Il faut un registre des armes à feu pour le Québec

Finalement, le Québec a peut-être encore une chance d’avoir un jour un registre des armes à feu. Même mince, cette chance doit être tentée car un registre des armes à feu est un outil utile à plus d’un motif.

Un tel registre n’est pas plus contraignant que celui des permis de conduire et l’argument de l’atteinte aux libertés individuelles n’a aucun sens si nous considérons le nombre de fois où nous acceptons d’être fichés pour des motifs bien moins importants que celui de détenir une arme.

Si ce fichier est coûteux, c’est certainement plus parce qu’il est mal conçu qu’autre chose. Tous les pays disposent de fichiers de toutes sortes qui vont des permis de conduire jusqu’à l’ADN et personne n’a jamais entendu parler de problèmes de coûts pour ceux là. Pourquoi celui-ci serait alors spécifiquement coûteux ?

On dit que le registre des armes à feux n’empêchera pas quelqu’un de tuer avec son arme.
C’est en partie vrai, en partie seulement car si ce fichier permet d’identifier rapidement le détenteur d’une arme, cela peut s’avérer très utile pour l’empêcher de nuire à nouveau en donnant de précieux éléments pour les policiers.

Pour les policiers justement. C’est le plus souvent lors des visites à domicile que les policiers sont blessés ou victimes de tirs par des citoyens et il est donc primordial pour leur sécurité qu’ils puissent interroger un fichier – qui soit convenablement tenu – pour savoir dans quel type d’intervention ils s’engagent et en adapter éventuellement le niveau en appelant les groupes d’intervention s’il apparait que le propriétaire des lieux possède une arme à feu.

En France, j’ai assisté dans les années 90 à la disparition du fichier qui était alors détenu par chaque poste de police pour les résidents du quartier. Cet outil permettait aux policiers de faire un suivi précis des armes à feu et a souvent aidé à identifier rapidement l’utilisateur d’une arme avant qu’il ne récidive. Après son démantèlement, on aurait dit que les armes avaient « disparues dans la nature » phénomène plutôt inquiétant pour qui se préoccupe de la sécurité de ses concitoyens.

Bien entendu, cela ne change rien pour les criminels qui se servent d’armes acquises sous le manteau. Cependant, il s’agit là d’un argument fallacieux, car si on considère qu’il y a un danger à voir circuler des armes sous le manteau il n’y a donc aucune raison que l’on ne souhaite pas essayer de réglementer, autant que possible, la circulation de celles légalement achetées pour éviter justement qu’elles ne rejoignent un jour le trafic.

– Paru au JdM le 21 novembre 2013

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