Les stratégies du terrorisme moderne

Anglais et américains parlent d’une même voix pour avancer la thèse de l’attentat contre l’A321 de Métrojet comme étant la plus probable.

Avant d’aller de l’avant sur cette hypothèse, il faut rappeler que les relations parfois conflictuelles entre les pays intervenants en Syrie et Irak occupent une place importante dans la communication des autorités respectives sur cette affaire.

En effet, si la Russie et l’Egypte ont de solides raisons de tenter d’écarter la piste de l’attentat – le soutien de la population aux frappes aériennes pour les premiers et la crédibilité en matière de sécurité aéroportuaire pour les seconds – les américains et les anglais ont eux intérêt à faire savoir que la campagne de bombardements des Russes peut aussi avoir un prix à payer pour les citoyens russes, affaiblissant ainsi le soutien de la population aux choix stratégiques de Poutine.

Puisque l’hypothèse d’un attentat semble, par élimination, de plus en plus probable, il faut comprendre que la stratégie des organisations terroristes du type al-Qaïda ou Daesh est double et poursuit plusieurs objectifs.

Une double stratégie :

– « Frapper un grand coup », c’est-à-dire, reproduire un nouveau 11 septembre qui restera à nouveau plusieurs décennies dans les mémoires et aura un impact lourd sur le pays touché.

– Maintenir une pression constante et occuper l’espace médiatique aussi souvent que possible en exécutant régulièrement des attentats plus faciles à réaliser – parce qu’ils visent des objectifs moins importants et impliquent des logistiques moins lourdes – contre les intérêts des pays occidentaux.

Un double objectif :

– Rester présent dans les médias occidentaux et conserver, pour l’une et l’autre des organisations, le rôle « d’ennemi public numéro 1 » devant les autres organisations terroristes, renforçant ainsi leur image auprès de leur public cible en exécutant parfaitement la stratégie de communication habituelle des groupes djihadistes terroristes.

– Exercer une pression constante sur les autorités des pays occidentaux en les poussant à agir, ou mieux réagir, après les attentats aussi bien à l’intérieur des pays concernés par des lois de plus en plus sécuritaires qu’à l’extérieur par des interventions militaires tout en tentant de briser l’unité sociale de ces pays en créant la division par les débats qui ne manquent pas de naître de ces attentats et en renforçant la position des « vitrines politiques » de l’islam radical qui transposent ces enjeux dans l’espace public.

Ainsi, des attentats sont commis tous les jours en Irak, Syrie et autant que possible en occident par le biais d’une propagande et d’un appel au « djihad » désormais bien rôdé, en attendant que l’organisation parviennent à réaliser le « big one » qui fera le tour des médias de la planète.

À en croire les éléments qui commencent à s’accumuler en faveur de l’hypothèse de l’attentat, il se pourrait fort bien que Daesh tienne enfin, après les attaques menées en France contre le supermarché HyperCasher et Charlie Hebdo le « tour de circuit » tant attendu, cette fois sur son propre terrain…

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