Ménard : circulez il n’y a rien à voir

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Alors voilà, le commandant Simoneau, responsable du quartier 21, trouve que « les manifestations se sont bien déroulées ».

Là où j’aurais été franchement surpris c’est que le commandant nous dise que certaines situations avaient pu déraper, que des policiers fatigués, usés nerveusement, avaient commis des gestes illégitimes… Mais qu’ils avaient, malheureusement mais comme il se doit, été sanctionnés.

Parce que la grande constante à retenir de l’attitude des corps policiers vis-à-vis des médias, comme devant la commission Ménard depuis le printemps 2012, c’est un déni systématique du moindre manquement, de la moindre faute commise. Des fautes que les citoyens, qui ne sont pas plus stupides que les policiers, sont capables de comprendre et même, dans une certaine mesure, d’accepter.

Car, tout le monde sait que les policiers n’ont pas été totalement irréprochables, pour la simple est bonne raison que c’était impossible dans de telles circonstances. Au lieu donc, de faire preuve d’un minimum de réalisme, le SPVM s’enfonce chaque jour un peu plus dans le déni et envoie au front médiatique ses soldats soutenir la ligne du parti.

Un déni qui ne peut à ce niveau que malheureusement relever du discours concerté, préparé et maintenu au quotidien dans le cadre d’une stratégie de communication décidée en haut lieu.

Une doctrine du « ni responsable ni coupable » qui s’étale sans gêne devant une commission d’examen qui n’a ni le pouvoir, ni la volonté, ni la capacité à bousculer un service tel que le SPVM, solidement organisé autour de sa stratégie.

Serge Ménard, malgré son passé ministériel ne dispose pas du bagage technique minimum pour poser les bonnes questions, remettre en doute les assertions policières ni même contredire les énormités avancées par certains. Nul besoin d’aller jusqu’à mettre en cause son intégrité pour pouvoir avancer que ni lui ni les deux autres membres de la commission ne viendront bousculer l’ordre établi.

Le voilà donc, le double échec de cette commission.

Au delà de son incapacité à apporter un regard honnête, pertinent et constructif sur le printemps 2012, Serge Ménard et ses deux assesseurs offrent une nouvelle tribune médiatique à ceux qui viennent y exposer à nouveau leurs talents et la qualité de leur travail, masquant leurs erreurs et leurs manquements sans aucune difficulté aux trois commissaires dont les seuls faits d’arme sont de pousser leurs interlocuteurs à reformuler leurs arguments pour arriver, au final, à dire sans rencontrer de contradiction : «[…] les fois où ça a débordé, on peut les compter sur les doigts de la main […] ».

La commission du printemps 2012 est morte, vive la prochaine commission.

– Paru au JdM le 25 octobre 2013

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