Police, le « fameux » modèle New-Yorkais

Souvenez-vous, en plein campagne électorale l’ex-maire de New York Rudolph Giuliani est venu dispenser ses conseils de bonne gestion de lutte contre la criminalité aux candidats montréalais.

Et tout le monde de s’ébahir et plier les genoux devant l’efficacité du modèle New-Yorkais et son maire Giuliani qui avait, Ô miracle, réduit de 75% la criminalité dans sa ville.

On va certainement me taxer d’antiaméricanisme, mais j’ai beaucoup de mal avec cette admiration béate pour le fameux modèle américain dont on ne sait qu’un chiffre et si peu de ce qu’il en a coûté pour y parvenir.

N’oublions pas tout d’abord qu’avant Giulini, la ville souffrait, comme beaucoup de villes américaines, d’une criminalité endémique et qu’il n’est jamais bien difficile de réduire rapidement les premières statistiques par une action énergique.

La tendance baissière des chiffres de la délinquance est la même dans toutes les grandes villes et sans y appliquer une politique aussi extrémiste que celle de New-York, la plupart de ces villes observent des baisses naturelles de 40 à 45% des chiffres de la délinquance.

Mais qui se hasarde à regarder le détail des chiffres pour essayer de comprendre que si les atteintes aux biens baissent de façon spectaculaire à NYC – résultat de la théorie en place du « zéro bris de vitre », en réalité de tolérance zéro – les atteintes aux personnes, donc les crimes graves, restent particulièrement inquiétants dans la grosse pomme ?

Se demande-t-on vraiment si l’on veut payer le prix imposé aux New-Yorkais pour cette « sécurité » achetée à coups de policiers qui peuvent contrôler n’importe qui et n’importe comment ou faire feu sur un individu non armé en plein cœur du centre ville ?

Est-ce que nous voulons vraiment, nous qui nous interrogeons déjà sur les pratiques de nos policiers, de cette stratégie de la peur qui oppose les policiers aux différents groupes ethniques de la ville ?

Réfléchissons-y à deux fois, car si nous prenons réellement cette ville pour modèle, il ne faudra pas s’étonner que nous ayons, nous aussi, à en payer le prix un jour ou l’autre.

( Tableau : Chiffres en baisse du taux de criminalité au Québec.)

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Statistique Canada

 

 

 

 

 

 

 

– Paru au JdM le 6 novembre 2013

Le maire Rob Ford dans l’eau bouillante

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Document de cour – © National Post

La fameuse vidéo qui n’existait pas vient donc de refaire surface.

Est-ce le signal de la fin pour Rob Ford ?

Peut-être pas sur le plan judiciaire, après tout une vidéo de deux individus qui s’échangent quelque chose sur un stationnement ne prouve rien tant que personne ne vient expliquer en cour qu’il s’agissait de drogue.

Par contre, la bataille médiatique va être redoutablement difficile à partir de maintenant pour celui qui niait qu’une telle vidéo puisse exister.

Ne soyons pas naïfs, comme dit le proverbe « Quand ça a la forme du poisson et que ça sent le poisson… c’est du poisson ».

Dans le cas présent, tout accuse le maire Ford, des rumeurs concordantes jusqu’à ses dénégations qui ne veulent désormais plus rien dire face à ces images.

Au delà de l’affaire du maire Ford, cette histoire nous renvoie à une toute autre affaire, bien différente, mais qui possède un point commun avec ce dossier.

Les preuves numériques ne disparaissent jamais vraiment, le numérique n’est pas soluble dans la nature !

La vidéo qui n’existait pas vient de réapparaître et plus près de nous le policier Ian Davidson avait pris soin de mettre sur support numérique la liste des informateurs du SPVM qu’il avait dérobée à son propre service.

Selon la police, il n’existe pas de double de cette liste.

Suivant le même principe, il nous suffit de patienter, cette liste aussi va réapparaître un jour.

Celui entre les mains de qui elle aura été retrouvée en aura certainement long à dire sur cette histoire.

Ian Davidson était un informaticien, il savait que la liste qu’il possédait avait une incroyable valeur marchande.

Peut-on imaginer qu’il ne se soit pas assuré d’en déposer au moins une copie en lieu sûr ?

Nous connaissons maintenant le principe : tout corps numérique plongé dans la nature finit toujours par refaire surface.

Il suffit d’attendre.

– Paru au JdM le 31 octobre 2013

Le cancer djihadiste

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©REUTERS/Saad Abobrahim

Dans le journal de Montréal, François Bugingo livrait hier une analyse bien informée sur la délicate question des djihadistes.

Il y écrivait à la fin de cet article passionnant : La question n’est plus vraiment de savoir si nous allons bientôt payer pour cet imbroglio syrien, mais plutôt quand ?

En 2005, dans notre ouvrage « Le jour où la France tremblera », Guillaume Bigot et moi faisions état de cette même situation en parlant du Cancer djihadiste en France :

Les anciens d’Afghanistan, du Kosovo, de Bosnie, de Somalie ou de Tchétchénie deviendront des héros et inspireront le respect dans les cités. Au sein d’une jeunesse engluée dans le chômage de masse et gavée de films d’action, ces vétérans de la guerre sainte susciterons des vocations […] les filières du djihad tendront à se diversifier, rendant plus difficile la lutte contre la radicalisation d’une partie de notre jeunesse.

Les métastases des années 2000 sont devenus des cancers mondiaux et les services de renseignements, qui s’alarmaient déjà il y a 15 ans, doivent maintenant faire face à des retours de plus en plus importants de djihadistes dans la plupart des pays occidentaux.

Encore plus révoltés qu’ils ne l’étaient par les combats et la mort de leurs camarades dans les zones de conflit, entraînés et décidés à étendre le djihad sur la planète, ces hommes sont plus que des bombes à retardement car ils sont à la fois des terroristes en puissance, mais surtout de formidables agents de recrutement pour d’autres filières djihadistes et du terrorisme local.

Depuis les premiers attentats des années 1990 en France – liés à l’époque aux Groupes Islamiques Armés (GIA opérant principalement en Algérie) – le cancer du terrorisme islamiste n’a cessé  de gagner du terrain, combattu avec plus ou moins de réussite par les services antiterroristes, dans la quasi indifférence de la part des leaders politiques des pays occidentaux qui n’étaient alors pas directement visés.

L’imprévoyance et l’indifférence à une question qui semblaient alors contenue hors des frontières – et notamment hors du continent américain – sont des erreurs qui coûtent aujourd’hui très cher à la lutte mondiale contre le terrorisme.

Dans une entrevue donnée en 2008, qui faisait suite à une tentative d’attentat à Paris, je disais : «La question n’est pas de savoir s’il y aura un attentat mais plutôt quand et comment il aura lieu»

Cette phrase concernait la France. Elle est plus que jamais d’actualité.

Elle s’applique désormais à la plupart des pays occidentaux.

– Paru au JdM le 29 octobre 2013

Ménard : circulez il n’y a rien à voir

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Alors voilà, le commandant Simoneau, responsable du quartier 21, trouve que « les manifestations se sont bien déroulées ».

Là où j’aurais été franchement surpris c’est que le commandant nous dise que certaines situations avaient pu déraper, que des policiers fatigués, usés nerveusement, avaient commis des gestes illégitimes… Mais qu’ils avaient, malheureusement mais comme il se doit, été sanctionnés.

Parce que la grande constante à retenir de l’attitude des corps policiers vis-à-vis des médias, comme devant la commission Ménard depuis le printemps 2012, c’est un déni systématique du moindre manquement, de la moindre faute commise. Des fautes que les citoyens, qui ne sont pas plus stupides que les policiers, sont capables de comprendre et même, dans une certaine mesure, d’accepter.

Car, tout le monde sait que les policiers n’ont pas été totalement irréprochables, pour la simple est bonne raison que c’était impossible dans de telles circonstances. Au lieu donc, de faire preuve d’un minimum de réalisme, le SPVM s’enfonce chaque jour un peu plus dans le déni et envoie au front médiatique ses soldats soutenir la ligne du parti.

Un déni qui ne peut à ce niveau que malheureusement relever du discours concerté, préparé et maintenu au quotidien dans le cadre d’une stratégie de communication décidée en haut lieu.

Une doctrine du « ni responsable ni coupable » qui s’étale sans gêne devant une commission d’examen qui n’a ni le pouvoir, ni la volonté, ni la capacité à bousculer un service tel que le SPVM, solidement organisé autour de sa stratégie.

Serge Ménard, malgré son passé ministériel ne dispose pas du bagage technique minimum pour poser les bonnes questions, remettre en doute les assertions policières ni même contredire les énormités avancées par certains. Nul besoin d’aller jusqu’à mettre en cause son intégrité pour pouvoir avancer que ni lui ni les deux autres membres de la commission ne viendront bousculer l’ordre établi.

Le voilà donc, le double échec de cette commission.

Au delà de son incapacité à apporter un regard honnête, pertinent et constructif sur le printemps 2012, Serge Ménard et ses deux assesseurs offrent une nouvelle tribune médiatique à ceux qui viennent y exposer à nouveau leurs talents et la qualité de leur travail, masquant leurs erreurs et leurs manquements sans aucune difficulté aux trois commissaires dont les seuls faits d’arme sont de pousser leurs interlocuteurs à reformuler leurs arguments pour arriver, au final, à dire sans rencontrer de contradiction : «[…] les fois où ça a débordé, on peut les compter sur les doigts de la main […] ».

La commission du printemps 2012 est morte, vive la prochaine commission.

– Paru au JdM le 25 octobre 2013

Qui a tué l’informateur Claude de Serre ?

 

Où est le second meurtrier de Claude de Serre ?

Le Hell’s René « Balloune » Charlebois, condamné pour ce crime, n’était pas seul au moment de l’assassinat de l’informateur Claude de Serre !

Petit rappel des faits : en février 2000, l’informateur de la SQ et du SPVM, Claude de Serre, était tué d’une balle dans la tête alors qu’il était en mission d’infiltration pour laquelle il portait un « body pack », un micro dissimulé sur lui. Il était sous la surveillance de deux policiers qui disent avoir perdu sa trace alors qu’ils mangeaient au restaurant durant la surveillance de leur informateur.

Le Hell’s René « Balloune » Charlebois qui s’était évadé, on le sait maintenant, pour régler ses comptes avec l’ex policier Benoît Roberge a été le seul condamné plus de 4 ans après les faits. Pourtant…

Le deuxième homme !

À qui appartient la seconde voix sur l’enregistrement du « body pack » que portait de Serre au moment de sa mort ?

Car, mes sources m’indiquent que Claude de Serre, envoyé sur le terrain au contact de Hell’s angels aurait rencontré non pas un seul, mais au moins deux assassins ce jour là !

Une information qui n’est encore jamais ressortie de ce dossier…

Il a été interrogé par les Hell’s avant d’être abattu, puis transporté sur le lieu où on l’a découvert.

La seconde voix qui se trouve sur l’enregistrement du « body pack », n’a toujours pas été identifiée à ce jour !

Un informateur important sans « back-up »

Claude de Serre était un informateur important et tous les policiers à qui j’ai parlé me confirment que ceux qui portent sur eux un « body pack » le font parce qu’ils participent aux opérations de premier plan.

Pourtant, il continuait à être au contact d’individus dangereux alors même que l’on savait que la liste d’informateurs sur laquelle il se trouvait était aux mains des criminels !

On ne pouvait ignorer, du côté des policiers, qu’il y avait des risques pour de Serre.

Comment a-t-il pu se retrouver seul avec ses tueurs ?

Tous les policiers à qui j’ai pu parler de façon officieuse sont formels, Claude de Serre n’aurait jamais du être « perdu » !

Où étaient les policiers ?

Des policiers d’expérience au SPVM et à la SQ, sont d’accord sur un point : jamais ils n’auraient laissé seul un informateur de ce calibre dans une telle situation.

Mieux encore, à part de très rares exceptions, jamais un informateur avec un « body pack » n’est laissé sans un important dispositif policier de cinq à sept voitures et plusieurs enquêteurs pour intervenir si besoin.

« Perdre » un informateur dans la nature

Perdre la trace d’un informateur dans ses conditions aurait du déclencher une « alerte rouge » du côté des forces de l’ordre, avec pour but de retrouver coûte que coûte l’agent infiltré.

Au lieu de ça, les enquêteurs mangeaient paisiblement au restaurant.

Sont-ils rentrés tranquillement chez eux ensuite ou allés aux danseuses tandis que leur informateur se faisait assassiner ?

Un informateur gênant à en mourir ?

Encore une fois, une série incroyable d’incohérences vient jeter le doute sur les éléments d’une affaire à laquelle est lié le nom de Benoît Roberge !

Comment peut-on mettre des années à identifier la voix d’un Hell’s angel au casier judiciaire archi chargé, un proche de Mom Boucher ?

Et surtout, pourquoi le second homme n’a jamais été retrouvé ?

Qui sont ces policiers qui ont « perdu » de Serre et à quel service appartiennent ils ?

Benoît Roberge, l’ex policier en « affaires » avec René « Balloune » Charlebois est-il intervenu dans ce dossier ?
Était-il sur le terrain ce jour de février 2000, ou est-il intervenu dans l’enquête sur ce meurtre ?
Benoît Roberge a-t-il  contribué à améliorer les conditions de détention de Charlebois avant que celui-ci ne s’évade ?

Claude de Serre, Dany Kane et René “Balloune” Charlebois,  informateurs de police et liés de près ou de loin à Roberge sont morts.

Claude de Serre, a-t-il été délibérément envoyé à la mort ou lâché par les policiers ?

Ces questions ne peuvent rester sans réponse encore longtemps !

– Paru dans le JdM le 18 octobre 2013

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L’ex policier Roberge aurait volé des données confidentielles

La conjointe de l’ex-policier du SPVM Benoît Roberge, a été relevée de ses fonctions de procureure de la Couronne au Bureau de lutte contre le crime organisé.

Comme le répètent les journalistes depuis l’arrestation de Roberge, sa compagne n’est soupçonnée de rien.

C’est d’ailleurs bien logiquement que par mesure de précaution, elle a été relevée de ses fonctions et sera employée temporairement à un poste moins  sensible.

D’après mes renseignements, elle n’aurait réellement rien à voir avec les activités de Benoît Roberge, dont elle ignorait tout.

Malheureusement pour elle, dans le dossier Loquace dans lequel elle était procureure, plusieurs suspects seraient parvenus à échapper aux policiers en bénéficiant d’informations privilégiées.

Selon mes informations encore, Benoît Roberge aurait copié lui-même les données confidentielles au cœur de l’ordinateur de sa conjointe.

L’inquiétude gagne aussi, toujours d’après mes informations, les policiers de différents corps qui pourraient avoir à justifier d’avoir communiqué à Roberge lors de conversations informelles des informations sur leurs propres dossiers, sans pour autant avoir si que celui-ci allait s’en servir à des fins criminelles.

Des renseignements qui pourront certainement être vérifiés rapidement par les enquêteurs afin de mettre sa conjointe hors de cause.

– Paru le 11 octobre 2013

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