« S » qu’on se fout de nous ?

Pensez-y deux minutes…

Au delà des questions de légalité qui rendent impossible les expulsions systématiques des gens fichés S.

Au delà du fait qu’une fiche S ne détermine en rien la dangerosité d’un individu (certains fichés S peuvent n’avoir jamais reçu la moindre contravention).

Au delà du fait qu’en focalisant sur les fichés S on va forcément passer à côté d’autres terroristes potentiels.

Au delà du fait qu’une fiche S n’est qu’un simple outil de travail pour les policiers.

Croyez-vous une seule seconde que si tous les gens fichés S étaient expulsés de la France, le pays serait instantanément en sécurité et la menace du terrorisme intérieur serait écartée ?

Et tant que nous y sommes…

Essayons d’imaginer un pays dans lequel la police établirait des fiches S en fonction de ses enquêtes et de ses impératifs de surveillance et où les individus seraient alors immédiatement expulsés…

Ça ne vous rappelle rien ?

La peur comme outil sécuritaire

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Dans les années 50, hantés par le spectre d’une attaque nucléaire entretenue dès la fin de la guerre, plusieurs pays mettaient en place des plans de protection contre les effets d’une attaque éclair.

À travers différentes revues comme le « Civil defence information bulletin », on expliquait aux citoyens inquiets les dangers de la bombe et on leur donnait de brillants conseils pour se protéger de ses effets, comme celui de s’accroupir sous les tables des bureaux d’écoliers pour les enfants.

Dans les années 60, le climat de psychose était à son comble et des gens se construisaient eux-mêmes leurs propres abris anti-nucléaires…

La guerre froide, qui durera jusqu’à la fin des années 80, s’est cristallisée autour de la peur du communisme et d’un retour vengeur de l’URSS que les américains ont longtemps soupçonné de vouloir envahir à nouveau l’Europe.

Dans les familles on pensait naïvement que les mesures comme le « Duck and cover » pouvait servir à protéger la population des attaques nucléaires.

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Affaire Cédrika Provencher : la rive est proche mais le courant est fort…

Le nom et le visage sont connus de tous désormais.

Les liens entre pornographie juvénile et le crime horrible de la petite Cédrika Provencher sont tressés et même tricotés serrés dans les médias à tel point qu’ils semblent intimement mêlés sans que l’on sache vraiment jusqu’à quel point.

Ajoutez-y l’Acura rouge aux poignées chromées…
Les coïncidences sont troublantes il faut le dire. 

Et la parade du suspect a été poussée à son maximum par la justice et la police qui poursuivent une stratégie de pression qui ressemble de plus en plus à une tentative de la dernière chance.
En montrant ainsi le suspect, on souhaite « brasser la cage » mais aussi, certainement, obtenir une information nouvelle, un témoin, un élément quelconque qui puisse faire avancer une enquête qui manque cruellement de preuves solides.

Ce n’est pas faire insulte aux policiers que de le dire.
Ces enquêtes sont terriblement complexes, elles ont débutées à une époque où les moyens scientifiques des policiers étaient bien moins importants qu’aujourd’hui.
Et nous savons tous combien les policiers qui se sont succédé au dossier ont à coeur de le résoudre.

Nous voulons tous que le tueur de la jeune Cédrika soit identifié et condamné.

Nous souhaitons tous que justice soit faite.
Mais au milieu de tout ce tumulte médiatique, de ces cris, ces vociférations…

Je ne peux m’empêcher de penser : et si ce n’était pas lui ?

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La politique du pire

Après Éric Ciotti, c’est au tour de Benoist Apparu, ancien ministre et membre du mouvement politique « Les Républicains », de nous sortir une énormité dans la surenchère démagogique qui souffle depuis quelques mois sur la France.

Cette fois, l’auteur de « Les 12 travaux de l’opposition: Nos projets pour redresser la France » s’est fait prendre la main dans le sac de nouvelles répressives qui semblent avoir été pigées au hasard dans un chapeau de clown.

Benoist Apparu a en effet réalisé une tournée des médias pour expliquer que ceux qui tentaient de se rendre à l’étranger pour faire le djihad pouvaient le faire en toute impunité :

« Aujourd’hui vous avez effectivement la possibilité de qualifier ce voyage, entre guillemets, ce djihad, d’entreprise terroriste. Pas la tentative. Or, on voit bien que dans la plupart des cas ce sont des jeunes qui effectivement vont jusqu’en Turquie mais ne peuvent pas pénétrer en Turquie donc reviennent en France. (…) Pour celui qui tente, aujourd’hui, nous sommes effectivement dans l’impunité. »

Or, comme l’ont expliqué ensuite plusieurs journaux français, non seulement la loi prévoit déjà cette possibilité, mais plusieurs jugements ont déjà été rendus en condamnant des tentatives de départ…

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Terrorisme : la défaite française

Demain la France comptera ses morts.
Demain les responsables politiques de droite comme de gauche vont défiler sur les lieux des attentats avec la mine grave et quelques phrases bien senties préparées par le service des communications de leur cabinet ministériel.

Demain on demandera à la police de se montrer plus ferme et de traquer sans merci les terroristes.

On dira à la justice qu’elle doit faire preuve de fermeté.

On dira enfin aux Français que tout sera mis en œuvre pour assurer leur sécurité.

Comme depuis les trente dernières années on va continuer à leur mentir.

Car si Paris est ce soir en état d’urgence – c’est à dire l’équivalent des mesures de guerre ici – c’est parce que les responsables politiques français ont réussi à masquer aux français les dangers de leur vision politique à court terme, celle qui n’est pas capable de voir plus loin que son propre mandat, ses propres intérêts, son propre programme, ses amis, ses alliances et son parti.

Parce que les policiers, quoi qu’on vous en dise, ne sont pas la solution, ils ne sont que l’ultime réponse à une situation devenue incontrôlable.

Parce qu’il fallait resserrer le filet social, tenir un contre-discours solide aux propos radicaux, défendre des valeurs au lieu de faire des promesses non tenues, chercher à comprendre et agir aux bons endroits plutôt que de pondre des mesurettes, avoir une politique internationale responsable et cohérente, donner de véritables moyens à la justice plutôt que de limiter les pouvoirs des juges d’instruction, donner de réels moyens opérationnels aux policiers plutôt que de détourner l’argent des enquêtes, avoir un système pénal qui ne soit pas un mille-feuilles incohérent à cause des lois pondues par des groupes parlementaires qui voulaient laisser leur marque… la liste est longue.

Parce que durant les vingt dernières années, j’ai vu les associations de défense des victimes du terrorisme devoir se débrouiller avec des budgets ridicules, des juges manipuler des enquêtes, le secret de l’instruction bafoué sans vergogne, des syndicalistes se préparer des carrières politiques, des responsables policiers privilégier leurs promotions plutôt que la loi et l’intérêt du public… tandis qu’encore aujourd’hui mes anciens collègues policiers continuent à patauger dans le sang des victimes et faire face à une situation qui échappe à tout contrôle avec des moyens de plus en plus limités.

Parce qu’il y a vingt ans, il y avait encore des solutions et que maintenant il y a l’état d’urgence.

J’entends d’ici ceux qui vont dire que je fais de l’auto-flagellation face aux méchants terroristes qu’il faut plutôt pourchasser et exterminer sans pitié.

Contrairement à eux j’ai fait ma part de chasse aux terroristes.

Et avec le temps, j’ai appris que ce ne sont pas ceux qui cherchent les raisons du mal qui nous frappe ailleurs que dans les motivations de nos adversaires qui sont les idiots utiles du terrorisme, mais ceux qui crient en coeur « tuons les tous » sur le même refrain sécuritaire vide de sens et d’actes que des politiciens de droite comme de gauche leur servent depuis des décennies.

Ce soir, le président de la République française à dit : « nous allons mener le combat, il sera impitoyable ».

Malheureusement, cher François, toi et les tiens avez déjà perdu ce combat.

Entrevue à TV5 Monde après la parution de ce billet :

La nomination qui ridiculise l’ONU

L’Arabie Saoudite vient d’obtenir la nomination de Faisal bin Hassan Trad, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU à Genève, à la tête du panel du conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Au mois de mai dernier, plusieurs sources indiquaient que l’Arabie saoudite faisait le forcing pour obtenir une nomination de l’homme de Ryad en tant que Président du conseil des droits de l’Homme.

Comme le hasard fait bien les choses, Ryad recrutait dans le même temps de nouveaux bourreaux pour décapiter ou amputer les condamnés dont le nombre augmente chaque année au pays.

La chose est un scandale à plusieurs niveaux, tant par la nomination elle-même que par la méthode employée et la faiblesse de l’institution qui a pu laisser une telle chose se faire.

C’est l’organisation l’ONG UN Watch qui a révélé que, devant le risque de tollé face à une nomination à la tête du conseil des droits de l’homme, le choix de la direction du panel du conseil des droits de l’homme avait très certainement été négocié discrètement en échange du retrait de la candidature au poste de direction du conseil lui-même…

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