Plus loin avec 45e Nord

Il n’est pratiquement plus possible aujourd’hui de pouvoir développer un sujet sur plus d’une dizaine de minutes dans les médias traditionnels.

J’ai la chance de pouvoir m’y exprimer régulièrement et je m’y prépare en conséquence sachant quelles sont les contraintes pour que l’on réussisse à faire passer un message audible quand on est en direct à la télévision.

L’info en continu, le tumulte des sujets qui se succèdent – et ne se ressemblent pas – conduisent la plupart des médias à raccourcir de plus en plus un temps de parole pourtant consacré à des sujets complexes et importants.

Pour être juste, disons que la radio offre encore quelques belles fenêtres du genre, comme l’émission « Faut pas croire tout ce qu’on dit », animée par Michel Lacombe, mais ces lieux où le chrono ne brime pas la pensée sont rares.

Ce sont désormais d’autres médias qui prennent le temps de mener ces longues entrevues au cours desquelles on peut laisser dérouler sa pensée, articuler les raisonnements et faire le tour d’une question de façon satisfaisante.

C’est ce que fait par exemple l’excellent site 45e Nord, qui lance une nouvelle émission sur le web, Le briefing, que j’ai eu la chance d’inaugurer avec l’entrevue ci-dessous.

 

Stop djihadisme

Sous la pression des familles dont les enfants ont rejoint des groupes terroristes, la France étoffe son dispositif pour lutter contre la radicalisation et se dote d’un matériel de prévention de plus en plus intéressant.

Selon les dernières estimations il y aurait plus de 1500 engagés dans le djihad terroriste qui viennent de France.

Le site « Stop djihadisme » offre, outre de l’information, des vidéos qui donnent enfin une vision humaine de ce qu’est la radicalisation des jeunes.

Et cette fois, c’est important, les mots sont dits : les familles de jeunes radicalisés sont aussi des victimes du terrorisme.

 

 

Terrorisme d’ici et d’ailleurs

Quels sont les points communs entre Martin couture-rouleau et un jeune terroriste palestinien ou encore entre un jeune cégépien qui quitte le Québec pour la Syrie et un enfant soldat en Somalie ?

À part le mot terroriste qui leur colle à la peau, peu de choses en réalité si on regarde les contextes et les modèles de radicalisation ou de recrutement terroriste dans lesquels ils s’inscrivent.

Pourtant, dans la bouche de nos politiciens et dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens l’image de Daesh, en tant qu’organisation terroriste, semble s’imposer dans un même continuum idéologique et opérationnel sur les territoires syriens et irakiens comme au Canada ainsi que dans les pays où l’organisation inspire l’action de recrues du djihad terroriste.

Il n’en est évidemment rien, car ceci est surtout le résultat d’une propagande savamment orchestrée par Daesh et dont les  « lignes » sont indirectement reprises par les tenants du discours sécuritaire.

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Le PL59 ne luttera pas efficacement contre la radicalisation

« Par ces propositions, nous voulons renforcer nos interventions, nous doter de nouveaux moyens pour assurer la protection des personnes et sanctionner la diffusion de propos haineux et incitant à la violence. Notre société est riche de sa diversité, la crainte de l’autre, le rejet des différences font reculer le Québec » dit la ministre Vallée dans La Presse + le 11 juin 2015.

À quoi sert le PL59 ?

Selon les termes même du projet il s’agirait de mettre en place une « Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes. » 

Contrairement donc à ce qui a été annoncé sur plusieurs tribunes et à certaines déclarations faites lors de la commission, ce projet de loi ne se définit pas clairement comme un texte visant à lutter contre la radicalisation.

La ministre Vallée l’a dit et redit, ce projet de loi vise à lutter contre le discours haineux. Bien. Mais lequel et comment ?

Reconnaissons qu’indirectement, la vocation de lutte contre le discours haineux et le discours incitant à la violence prédestine tout de même ce projet de loi à lutter contre les propos radicaux qui sont à la fois l’expression d’une vision radicale ou intégriste et un vecteur de radicalisation.

Mais, en l’état actuel du projet, il est bien difficile de savoir comment cela pourra se faire.

Tout le monde convient en effet qu’il faut combattre les propos haineux et ceux incitant à la violence, mais manifestement tout le monde ne souhaite pas s’y prendre de la même façon.

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La nomination qui ridiculise l’ONU

L’Arabie Saoudite vient d’obtenir la nomination de Faisal bin Hassan Trad, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU à Genève, à la tête du panel du conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Au mois de mai dernier, plusieurs sources indiquaient que l’Arabie saoudite faisait le forcing pour obtenir une nomination de l’homme de Ryad en tant que Président du conseil des droits de l’Homme.

Comme le hasard fait bien les choses, Ryad recrutait dans le même temps de nouveaux bourreaux pour décapiter ou amputer les condamnés dont le nombre augmente chaque année au pays.

La chose est un scandale à plusieurs niveaux, tant par la nomination elle-même que par la méthode employée et la faiblesse de l’institution qui a pu laisser une telle chose se faire.

C’est l’organisation l’ONG UN Watch qui a révélé que, devant le risque de tollé face à une nomination à la tête du conseil des droits de l’homme, le choix de la direction du panel du conseil des droits de l’homme avait très certainement été négocié discrètement en échange du retrait de la candidature au poste de direction du conseil lui-même…

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Veni vidi vici Charkaoui

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu !

Ces mots célèbres prononcés au Sénat par Jules César après sa victoire sur le roi du Bosphore, Adil Charkaoui aurait pu les prononcer en quittant la salle de la commission des institutions à Québec.

Je l’imagine volontiers en effet retrouver ses ouailles et leur expliquer combien il a raison de dire que l’on brime sa liberté d’expression en montrant, à l’appui de ses propos, la vidéo de son passage à la commission des institutions sur le projet de loi 59. 

Car, en acceptant que monsieur Charkaoui se présente à la commission tout en agissant ouvertement de manière à entraver le plus possible son droit de parole, on a fait exactement ce que M. Charkaoui dit que l’on pratique à l’encontre des gens qu’il prétend représenter.

Le moment où, au prétexte du « décorum » on coupe la parole au représentant du Collectif québécois contre l’islamophobie, restera dans les annales de la commission comme la marque d’une opération politique qui a totalement échouée…

Face à l’habile et controversé débatteur qu’est monsieur Charkaoui, on avait deux choix.

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