah Abdeslam qui sont largement retranscrits dans le journal au mépris du secret de l’instruction.

L’arrestation de Salah Abdeslam s’est d’ailleurs déroulée sous le regard des caméras, diffusée en direct par les médias d’information en temps réel.

BFMTV entre en contact téléphonique avec l’un des frères Kouachi en pleine prise d’otages et certains déposeront ensuite une plainte, avant de la retirer, contre la chaîne pour « mise en danger de la vie d’autrui » après que des informations précises sur le lieu où se cachaient les otages aient été données en direct.

En lire plus

La GRC réécrit l’attentat d’Ottawa

Dans un article en date du 10 novembre, Radio-Canada expose les récriminations du président de l’Association des employés du Service de protection de la Chambre des communes (AESS) à l’encontre d’un communiqué de la GRC rendu publique la veille et qui annonçait la décoration prochaine de plusieurs de ses agents.

Les « loupés » de la GRC

Rappelons tout d’abord que ce sont les agents du service de protection de la chambre des communes qui ont été en première ligne pour affronter Michael Zehaf-Bibeau qui avait traversé l’immense cour du bâtiment sans être stoppé ni même ralenti par les policiers de la GRC qui patrouillaient pourtant à l’extérieur.

Le rapport du commissaire de la Police provinciale de l’Ontario (OPP), Vince HAWKES, en date du mois de mars 2015 dira d’ailleurs :

« Des membres de la GRC ont vu l’homme armé se diriger vers l’édifice du Centre mais ne l’ont pas intercepté avant qu’il entre dans l’édifice. »

En lire plus