Force excessive

Il n’est pas rare que des individus arrêtés soient blessés à l’occasion des interventions policières.
Au Québec, plusieurs cas significatifs sont venus remplir les colonnes des faits divers avec toujours ces mêmes questions, « Pourquoi et comment ? »
Le plus souvent la situation dérape parce que les personnes arrêtées opposent une forte résistance qui conduit les policiers à devoir employer un niveau de force supérieur à un simple contact physique. Mais un observateur exercé saura aussi que ce n’est pas toujours le cas.
Lorsque j’étais policier, j’ai participé à des centaines d’arrestations, du petit délinquant en pleine rue au terroriste recherché et armé dans une voiture jusqu’au commando entier de terroristes dans un appartement. Aucune de ces arrestations ne ressemblait aux autres et chacune de ces situations pouvait conduire à des blessures pour les policiers ou les suspects.
Il existe cependant une constante qui veut que ce soit plus souvent dans les opérations de routine, les « petites » arrestations, que les choses dérapent.
J’ai du plus souvent employer la force et parer des coups en arrêtant de petits délinquants dans la rue au début de ma carrière que des terroristes ensuite.
Mon explication est que la seconde situation est plus codifiée et souvent mieux préparée.
Aussi, que les policiers sont mieux entrainés et préparés dans les services spécialisés que lorsqu’ils sont affectés aux patrouilles dans la rue.
À qui la faute ? Avant tout au système bien entendu, qui n’offre pas à ses agents les moyens d’agir avec toutes les compétences utiles.
L’exemple ci-dessous, sur la base d’une intervention de la police américain, est typique de ce à quoi l’incompétence peut mener.
Dès les premières secondes, lorsqu’elle se retourne pour présenter ses bras en arrière, la jeune femme aurait pu être menottée.
Puisque cela semblait difficile sans point d’appui, on pourrait comprendre que cela soit fait alors que les deux policiers tiennent la femme par les bras le long de leur véhicule.
Or, il n’en est rien. Comme nous le voyons clairement ci-dessous, ils sont incapables d’appliquer correctement les techniques de contrôle articulaire et de clef de bras qui permettent à presque n’importe quel duo de policiers de prendre le contrôle d’un suspect.

Ces deux policiers disposent des moyens physiques nécessaires pour maitriser cette femme qui semble en état d’ébriété, mais ils sont incapables d’employer les bonnes techniques pour parvenir à la menotter et font déraper la situation en la projetant au sol avec violence, frappant au passage le capot de la voiture.
Il est certain que cette femme résiste à son arrestation, mais avec des techniques bien acquises et bien employées ces deux policiers auraient pu la maitriser sans heurt et sans cet excès de violence.
Une clef de bras est douloureuse, mais c’est une solution bien préférable à un projection au sol avec un genoux posé sur la face.
Les policiers de cette vidéo commettent à mon avis des violences illégitimes par manque de professionnalisme.
Ils devraient être sanctionnés pour cela, mais leur employeur, celui qui est censé leur donner une formation adéquate, devrait tout autant avoir à payer pour cet échec.

– Paru au JdM le 11 novembre 2013

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