Enquête interne sur les enquêtes internes…

Ce lundi 20 juin, TVA Nouvelles et le Journal de Montréal, annonçaient que le responsable des enquêtes internes du SPVM, monsieur Costa Labos, faisait l’objet d’une enquête criminelle, enquête qui serait menée par le service des normes professionnelles de la SQ (équivalent des enquêtes internes).

Plusieurs articles citent mon nom dans le cadre de ce dossier, une rencontre entre Roger Larivière et moi ayant fait l’objet d’une surveillance et d’un rapport faisant état d’un déjeuner entre lui et moi.

J’avais, quelques jours après ce déjeuner, relaté sur mon blogue du Journal de Montréal cette rencontre et la présence de policiers qui prenaient un copieux petit déjeuner dans un café de l’avenue Mont-Royal en même temps que nous. (Billet qui n’est malheureusement plus en ligne).

Le contentieux entre Roger Larivière et le SPVM remonte à bien avant ma rencontre avec lui, mais il semble que notre déjeuner, pourtant fait au vu et au su de tout le monde dans un endroit public, ait été le prétexte à chercher de nouveaux tracas à ce policier qui poursuit son employeur pour des « dommages importants » qu’il estime à 500.000$.

Le zèle mis à vouloir à tout prix mettre en cause Roger Larivière semble donc être ce qui a finalement mené à la conduite de cette enquête criminelle au sein même de l’organe policier censé contrôler l’honnêteté des policiers du SPVM.

Je crois qu’il est utile de préciser que Roger Larivière ne m’a parlé que de choses qui le concernaient personnellement et qui ne relevaient nullement de la violation du secret professionnel.

Si tel avait été le cas, il ne fait guère de doutes que l’enquête – aux méthodes désormais contestées – dont il a fait l’objet l’aurait démontré d’une façon ou d’une autre et ce ne serait pas le service des affaires internes du SPVM qui serait aujourd’hui dans l’eau chaude.

J’ai récemment écrit un article sur ce blogue pour expliquer, entre les lignes, que la « chasse aux sorcières » dont ont parlé certains journalistes à l’occasion du départ de Ian Lafrenière, remontait en fait à plusieurs années et dépassait largement le simple cadre des actions prises en interne contre des policiers soupçonnés de parler avec des journalistes.

Il reste ainsi encore beaucoup à raconter sur la façon dont le SPVM et certains de ses cadres se comportent envers certains de leurs policiers, mais aussi envers ceux qui, comme moi, viennent parfois lever le voile sur une culture du secret solidement ancrée dans les pratiques de ce service.

Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, pourtant prompt à soutenir tous les policiers mis en cause, déclare d’ailleurs dans un communiqué de presse de ce matin, au sujet du chef des affaires internes :

« C’est évident qu’avec une enquête de cette nature pesant sur lui, il n’a pas la crédibilité ni la légitimité nécessaires pour assumer un rôle de surveillance de la probité de nos membres »

Je vois donc mal comment la SQ, dont les agents sont à l’origine des soucis causés à Roger Larivière (voir le document en tête de cet article), pourrait aujourd’hui enquêter en toute objectivité.

Et ce n’est certainement pas une enquête des normes professionnelles de la SQ qui viendra mettre à jour les méthodes mises en oeuvre ces dernières années par certains cadres du SPVM pour protéger à tout prix « l’image » du service.

C’est pourquoi je souhaite que cette enquête ne soit pas conduite par la Sûreté du Québec puisque ce service est partie prenante dans ce dossier qui manque déjà cruellement de transparence.

J’estime qu’une telle affaire, qui est susceptible de mettre à jour un mode de fonctionnement qui dépasse largement le dossier de Roger Larivière et qui implique de hauts responsables du SPVM, devrait pouvoir être traitée par le Bureau des Enquêtes Indépendantes, ce qui n’est juridiquement pas envisageable actuellement…

Étant partie prenante dans certains de ces faits et pouvant avoir à intervenir à travers des démarches juridiques, je ne commenterai pas ce dossier dans les médias.

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Un commentaire

  • Garneau Diane 23 juin 2016   Répondre →

    Merci pour toutes ces informations M. Berthomet

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