Vos traces numériques en disent long sur vous.

Les métadonnées sont l’ensemble des informations que nous laissons derrière nous lors des opérations que nous effectuons des dizaines, voire des centaines de fois par jour en utilisant notre cellulaire, nos cartes de paiement et nos ordinateurs connectés à internet.

Bien qu’elles ne contiennent aucune information reliée à votre identité, les métadonnées sont des sources d’information pour les services de renseignement et les compagnies privées, dont l’utilité peu s’avérer bien supérieur à tout ce que vous pourriez imaginer.

Impossible de nous jours d’avancer dans l’espace numérique sans laisser ces traces derrière nous, qui sont autant d’informations qui, colligées et analysées, permettent de découvrir bien plus que notre simple identité.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le temps de lire les quelques études menées sur le sujet, dont celle de l’université de Stanford, qui laissent supposer des jours sombres pour le respect de la vie privée.

Caméras corporelles, acte 1.

Ce lundi matin, le 84è congrès de l’Acfas a été l’occasion d’assister à plusieurs conférences intéressantes sur la question du port des caméras corporelles pour les policiers et des caméras embarquées dans les autopatrouilles.

De nombreuses limites légales et techniques

Les premières des questions qui sont généralement abordées sur l’utilisation des caméras par les corps policiers sont évidemment celles des limites légales de l’exercice, puisque la question du respect de la vie privée des citoyens, mais aussi le droit à un procès équitable sont – entre autres – au coeur de la question.

Policiers, chercheurs et procureurs se sont donc succédés au tableau pour aborder les limites de l’exercice dans lequel de nombreux corps policiers hésitent à se lancer pour des raisons différentes qui ne tiennent pas uniquement aux enjeux juridiques mais aussi financiers.

Les interventions ont amené des interrogations aussi variées que : doit-on filmer en présence d’un mineur ; le policier peut-il prendre l’initiative d’allumer, mettre sur pause ou couper la caméra sans risquer de porter atteinte aux droits des citoyens concernés ; la vidéo peut-elle être vue par le patrouilleur avant la rédaction de son rapport, un rapport de visionnement doit-il être fait ; qui pourra avoir accès aux images ; les images peuvent-elles servir d’outil de contrôle de formation pour les policiers, comment conserver les images et quels supports techniques utiliser ?

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Plus le vote approche, plus la menace est grande

Je ne sais pas si vous avez remarqué cet étrange parallélisme entre la montée de la menace terroriste, annoncée dans les médias par les responsables politiques, et l’approche du vote de certains textes législatifs justement destinés à lutter contre le terrorisme.

Vous me direz que j’ai l’esprit mal placé et que, quand monte la menace il est normal de prendre les mesures adéquates, et c’est vrai.

Cependant, pour avoir assisté à quelques mises en scènes médiatiques de responsables policiers et ministres de l’intérieur quand je travaillais dans l’antiterrorisme, j’ai développé une fâcheuse tendance à penser que certains n’hésitent pas à surfer sur ladite menace pour sauver leurs carrières et préparer le passage de textes répressifs qui nécessitent une bonne préparation de l’opinion publique.

Quand l’heure est grave et que la menace n’est plus à nos portes mais sur notre sol, qui oserait en effet contester la nécessité de telles mesures, même si elles sont privatives de libertés et que leur efficacité s’avère plus que relative ?

Le bilan plus que mitigé de l’état d’urgence (plus de 3000 perquisitions pour 4 affaires de terrorisme dont une seule traitée par le parquet antiterroriste de Paris) et ses lourdes conséquences sur les libertés individuelles en France n’empêchent pas 79% des français de se déclarer « très favorables » à sa prolongation.

Comment le leur reprocher, puisque le gouvernement berne les français en leur vendant l’image d’un état d’urgence qui protège mieux contre la menace terroriste.

Mais si tel n’est pas le cas ?

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Le PL59 ne luttera pas efficacement contre la radicalisation

« Par ces propositions, nous voulons renforcer nos interventions, nous doter de nouveaux moyens pour assurer la protection des personnes et sanctionner la diffusion de propos haineux et incitant à la violence. Notre société est riche de sa diversité, la crainte de l’autre, le rejet des différences font reculer le Québec » dit la ministre Vallée dans La Presse + le 11 juin 2015.

À quoi sert le PL59 ?

Selon les termes même du projet il s’agirait de mettre en place une « Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes. » 

Contrairement donc à ce qui a été annoncé sur plusieurs tribunes et à certaines déclarations faites lors de la commission, ce projet de loi ne se définit pas clairement comme un texte visant à lutter contre la radicalisation.

La ministre Vallée l’a dit et redit, ce projet de loi vise à lutter contre le discours haineux. Bien. Mais lequel et comment ?

Reconnaissons qu’indirectement, la vocation de lutte contre le discours haineux et le discours incitant à la violence prédestine tout de même ce projet de loi à lutter contre les propos radicaux qui sont à la fois l’expression d’une vision radicale ou intégriste et un vecteur de radicalisation.

Mais, en l’état actuel du projet, il est bien difficile de savoir comment cela pourra se faire.

Tout le monde convient en effet qu’il faut combattre les propos haineux et ceux incitant à la violence, mais manifestement tout le monde ne souhaite pas s’y prendre de la même façon.

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La nomination qui ridiculise l’ONU

L’Arabie Saoudite vient d’obtenir la nomination de Faisal bin Hassan Trad, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU à Genève, à la tête du panel du conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Au mois de mai dernier, plusieurs sources indiquaient que l’Arabie saoudite faisait le forcing pour obtenir une nomination de l’homme de Ryad en tant que Président du conseil des droits de l’Homme.

Comme le hasard fait bien les choses, Ryad recrutait dans le même temps de nouveaux bourreaux pour décapiter ou amputer les condamnés dont le nombre augmente chaque année au pays.

La chose est un scandale à plusieurs niveaux, tant par la nomination elle-même que par la méthode employée et la faiblesse de l’institution qui a pu laisser une telle chose se faire.

C’est l’organisation l’ONG UN Watch qui a révélé que, devant le risque de tollé face à une nomination à la tête du conseil des droits de l’homme, le choix de la direction du panel du conseil des droits de l’homme avait très certainement été négocié discrètement en échange du retrait de la candidature au poste de direction du conseil lui-même…

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Omar Kadhr, blogue de Stéphane Berthomet

Omar Khadr, le retour de l’enfant soldat

Omar Khadr est libre.
On peine à imaginer ce que cela peut représenter pour cet homme que l’on voit parler paisiblement sur le perron de la maison de son avocat.
Un homme qui doit se sentir bien loin du jeune garçon embrigadé par un père membre d’Al-Qaïda qui l’a entrainé dans le bourbier afghan pour se battre contre les soldats américains.
Omar Khadr dit qu’il est une meilleure personne qu’on ne le pense.

La question que je me pose est : qui sait donc qui est vraiment Omar Khadr ?
Certainement pas les autorités américaines qui lui ont dénié le statut d’enfant soldat en l’emprisonnant dans les conditions inhumaines que l’on connait au camp de Guantanamo.
Certainement pas ceux qui l’ont « interrogé » sous la torture et la menace des pires sévices.
Certainement pas les juges qui l’ont condamné après qu’il eut été obligé de plaider coupable pour troquer plusieurs peines à la perpétuité contre une condamnation qui lui laissait une petite chance de se retrouver un jour libre.
Certainement pas non plus les autorités Canadiennes qui se sont battues pour que Khadr demeure au fond de sa cellule ainsi qu’ils avaient dû s’y engager auprès des amis américains.

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