Brève : Opération Sentinelle & attaque du Louvre

J’ai bondi cet après-midi en lisant cette entrevue dans L’Obs au sujet de l’attaque du Louvre et de l’efficacité de l’opération Sentinelle.

La nature de certaines attaques me conduit de plus en plus à penser que nous devrions réfléchir sérieusement au sens que nous donnons aux actes d’individus que nous faisons entrer au « panthéon » du terrorisme en qualifiant ainsi immédiatement des actions dont on ne connaît quasiment rien des actes préparatoires et des motivations seulement quelques heures après les faits.

D’autre part, ce n’est pas un acte de ce type – organisation minimale et passage à l’acte plutôt « artisanal » – qui peut nous permettre de dire si oui ou non ce dispositif a prouvé son efficacité.

Vu la nature du déploiement militaire en France et la complexité des enjeux, il faudra un peu plus qu’une attaque à la machette pour faire une analyse sérieuse de l’ensemble du dispositif.

Enfin, le constat fait dans cet article est encore plus surprenant que tout le reste puisqu’il me semble évident qu’il faille s’attendre à ce que, s’interposant entre des terroristes potentiels et leurs cibles (des gens ou des lieux précis), les militaires et policiers s’exposent à devenir eux-mêmes les cibles des attaques.

Bref, voilà qui ne fera guère avancer les réflexions sur le sujet.

Terrorisme hors territoire ?

Plusieurs médias se font l’écho de la découverte, en octobre dernier, d’une munition (vraisemblablement une cartouche de fusil) dans les locaux du consulat de France de Montréal.

Dans cette affaire, traitée plutôt discrètement dans les médias, deux suspects seraient actuellement recherchés.

S’agit-il d’une affaire de « droit commun » (par opposition au terrorisme) ou bien est-ce le résultat d’une situation incongrue au cours de laquelle un homme aurait été amené à se débarrasser de ladite munition dans les locaux du consulat ? C’est possible.

Sans crier à la menace terroriste alors même qu’aucun élément ne vient alimenter cette possibilité, ce « fait-divers » est tout de même l’occasion de rappeler que dans le contexte actuel, il ne serait pas surprenant que les intérêts ou personnalités des principaux pays visés par les terroristes soient attaqués hors de leurs frontières.

Comme l’ont fait de nombreuses organisations terroristes et certains services secrets, frapper « l’ennemi » hors de son territoire permet souvent d’atteindre un objectif que les mesures de sécurité locales rendent bien plus complexe à approcher sur son propre territoire.

Il suffit de voir la longue liste des attentats menés contre des français ou les intérêts du pays hors de l’hexagone pour comprendre que la tentative du gouvernement français de sanctuariser le territoire avec Vigie Pirate, l’état d’urgence prolongée et l’opération sentinelle, conduit forcément à une sorte de transfert d’une part du risque vers ses intérêts extérieurs qui peuvent être considérés comme plus « faciles » à atteindre.

Souvenons-nous entre autres, de l’attentat contre l’immeuble du Drakkar, en octobre 1983 à Beyrouth, du vol 772 d’UTA en 1989 au dessus du Niger, du détournement du vol Air-France Alger – Marseille en 1994, ou encore de l’attentat de Karachi (qui, bien que volontairement orienté pour brouiller les pistes vers le djihadisme terroriste, n’en reste pas moins un attentat dans lequel 11 français ont été tués).

Je ne serais donc pas surpris qu’un jour prochain les émules de Daesh s’adaptent et s’approprient les veilles méthodes du terrorisme traditionnel de ciblage à l’étranger pour les transposer à leurs objectifs actuels qui deviennent d’autant plus prégnants que la réalité du Califat de Bagdhadi s’éloigne un peu plus chaque jour.

 

« La meute », suite et fin (pour moi)

En février dernier, j’écrivais un article sur le groupe appelé « La meute » et j’avais à l’époque intégré la page Facebook du groupe dont je suivais de près l’évolution dans le but d’écrire un nouvel article sur le sujet.

Or, il s’est passé de nombreuses choses depuis ces quatre derniers mois et la page Facebook de « La meute » qui regroupait alors près de 25.000 membres, approche ce mois-ci les 45.000 membres.

Une progression essentiellement due au recrutement très actif des responsables du groupe, mais aussi à la place qui leur a été accordée dans les médias, ce dont ils se sont d’ailleurs félicité.

Cette rapide progression du groupe « anti islam radical » – ainsi qu’ils se présentent eux-mêmes, bien que de très nombreux propos ou commentaires visent les musulmans de façon générale tout autant que les immigrants arabes – m’a amené à m’interroger sur l’utilité de revenir de façon approfondie sur le contenu et le parcours de ce groupe qui se borne pour l’instant à organiser des soupers spaghettis…

Ainsi, tant qu’il ne se passe rien qui soit susceptible d’attirer des commentaires pertinents de ma part, je ne vois pas l’intérêt d’attirer plus encore l’attention du public sur ce groupe.

Concluant que tout article de ma part qui donnerait des détails sur cette organisation contribuerait certainement à en faire la promotion indirecte, j’ai décidé de m’en tenir à cet entrefilet sur le sujet.

Vos traces numériques en disent long sur vous.

Les métadonnées sont l’ensemble des informations que nous laissons derrière nous lors des opérations que nous effectuons des dizaines, voire des centaines de fois par jour en utilisant notre cellulaire, nos cartes de paiement et nos ordinateurs connectés à internet.

Bien qu’elles ne contiennent aucune information reliée à votre identité, les métadonnées sont des sources d’information pour les services de renseignement et les compagnies privées, dont l’utilité peu s’avérer bien supérieur à tout ce que vous pourriez imaginer.

Impossible de nous jours d’avancer dans l’espace numérique sans laisser ces traces derrière nous, qui sont autant d’informations qui, colligées et analysées, permettent de découvrir bien plus que notre simple identité.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le temps de lire les quelques études menées sur le sujet, dont celle de l’université de Stanford, qui laissent supposer des jours sombres pour le respect de la vie privée.