Retrouver Cédrika

Cédrika Provencher a disparue le 31 juillet 2007.

Elle vient d’être retrouvée près du village de Saint-Maurice, non loin de l’autoroute 40.

Il n’est pas utile ici de donner plus de détails sur les circonstances de cette découverte, ils sont dans tous les médias et déjà, les uns et les autres se perdent en conjectures sur ce que cette macabre découverte va pouvoir apporter à une enquête complexe qui n’avait pas porté ses fruits jusqu’à aujourd’hui.

À vrai dire la seule chose qui soit vraiment certaine à ce stade c’est que la longue attente des parents pour retrouver leur petite fille est terminée.

Car pour le reste, il faut laisser aux policiers le temps de travailler, d’avancer et d’utiliser tous les outils technologiques et scientifiques qui sont en leur possession.

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Mort de Jason Harris : questions pour une intervention

En juin 2014, la mère de Jason Harris, un homme de 38 ans qui souffrait de maladie mentale, appelle la police pour qu’il soit conduit à l’hôpital.

Quand les policiers se présentent sur les lieux la mère ouvre la porte, cédant le passage à son fils qui tient un petit tournevis dans les mains.

La situation est calme, jusqu’à ce que…

Pour changer un peu de méthode, au lieu de mettre en cause les conditions de l’intervention, je vais poser quelques questions après le visionnement de cette vidéo.

1/ Pourquoi ne pas avoir dégainé le Taser ou sorti la matraque (à la ceinture du policier de droite) en voyant l’homme avec un tournevis en main ?
2/ Pourquoi ne pas avoir continué à lui parler avec calme et détermination pour essayer de désamorcer la situation ?
3/ Pourquoi ne pas avoir opéré un recul stratégique (le policier de gauche pouvait s’éloigner de la porte d’entrée et celui de droite reculer le long de la porte de garage) ?
4/ L’homme menaçait-il de vous frapper au moment du déclenchement du tir ou avançait-il simplement le tournevis à la main ?
5/ Pourquoi avoir tiré à trois reprises alors qu’il est manifeste que l’homme est touché dès le premier tir ?
6/ Les premiers soins ont-ils été immédiatement apportés au blessé ?

Je reste convaincu que dans beaucoup de situations de tirs mortels, il y a un moment, un instant clef, où on aurait pu agir différemment et sauver une vie.

Détresse policière

 Vous l’avez certainement lu il y a quelques semaines après le suicide de deux policiers, François Doré, blogueur au journal a raconté avec beaucoup de courage les démons qui l’ont conduit au bord du gouffre et Claude Aubin, blogueur au Huffington, a lui aussi partagé ses états d’âmes sur la question du suicide chez les policiers.

Les textes de ces deux anciens policiers ne sont pas si différents l’un de l’autre, ils parlent tous deux du sentiment de solitude et parfois de la détresse des hommes et des femmes qui œuvrent quotidiennement à la sécurité de leurs concitoyens. Des policiers qui restent, malgré la formation, l’entrainement et la structure qui devrait les entourer, des hommes et des femmes avec tout ce que cela comporte de force et de faiblesse.

L’appel de la mort qui frappe parfois les policiers québécois n’est guère différent de celui qui frappe tous les policiers dans d’autres pays ou corps de police. Vous seriez surpris de voir combien les motifs qui peuvent pousser des policiers anglais, espagnols ou français à commettre l’irréparable sont proches de ceux qui animent les tristes intentions des policiers de la SQ, du SPVQ ou du SPVM, pour ne citer que ces services.

Aux difficultés évoquées par F. Doré et C. Aubin pour ceux et celles qui se veulent être les gardiens de la paix, j’ajouterai un point qui ne me semble pas être assez souvent soulevé, c’est celui d’un profond sentiment d’impuissance parfois ressenti par les policiers dans l’exercice de leurs missions.

Contrairement à ce que peuvent penser certains qui me lisent ici, je suis convaincu qu’une grande partie des policiers et policières qui rejoignent les rangs des forces de l’ordre le font parce qu’ils souhaitent apporter la paix et la justice autour d’eux.

C’est pour cette raison que je l’avais fait moi-même et c’est quand j’ai compris que je n’atteindrais jamais cet idéal que j’ai quitté ce métier.

Car malheureusement le quotidien auquel les policiers sont confrontés est bien différent de ce à quoi ils aspirent.
Les directives aberrantes, les contraintes administratives, le laxisme de certains chefs et, tout simplement, la dure réalité de ce métier font que les choses ne se passent pas toujours comme nous le souhaiterions.

Pour une personne que l’on aide, on en voit sombrer dix.
Et ça, pour ceux qui veulent vraiment protéger et servir, c’est dur à accepter et ça vient frapper solidement vos idéaux. Certains se font très bien à cette idée et deviennent d’excellents « fonctionnaires » qui appliquent à la lettre les normes et les règles.

D’autres parviennent à faire la part des choses entre leurs idéaux et le quotidien du métier.

Mais certains, plus fragiles, plus sensibles à la détresse ou frappés eux-mêmes par la vie, ne parviennent pas à « dealer » avec ça.

Je ne veux pas ici à caricaturer, chaque personne qui se suicide a ses propres raisons et je viens d’un pays où quarante policiers se suicident chaque année…

Je tiens juste à apporter une modeste pierre à l’édifice que l’on devrait construire pour protéger les hommes et les femmes qui nous protègent. Les protéger autant que possible contre ces passages difficiles qui touchent chacun à un moment ou un autre. Ces instants où la tentation de la mort peut prendre le dessus sur l’instinct de survie, surtout quand on porte avec soi en permanence de quoi se la donner en toute simplicité.

J’ai connu plusieurs policiers qui se sont sont suicidés. Beaucoup trop.

Je fais partie de ceux et celles qui sont souvent critiques avec l’institution policière et les policiers ou policières qui se montrent indignes de la mission qui leur est confiée.
Mais je connais cette peine et ces frustrations qui montent en nous et s’accumulent à chaque fois que l’on s’est senti impuissant à aider ou sauver quelqu’un.
Je connais ce poids qui s’accumule un peu plus chaque jour sur les épaules de ceux et celles qui œuvrent sincèrement à aider et sauver les autres.

Je veux leur dire de ne pas lâcher prise quand ils croient que tout est perdu et d’aller chercher de l’aide, du soutien, du secours… d’aller parler à un ami, un collègue, de rejoindre une association.

De ne pas laisser la mort et le silence gagner.

Comme nous sommes parvenus à le faire… François, Claude, moi et tant d’autres qui avons dû, nous-aussi, affronter nos démons.

– Paru au JdM le 25 avril 2014

Le rétro patinage du SPVM sur le P6

La victoire du Canadien sur le Lightning a été l’occasion d’une séance de patinage peu artistique de la part du SPVM au sujet de l’application, ou pas, du règlement P6 à l’issue du match.

En effet, après avoir dans un premier temps affirmé que le règlement P6 serait appliqué en cas de regroupement d’après match, un message envoyé sur Twitter par le compte officiel du SPVM est venu semer le doute et a lancé une rapide polémique sur les médias sociaux quant aux conditions d’application du fameux règlement par le service de police.

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Ainsi, dans le cas de l’investissement de la voie publique par des partisans enflammés, le SPVM informe les citoyens qu’il ne fera pas appel au règlement en question.
Bien entendu cette prise de position qui laisse penser que le SPVM décide quelle manifestation est à empêcher avec le P6 et quelle autre ne l’est pas a soulevé un tollé de la part de citoyens qui dénonçaient le « deux poids et deux mesures » du corps policier.

Peu de temps après ce message, le responsable des relations publiques du SPVM, Ian Lafrenière, expliquait que tous les moyens légaux, y compris le code criminel, seraient employés pour réprimer les débordements.

Ayant déjà abondamment critiqué la possibilité pour un corps policier de décider de sont propre chef d’appliquer un règlement en fonction du type de manifestation, je ne reviendrais pas sur ce point.

La SPVM indique de sont côté que les gens qui se regroupent dans la rue après le match ne forment pas une manifestation proprement dite, personne n’appelant à se retrouver, et comme il ne s’agit pas d’une manifestation et il n’y a pas lieu de demander un itinéraire.

Il me semble pourtant que ce point de vue est mis à mal par le texte même du règlement qui ne fait pas de différence entre les différentes formes de regroupement.

Capture d’écran 2014-04-23 à 21

Mais la question n’est pas là et chacun se fera une idée en lisant le texte…

Le point où je veux en venir est plutôt celui de la responsabilité du centre Bell ou d’un stade quel qu’il soit quand la foule importante qui le compose quitte les lieux pour se retrouver dans la rue.

Ne faudrait-il pas imposer aux lieux qui réunissent une telle foule de participer techniquement, par des vigiles et gens sur le terrain, à une évacuation paisible et ordonnée ?

Après tout, les patrons de bars ou clubs sont bien tenus responsables des débordements commis par leurs clients devant leurs établissements…

Ce ne serait pas si fou non ?

– Paru au JdM le 24 avril 2014

Le policier et son « ami » le Hells Angels

Dans un article qui paraît aujourd’hui dans le journal de Montréal, le journaliste Félix Seguin fait de nouvelles révélations sur le rôle trouble joué par l’ancien policier Benoit Roberge dans la mort d’un informateur, Dany Kane.
Selon les enregistrements dont il a pu avoir connaissance, le policier aurait encouragé l’informateur à se suicider.

Contrairement à ce qui s’est dit au moment où la sentence de Roberge a été connue, le policier était plus proche du Hells qu’il n’a bien voulu le dire.
Ainsi, Benoit Roberge discutait non seulement très régulièrement avec son « ami » Charlebois, mais il s’est aussi rendu au domicile de ce dernier.
Des relations bien plus amicales qu’elles n’y paraissent donc.

Dans un article daté du 10 octobre dernier, je faisais la liste des éléments qui relient le policier Roberge à la mort de plusieurs informateurs dont il était plus ou moins proche.

Claude de Serre, Dany Kane et René « Balloune » Charlebois, tous les trois informateurs de police et tous les trois en lien avec Benoît Roberge sont tous décédés de mort violente.
Pour ajouter au mystère, il faut rappeler que René « Balloune » Charlebois n’est autre que l’assassin de Claude de Serre.
Malgré le fait que sa voix ressorte sur l’enregistrement du « body pack » de Claude de Serre au moment de sa mort, il aura fallu attendre de longs mois avant que Charlebois ne soit finalement identifié.

Était-il si difficile que cela de reconnaitre la voix du Hells Angels pour les policiers et le « spécialiste » Benoit Roberge ?

Autre interrogation : a-t-il été question des circonstances de la mort de certains de ces informateurs lors de la négociation de l’entente conclue entre Benoit Roberge et la poursuite ?

Une réponse à laquelle seules les deux parties concernées seraient en mesure de répondre.

– Paru au JdM le 22 avril 2014

Parution du rapport sur le printemps 2012

Le rapport de la commission Ménard sur les évènements du printemps 2012 est en ligne ICI.

Il est particulièrement incisif et visiblement très critique pour le travail des forces de l’ordre.

De très nombreux passages de mon ouvrage Enquête sur la police sont cités dans ce rapport et plusieurs de mes recommandations sont reprises.

Je ferai un point sur le contenu du rapport après lecture complète… celui-ci fait plus de 450 pages !

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