Info-Calypse now

UN ARTICLE DE BUZZFEED

Pour une fois, j’utilise un titre qui n’est pas le mien car je crois qu’il n’y en a pas de meilleur pour décrire la situation à laquelle nous faisons face. 

C’est sur ce site « d’information » qui donne un peu trop dans le spectaculaire et le people à mon goût, que je suis tombé sur cet article particulièrement intéressant sur la question de l’info. 

Plutôt que de vous en parler ici en long et en large, je vous laisse aller le lire ICI après avoir introduit le sujet avec cette citation. 

Que se passe-t-il quand n’importe qui peut faire croire que n’importe quoi est arrivé, que ce soit vrai ou pas ? 

CELA COMMENCE PAR LES PLUS JEUNES

Cela rejoint une préoccupation qui est la mienne depuis un certain temps et dont je sais qu’elle est partagée par beaucoup de parents autour de moi.

Depuis que j’ai autorisé un accès – limité – à Youtube à mon fils de 10 ans, il ne se passe pas une semaine sans qu’il ne me parle d’un théorie fumeuse, quand elle n’est pas complotiste, qu’il a vu sur Youtube.

J’ai beau avoir limité ses accès au maximum et vérifié moi-même que les sujets des vidéos en questions ne sont pas bien « méchants » (Le youtoubeur X découvre un trésor / le code qui ouvre toutes les machines à boisson / le gars qui a crée une nouvelle espèce animale dans son sous-sol…) il n’en reste pas moins que dès leur plus jeune âge, nos enfants sont confrontés aux fake news en quantité…

Évidemment, les algorithmes du réseau favorisant les sujets similaires, il enchaîne des vidéos plus absurdes les unes que les autres… Et l’on revient au sujet de l’article cité ci-dessus…

 

Les motivations qui régissent ses plus grandes plateformes sont calibrées pour récompenser des informations souvent trompeuses, polarisantes ou les deux. Des plateformes comme Facebook, Twitter et Google donnent la priorité aux clics, aux partages, aux publicités et à l’argent au détriment de la qualité de l’information, et Aviv Ovadya ne parvient pas à se débarrasser de la sensation que tout cela va déboucher sur quelque chose de néfaste : un genre de seuil critique de désinformation addictive et toxique.

                                                                                                                                                                                                                                                         

CROIRE AUX FANTÔMES

Je sais bien que de nombreuses générations ont cru aux histoires de fantômes ou de revenants et autres esprits frappeurs ou aux contes et récits les plus incroyables les uns que les autres.

Mais ces histoires et ces légendes ne remettaient pas en cause notre réalité et la façon dont un jeune va construire sa vision de ce qui l’entoure.

Au contraire pour les jeunes de la génération des réseaux sociaux, c’est sur leur vision du réel, celle du monde qui les entoure que ces vidéos on un gros impact.

Et c’est justement le titre d’un article du très sérieux Washington Post écrit par Aviv Ovadya : « What’s worse than fake news? The distortion of reality itself. »

PROTÉGER LES PLUS JEUNES

Comme l’immense majorité des parents, je suis très attentif à la façon dont mon fils commence à entrevoir le monde et je dialogue autant que possible avec lui pour tenter de lui démontrer que beaucoup de choses sur Internet ne sont pas vraies.

Je lui explique qu’il faut se développer son esprit critique et toujours se questionner au sujet de ce qu’on voit et ce qu’on lit…

Mais, comme vous le savez, un enfant croit que ce qu’il voit et il est bien difficile de lui faire admettre que toutes ces mises en scènes ne sont que des trucages pour lui faire croire à des choses qui n’existent pas…

« Mais pourquoi les gens inventeraient ? » est sa principale réponse…

Parce qu’ils ne cherchent pas la vérité mais la visibilité mon fils…

Et ils font tout ça pour le Clic !

Pour le dieu du Clic dont il va te falloir apprendre à te méfier dès à présent !

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2 commentaires

  • Jean-Victor Côté 23 mars 2018   Répondre →

    L’article de BuzzFeed ne mentionne pas la possibilité de fraude par imposture grâce à la simulation de la voix. Si Stephen Hawking pouvait sembler parler en dactylographiant un texte, alors il pourrait être possible de converser au téléphone de la même façon à l’aide d’un synthétiseur reproduisant la voix de la personne pour laquelle on essaie de se faire passer. Cela peut être critique dans le cadre de procédures d’identification. Dans cette perspective, il est alarmant de constater qu’il suffit de quelques minutes d’enregistrement d’une voix pour qu’un logiciel puisse la reproduire.

  • Gilles Dufort 23 mars 2018   Répondre →

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt ces deux articles. Cest là que l’on réalise toute l’ampleur que la manipulation de l’information pourrait prendre dans les prochaines années et ainsi, influencer le comportement et la façon de penser des masses. Fini, le libre-arbitre. On se dirige possiblement vers 1984…
    Il devient urgent de sensibiliser les citoyens de ces dangers et en partant, de commencer avec les jeunes pour qui les médias sociaux sont source de vérité.

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