Twitter modère modérément.

J’ai déjà eu l’occasion, à de nombreuses reprises, de dire tout le mal que je pensais de l’attitude laxiste des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter face aux nombreux délits qui y sont commis (apologie du terrorisme, harcèlement, diffamation… entre autres) ou de leur incapacité à différencier les comptes nuisibles des autres.

J’ai aussi rédigé ici un article sur le sujet des faux comptes sur ces mêmes réseaux et donné plusieurs entrevues pour expliquer comment ils facilitaient, par leur négligence, la radicalisation et le recrutement terroriste.

Nous avons eu droit, ces derniers mois, à plusieurs articles qui nous expliquaient que Twitter avait supprimé des centaines de milliers de comptes qui se livraient de la propagande terroriste…

Tout cela ressemble évidemment à une belle opération de communication à l’occasion de laquelle on nous explique combien il est difficile de détecter ces comptes puisqu’il n’existe pas « d’algorithme magique pour identifier les contenus terroristes sur Internet »…

D’après ce que m’ont expliqué ceux pour qui les algorithmes sont le pain quotidien, il ne serait pourtant pas difficile d’identifier selon des procédés automatisés ceux qui utilisent le matériel visuel de Daesh, ne serait-ce que pour faire un premier tri entre les militants de Daesh et ceux qui reproduisent son iconographie à des fins d’information…

Ma conviction est que les compagnies qui se sont positionnées sur le créneau du réseau social considèrent les processus de contrôle et de gestion des dérives qui s’y produisent comme des coûts qu’ils rechignent à assumer.

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Caméras corporelles, acte 1.

Ce lundi matin, le 84è congrès de l’Acfas a été l’occasion d’assister à plusieurs conférences intéressantes sur la question du port des caméras corporelles pour les policiers et des caméras embarquées dans les autopatrouilles.

De nombreuses limites légales et techniques

Les premières des questions qui sont généralement abordées sur l’utilisation des caméras par les corps policiers sont évidemment celles des limites légales de l’exercice, puisque la question du respect de la vie privée des citoyens, mais aussi le droit à un procès équitable sont – entre autres – au coeur de la question.

Policiers, chercheurs et procureurs se sont donc succédés au tableau pour aborder les limites de l’exercice dans lequel de nombreux corps policiers hésitent à se lancer pour des raisons différentes qui ne tiennent pas uniquement aux enjeux juridiques mais aussi financiers.

Les interventions ont amené des interrogations aussi variées que : doit-on filmer en présence d’un mineur ; le policier peut-il prendre l’initiative d’allumer, mettre sur pause ou couper la caméra sans risquer de porter atteinte aux droits des citoyens concernés ; la vidéo peut-elle être vue par le patrouilleur avant la rédaction de son rapport, un rapport de visionnement doit-il être fait ; qui pourra avoir accès aux images ; les images peuvent-elles servir d’outil de contrôle de formation pour les policiers, comment conserver les images et quels supports techniques utiliser ?

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Twitter est-il capable de différencier les bons des méchants ?

Si tout le monde ne s’entend pas sur la nature exacte du rôle joué par les réseaux sociaux dans la problématique de la radicalisation et du recrutement terroriste, leur rôle central sur cette question commence toutefois à faire l’unanimité entre chercheurs, policiers et autres observateurs attentifs du phénomène.

Pourtant, malgré quelques déclarations de bonnes intentions annonçant la suppression de plus d’une centaine de milliers de comptes qui ont « publié des menaces ou fait la promotion d’actes terroristes », Twitter continue manifestement de traîner la patte face à l’utilisation du réseau par des organisations qui en maîtrisent parfaitement l’usage et en font un parfait outil de recrutement terroriste, comme le démontre l’expérience que j’ai menée sur Twitter pour mon dernier ouvrage.

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Les réseaux antisociaux

Les faux comptes qui pullulent sur Facebook servent, c’est bien connu, à toutes sortes d’arnaques plus ou moins bien organisées et plus ou moins faciles à détecter.
Mais pas seulement, puisque, à l’occasion de la médiatisation des disparitions d’adolescentes à Montréal, il n’est pas inutile de rappeler que certains de ces comptes servent aussi au recrutement de jeunes mineures pour différentes activités a caractère sexuel, allant jusqu’à de la prostitution.

Les comptes en question, nombreux et très actifs contactent directement de jeunes adolescentes pour leur proposer des activités très lucratives comme participer à un réseau de webcam « sexy » ou devenir hôtesse de maison de jeu en lingerie sexy, quand ce n’est pas accompagner et fournir des services sexuels à des hommes d’affaire.

La photo de profil et le nom du compte sont plutôt discrets pour rassurer la recrue et surtout ne pas attirer l’attention des parents ou amis.

J’ai pu consulter cette semaine une proposition de ce genre, faite à une adolescente mineure par l’intermédiaire du système de messagerie Facebook Messenger.

Pour préserver la sécurité de la personne qui m’a fait suivre ce message, je ne peux le reproduire dans son intégralité, mais des propositions comme celles qui suivent ne prêtent guère à confusion :

« C’est pour accompagner des hommes d’affaires […] ça comporte un volet sexuel, mais pas toujours et c’est minimum 1500$… »

Les propositions qui sont faites en message privé sont souvent adressés à des jeunes filles mineures et il est ici clairement question d’incitation à de la prostitution.

Les fugues d’ados, gars ou filles, n’ont rien de nouveau, des milliers de jeunes disparaissent chaque année au Québec et même si une grande majorité d’eux-eux(elles) sont retrouvé(e)s, beaucoup de fugues restent inexpliquées.

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