Le SPVM et la confiance des citoyens

J’ai lu le plan d’action du directeur Pichet intitulé :
« rassurer et améliorer le lien de confiance des citoyens envers le SPVM ».
Plutôt que de me livrer à une analyse de ce texte, j’ai choisi la solution de facilité qui consiste à ressortir ce que j’avais écris en novembre 2013 dans le livre :
« Enquête sur la police ».

 

EN VOICI LE CONTENU DANS LE CHAPITRE « CONCLUSION »…

« L’enquête par un service de police sur un autre est une faillite complète. 

Il est grand temps de passer à un tout autre système, qui soit plus transparent et efficace tout en demeurant respectueux des droits des policiers.

Désormais, il faut non seulement regagner la confiance d’une partie des citoyens, mais aussi mettre en place un système qui ne puisse plus reproduire les erreurs du passé.

En conservant l’idée d’un bureau des enquêtes indépendantes, il faut aller bien au-delà d’une réformette…

  • Placé sous l’autorité directe du ministre de la Sécurité publique ou, mieux, du ministre de la Justice, un bureau des enquêtes spéciales devrait regrouper, sous deux pôles, criminel et déontologique, l’ensemble des procédures qui seraient menées pour juger l’action des policiers au Québec.
  • Le Commissaire à la déontologie et ses enquêteurs seraient ainsi rattachés à ce bureau, sous l’autorité du directeur, lui-même placé sous l’autorité du ministre.
  • Le Commissaire doit avoir le pouvoir d’obliger les policiers à comparaître lors de son enquête, car il est aberrant que ce ne soit pas le cas actuellement.
  • Tout comme cela se pratique aujourd’hui, les dossiers seraient acheminés par le Commissaire au Comité de déontologie.
  • Il faudrait veiller, bien entendu, à modifier le système en place afin que le plaignant ait le choix du type de procédure à suivre et ne se fasse pas imposer une conciliation s’il ne le désire pas.
  • Les services de police conserveraient la gestion des mesures et des enquêtes disciplinaires, c’est-à-dire relatives au commandement et à l’observation des règles quotidiennes de gestion des services.
  • Tous les autres faits, déontologiques ou criminels, commis par des policiers, en devoir ou non, tomberaient alors sous la compétence du bureau des enquêtes spéciales, qui serait ainsi à même de centraliser toutes les plaintes des citoyens concernant des policiers soupçonnés d’actions criminelles ou de manquements déontologiques et de mener à bien les enquêtes.
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La paix sociale ne s’achète pas, elle se construit

[Ce texte a été publié cette semaine dans les pages « Opinion » de La Presse.] 
[http://plus.lapresse.ca/screens/0ede7495-744d-4b63-bcf0-a39388683447%7C_0.html]

Depuis une semaine, les policiers français descendent dans les rues de plusieurs villes pour manifester leurs inquiétudes par rapport aux conditions dans lesquelles ils interviennent et aux dangers auxquels ils font face depuis des années.

Au même moment, chez nous, on lisait sous la plume de Daniel Renaud qu’à Montréal, l’arrestation d’un individu armé aurait été annulée à la dernière minute à la suite des instructions du numéro deux du SPVM. Enfin, en avril dernier, toujours selon La Presse, la direction du SPVM aurait, je cite, « interdit à des enquêteurs des stupéfiants de procéder à des arrestations à Montréal-Nord pour ne pas attiser les tensions raciales ».

Il est important de comprendre la nécessité, pour les corps policiers, de valider le maximum d’informations avant de passer à l’action et on ne saurait reprocher aux enquêteurs et aux groupes d’intervention de s’entourer de toutes les précautions possibles.

Montréal n’a en effet pas besoin d’une police de matamores. Mais elle n’a pas non plus besoin d’une police dont la hiérarchie ferait le choix de retenir l’intervention de ses hommes en fonction de considérations politiques, tandis qu’un individu armé et dangereux se promène dans la rue.

Si tel était le cas, il y aurait alors lieu de s’inquiéter sérieusement et l’on pourrait alors faire le parallèle avec la mobilisation des policiers français.

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Jouer au policier

Que feriez-vous si vous étiez à la place des policiers?

Tirer ou ne pas tirer? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre Félix Séguin, journaliste à «J.E», et le collaborateur de TVA Nouvelles, Richard Martineau. Ils ont passé une journée dans la peau d’un agent de la Sûreté du Québec (SQ).

C’est sur ce postulat qu’une équipe de « J.E » a participé à des exercices de mise en situation policière.

Le journaliste Félix Seguin, le chroniqueur Richard Martineau et la réalisatrice Laurie Carufel (qui n’est pas mentionnée dans l’article annonçant l’émission) ont donc enfilé, pour une journée, la tenue et le gilet pare-balles de la SQ.

Nous accompagnons donc nos trois policiers d’un jour qui vont se retrouver consécutivement en face d’un homme armé d’un couteau, d’un cas de violences conjugales très violentes, d’un contrôle routier d’un conducteur agressif où des jeunes tout aussi agressifs entourent les policiers, d’un homme qui tire sur l’auto-patrouille dans laquelle ils ont embarqués, et enfin, d’un tueur de masse actif au moment de l’arrivée des policiers…

Ouf !

Ils l’ont pas eue facile, cette journée !

Plus sérieusement, ce reportage ne montre aucune situation qui se termine bien et ne présente aucun exercice qui ouvre la possibilité du dialogue ou du désengagement, qui sont deux stratégies indispensables si on veut tenter de conclure une altercation sans tirer de coups de feu.

Manifestement le thème de la journée était plutôt « situation de crise » que situations réelles, puisqu’on sait que les interventions qui se terminent en échange de coups de feu sont limitées à quelques cas assez rares au milieu des dizaines de milliers d’interventions annuelles.

Le commentaire de Félix Séguin, nous indique dès les premières images que TVA a voulu aller « à la racine des choses » et on suppose donc que l’on va nous aider à comprendre comment une situation de crise peut survenir au détour d’une mission ou comment une intervention peut malheureusement mal se terminer.

Au lieu de ça, on nous transporte dans un univers d’émotion, de coups de matraques et de coups de gueules, dans lequel on voit trois personnes totalement novices et absolument pas préparées à ce qui les attend, faire face aux pires situations que les policiers peuvent rencontrer dans une carrière.

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Billard à trois bandes au SPVM

Onde de choc ce lundi 6 juin au sein du SPVM avec l’annonce mouvementée du « départ » du commandant Ian Lafrenière de la section des communications et relations médias du SPVM dont il faisait partie depuis vingt ans.

Démis de ses fonctions

Annoncé comme ayant été « démis de ses fonctions » par les médias, dont certains reformulent ensuite plusieurs fois les titres de leurs articles en ligne, il apparaît clairement que le commandant Lafrenière n’a pas fait l’objet d’une promotion et que son retrait de ce poste ne faisait pas partie de son plan de carrière. L’intéressé n’est d’ailleurs même pas présent au moment de l’annonce de la nouvelle.

Une annonce qui n’est pas un « déni » selon les termes de Philippe Pichet, nommé directeur du SPVM en août 2015.

Reste que cette décision a clairement été imposée à l’intéressé, ce que reconnait d’ailleurs le chef du SPVM.

Au delà de la polémique lancée par certains médias, ce changement qui aurait du être mûrement préparé et annoncé sereinement s’est plutôt déroulé dans un climat de confusion alors qu’on évoquait dans le même temps une refonte complète de la structure de communication du SPVM et la nomination d’un civil à la tête du nouveau bureau tout en confiant temporairement la responsabilité à une policière.

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(Source SPVM)

La fin de « l’ère Lafrenière » 

Après avoir été responsable des relations médias depuis 2005, Ian Lafrenière a pris la direction de la Section des communications et relations médias en 2012, alors que le mouvement de contestation étudiant plaçait le SPVM au centre de l’attention médiatique.

J’ai eu l’occasion de souligner dans mon livre Enquête sur la police et dans de nombreux textes la façon très contestable avec laquelle le SPVM est intervenu autant le terrain que dans les médias pour justifier les méthodes employées à l’époque.

Les tribunaux ont d’ailleurs depuis donné largement raison à ceux et celles qui critiquaient les moyens utilisés pour limiter le droit de manifester.

Malgré les nombreuses voix qui s’élevaient pour protester, le service des communications du SPVM avait alors mis en place une véritable stratégie médiatique afin de couvrir l’action des troupes sur le terrain.

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©Patrick Chappatte

La fugueuse et le djihadiste

La disparition de la fugueuse fait l’objet de milliers de messages sur les réseaux sociaux avec sa photo et une série de reportages qui racontent dans le détail la détresse des familles et la douleur de la disparition d’un enfant. La disparition du djihadiste fait l’objet de reportages avec des scènes de combats, des rappels d’attentats terroristes commis sur notre sol et quasiment personne ne s’intéresse aux parents qui viennent de perdre un enfant qu’ils  chérissaient autrement que pour chercher s’ils ne sont pas en partie responsables de la situation.

On dira que la première est une « vraie » victime, manipulée et entraînée dans le mauvais chemin par des criminels qui savent utiliser ses sentiments et se jouer d’elle pour servir leurs intérêts criminels.
On dit du second qu’il s’est radicalisé, qu’il est devenu une menace pour la société et on met en place à son intention des lois qui criminalisent ses tous premiers actes, même s’ils ne nuisent encore à personne d’autre qu’à lui-même, comme de chercher à rejoindre une organisation terroriste à l’étranger.

Les parents de la fugueuse ou du fugueur ont l’attention des médias, tandis que les parents du second auront droit à l’attention toute particulière de la police et la suspicion du grand public.

Pourtant, les deux fuguent pour rejoindre des organisations criminelles et, contrairement aux idées reçues, celles liées au terrorisme sur le sol Canadien font moins de victimes et de dégâts sociaux que les gangs et les organisations du crime organisé qui se livrent à la traite des personnes.

La première comme le second peuvent se rendre coupables d’actes criminels que l’on doit apprécier au regard de leur jeune âge et de l’état psychologique dans lequel ils se trouvent tout autant que de l’influence qu’ont sur eux des organisations criminelles ou des individus mal intentionnés.

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Point de presse dans l’enquête sur Cédrika Provencher

Ce matin, à 11h30, nous étions nombreux à suivre devant nos écrans le point de presse donné par la SQ dans l’enquête sur l’affaire Cédrika Provencher, qui se poursuit après la triste découverte de la semaine passée.

Encore une fois, je suis resté dubitatif devant le spectacle un peu étrange d’un policier venu dire aux médias qu’il ne pouvait pas répondre à leurs questions mais que la police était satisfaite de l’avancée de l’enquête.

Cette avancée, en fait, c’est surtout la découverte inattendue de l’endroit où la petite Cédrika aurait été enterrée.

Au-delà de ça, impossible pour le policier de donner une quelconque information substantielle, ce dernier ayant dû s’en tenir à des évidences comme :

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