Crash en Égypte, les hypothèses se réduisent.

Alors que les experts s’entendent pour dire que l’éparpillement des débris de l’Airbus A321 de Metrojet atteste du fait qu’il s’est désintégré en vol à une altitude plutôt élevée, la thèse de l’acte terroriste commence à prendre plus de consistance, notamment sur la base d’autres éléments qui apparaissent ce lundi dans cette affaire.

Tout d’abord cette déclaration de l’un des dirigeants de la compagnie, Alexandre Smirnov : 

Nous excluons une défaillance technique ou une erreur de pilotage. […] La seule cause possible est une action extérieure.

Mais surtout la revendication en provenance du groupe terroriste Égyptien affilié à DAESH  qui a annoncé « avoir provoqué le crash d’un avion » sans autre précision et une vidéo qui circule désormais sur les réseaux sociaux, reprise par plusieurs médias, montrant un avion en train de chuter au sol dans un grand panache de fumée noire après ce qui semble être une explosion.

De quoi évidemment renforcer la piste du terrorisme alors que l’on sait que depuis leur intervention largement médiatisée, les Russes s’exposaient à des représailles de la part des terroristes de DAESH.

Déni stratégique

Dans ce dossier, il faut bien comprendre que chaque partie défendra avant tout ses intérêts, à commencer par la compagnie Metrojet qui s’empresse de nier toute défaillance technique ou erreur de pilotage, ce qui lui serait en tout premier lieu préjudiciable.

L’Égypte, dont la fréquentation touristique est en chute libre ces dernières années aimerait ne pas avoir à reconnaitre que la sécurité de l’aéroport de Charm el-Cheick, qui est le second du pays après celui du Caire, s’est montrée défaillante.

La Russie, qui s’est donnée le beau rôle dans le combat contre DAESH, alors même que plusieurs autres pays mettent en doute l’intérêt de certaines des frappes menées,  devra expliquer aux Russes que l’engagement du pays aura pour prix à payer de nouvelles attaques terroristes contre ses intérêts qui sont déjà largement menacés, entre autres, dans le Caucase.

Une action crédible ?

La question de la revendication est importante car elle est – en attente d’éléments matériels – un élément clef du dossier et plusieurs spécialistes qui suivent les productions et déclarations de DAESH, comme le journaliste de RFI David Thomson, soulignent que DAESH n’a, à ce jour, jamais revendiqué une action qu’il n’aurait pas commise.

Si l’hypothèse de l’attentat devait s’avérer la bonne, quel serait alors le scénario cette action ?

Le premier scénario évoqué est celui d’un missile qui serait venu frapper en vol l’avion qui serait descendu bien en dessous de son altitude de croisière et cette possibilité pourra être validée ou infirmée par les résultats de l’analyse des boites noires ainsi que les expertises réalisées sur les éléments de l’avion lui-même.

Plus plausible, parce que déjà tenté à plusieurs reprises, l’attentat à l’intérieur même de l’avion par un individu embarquant avec des explosifs ou un bagage piégé.

Plusieurs tentatives de bombes à bord

Depuis Richard Reid, qui avait été maitrisé à bord d’un avion en décembre 2001 alors qu’il tentait de mettre à feu des explosifs cachés dans ses chaussures, plusieurs autres tentatives ont été menées, notamment par un Nigérian, Umar Farouk Abdulmuttalab, qui avait tenté de faire sauter le vol Amsterdam-Detroit en dissimulant des explosifs dans son slip !

En 2012, le FBI annonçait avoir déjoué une autre action du même type.

Notons que dans les deux cas où les hommes sont parvenus à monter à bord, ils avaient déjoué la sécurité des aéroports de Paris et Amsterdam, peu réputés pour leur laxisme.

Souvenons-nous aussi en 1994 un commando avait détourné un avion d’Air France (Vol 8969 qui devait relier Alger à Paris) en embarquant à bord directement par le tarmac en se faisant passer pour des policiers.

Ce n’est donc qu’une question de jours, voire de quelques heures, avant que les boites noires permettent aux experts de connaitre avec beaucoup d’exactitude les circonstances exactes de la dislocation en vol de cet avion.

Les expertises sur le terrain sont en cours et je parie qu’en ce moment même, les enquêteurs commencent à avoir une idée assez précise de ce vers quoi tendent leurs investigations…

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