État d’urgence : le provisoire qui dure

Il y a bientôt un an, je décrivais dans un article l’état d’urgence comme « une rustine sur une chambre à air usée jusqu’à la corde » et j’ai souvent répété depuis que la mesure serait prolongée, non pas pour des raisons objectives de sécurité des français, mais par opportunisme politique.

Ainsi, la mesure sera donc prolongée jusqu’aux prochaines élections présidentielles

On parle de responsabilité face à la menace terroriste et de lucidité…

Pourtant l’état d’urgence n’est rien d’autre qu’un chiffon rouge agité dans les médias par des responsables politiques incapables de prendre la situation à bras-le-corps.

Une situation qui réclame des réponses adaptées, mesurées, précises, en déployant d’importants moyens répressifs mais en ne les utilisant pas n’importe comment et en ne « brûlant » pas ses meilleures ressources en les utilisant 24h/24h pour des missions qui s’avèrent le plus souvent de seconde importance.

L’état d’urgence, c’est une fuite sécuritaire en avant qui n’a pas pu empêcher l’attentat de Nice alors même que peu de temps avant ce drame, le président de la République avait envisagé de ne pas prolonger la mesure.

Peu importe finalement pour les politiciens que cela soit peu efficace et même peut-être contre-productif en utilisant des ressources et des moyens qui seraient certainement mieux employés s’ils étaient utilisés de façon efficiente.

Peu importe que cet immense plan de sécurité national n’assure qu’une protection toute relative au prix d’immenses concessions aux libertés individuelles.

Comme le plan Vigipirate, activé de façon discontinue depuis 1991, puis installé de façon permanente depuis plus de dix ans en France, renforcé ensuite par l’opération Sentinelle devenue un faux symbole de la sécurité renforcée des français par une présence militaire massive dans les grandes villes, l’état d’urgence fait partie de ces « mesures exceptionnelles » qui se sont installées dans la durée par lâcheté politique.

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Avec l’état d’urgence, il fallait donner aux français le sentiment d’une nouvelle action forte, à l’échelon national, qui puisse être facilement expliquée et justifiée au plus grand nombre.

Voilà qui est fait et voici désormais les responsables politiques français prisonniers de cette fausse bonne idée, prise à la va vite après les attentats du 13 novembre 2015.

 

 

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Un commentaire

  • Garneau 21 novembre 2016   Répondre →

    j’ai lu intégralement toutes les informations de votre blogue, Merci pour ces informations toujours très pertinentes. Diane Garneau

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