La France à l’heure du Vel’ d’hiv’

Éric Ciotti, député du Parti Les Républicains et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, vient de s’illustrer après l’attentat commis en France contre le train Thalys en disant : « Je propose qu’il y ait une surveillance plus fine et que les individus fichés, qui représentent une menace réelle, soient placés en centre de rétention avant le passage à l’acte. »

Bienvenus à Guantanamo

Il fallait évidemment s’attendre à ce genre de dérapage dans un pays où les politiciens ont abandonné depuis bien longtemps leurs responsabilités pour le cumul des mandats, les comptes en Suisse et la Légion d’honneur pour l’ami chanteur.
Il ne reste pour la droite comme la gauche – que la plupart des français tiennent conjointement responsables de la situation actuelle – que les rodomontades et les solutions répressives à l’emporte-pièce, décidées sur un coin de table entre la poire et le fromage.
Au final, pour nos Don Quichotte du terrorisme, ce qui a conduit les américains à bafouer les conventions internationales en internant des individus des années durant dans une prison dont ils ne savent plus comment se dépêtrer aujourd’hui serait donc une solution pour l’Hexagone.

La France en est là.

Cette faillite politique, celle des valeurs de la société française, il n’existe pratiquement plus aucun moyen de la dissimuler aux yeux des Français qui n’en peuvent plus de vivre dans un pays qui n’en fini pas de toucher le fond dans tous les domaines.

C’est ainsi que des élus, des cadres de partis politiques qui ont diminué les effectifs policiers et appauvris les moyens des principaux services de police depuis plus de 20 ans pendant que leurs ministres se gavaient avec les enveloppes de fonds spéciaux, déboulent aujourd’hui dans les médias avec des solutions aussi stupides qu’impossibles à mettre en place.
Et pour cause, puisque si la police n’est pas capable d’exercer une surveillance assidue de tous les individus faisant l’objet d’une fiche « Surveillance du territoire » (Fiche S), on se demande bien comment nos valeureux policiers pourraient réunir un minimum d’éléments à charge contre près de 5000 personnes fichées.
À moins bien sûr, de songer à utiliser le Vélodrome d’hiver dans les mêmes conditions qu’en juillet 1942 !

Nommer l’ennemi

Plus près de nous, au Québec, on lit qu’il faut « nommer l’ennemi ».
Comme si personne ne savait que ceux qui agissent contre nous sont les thuriféraires du salafisme et leurs recrues.
Comme si Al-Qaïda et Daesh ne nous avaient pas déjà clairement fait part de leurs intentions.
Comme s’il y avait un autre ennemi qui ne disait pas son nom…
Suivez le regard, puisque ce ne peut être seulement le terroriste, cela peut être la religion, la culture ou la communauté dont il se prétend le défenseur tout en massacrant allègrement ses frères musulmans aux quatre coins du monde.
Certains ne se sont visiblement jamais remis du Choc des civilisations de Huntington.

En guerre contre qui ?

On nous parle d’une guerre.
Une guerre qui se déroule, non pas à l’autre bout du monde, mais sur le sol des pays Occidentaux.
Comme si, lorsque la situation est grave, il faut oublier le sens et la portée juridique de certains mots.
Nous ne sommes pas en guerre sur nos propres territoires, car si nous l’étions nous serions en guerre contre nous-mêmes.
Nous serions en guerre contre nos propres ressortissants qui, embrigadés par un discours radical haineux, se retournent contre nous au nom d’une idéologie falsifiée à laquelle ils ne comprennent pratiquement rien.
Sommes-nous en guerre contre Michael Zehaf-Bibeau ou Martin Couture-Rouleau ?
Non, car nous tentons de les arrêter et les condamner comme des terroristes selon les règles du droit criminel et non celles de la guerre.
Ces deux là sont ils en guerre contre nous ?
C’est certainement ce qu’ils croyaient et c’est du moins ce que ceux qui ont contribué à leur radicalisation leurs ont fait croire.

J’ose espérer que nous sommes plus intelligents que nos adversaires et que nous répondrons au terrorisme par notre courage et nos principes au lieu de tomber nous aussi dans le piège de l’idéologie.

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3 commentaires

  • Gilles Aerts 28 octobre 2016   Répondre →

    Toujours très intéressant et bien écrit… mais attention à l’orthographe! 🙂

    • Bth 29 octobre 2016   Répondre →

      Vous avez raison, j’écris malheureusement parfois trop vite et je ne me relis pas assez..

  • bernadette Girard 26 août 2015   Répondre →

    Ce sera toujours la guerre au terrorisme qui représente un danger pour l’humanité quelque soit sa teneur, son idéologie sinon cela voudrait dire baissons les bras face à cette extrême violence laissons nos valeurs, l’histoire de l’humanité de côté et oublions la démocratie. Malheureusement la vraie guerre n’est pas loin certaines puissances vont se réveiller pour qu’un certain ordre se replace dans le monde et que le fanatisme ne dirige pas le monde,

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