Ministre ou « chef de bande » ?

« Je ne me sens pas concernée par le rapport Ménard, mais pas du tout. Je considère que c’est une réponse politique à une commande politique. »

En lisant rapidement cette déclaration de Lise Thériault, la ministre de la Sécurité publique, je me suis d’abord dit qu’il ne fallait pas s’attendre à autre chose du jeu politique qui se joue en ce moment au sujet du rapport de la commission spéciale des évènements du printemps 2012.

Et puis, dans la seconde qui a suivie je me suis demandé si la ministre en charge de la paix publique, mais aussi du bon fonctionnement des organismes policiers dont elle assure – plus ou moins directement – la direction, se rendait bien compte de ce qu’elle disait.

Vingt-et-une recommandations du rapport Ménard portent uniquement sur la police.

En niant totalement l’intérêt technique et opérationnel de ces recommandations et en ne s’en tenant qu’à la partie « politique » du dossier, la ministre se fait la vie belle.

En effet, elle élude tout simplement le fait que si une partie du rapport peut-être teinté d’un certain  parti pris, il n’en reste pas moins qu’il est difficile de mettre de la politique dans la recommandation d’identifier clairement les policiers, faire du renseignement opérationnel avant les manifestations, ne pas utiliser de grenades assourdissantes, s’en prendre plus efficacement aux casseurs ou encore permettre à des gens détenus 7 heures durant de boire et d’aller aux toilettes…

Où est donc la manœuvre politicienne ici ? Nulle part !

Comme disaient l’autre, « quand tu veux tuer ton chien, dis qu’il a la rage » !

– Paru au JdM le 16 mai 2014

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