Ce que nous devons au 11 septembre 2001

J’ai passé la semaine à me demander ce que l’on pouvait dire sur le 11 septembre qui n’avait pas déjà été dit et rabâché à longueur d’émissions « spécial 15 ans ».

Au passage, avez-vous remarqué ce souci des médias de souligner les 10/15/20 ans des évènements comme si, entre les deux, les autres années étaient de moindre importance ?

Même entre ces dates, nous devons garder en souvenir la mort de ces milliers de gens innocents et le sacrifice de tous ceux et celles qui sont intervenus ce jour là.

Rappelons, car c’est trop souvent oublié, que le 11/9 a fait des dizaines de milliers d’autres victimes qui n’étaient pas dans les tours et qui souffrent de nombreuses maladies liées à l’effondrement des deux tours.

Des milliers de victimes, dont certaines ont été contraintes de se battre pendant des années – encore aujourd’hui parfois – pour que leurs droits soient enfin reconnus.

De la même façon que les réponses militaires et sécuritaires n’auraient jamais dû prendre les directions empruntées par les États-Unis et certains de leurs alliés, notre façon de « célébrer » cette date aurait pu elle aussi prendre une toute autre forme, ainsi que l’explique cet excellent article de Vice.

Il n’est bien entendu plus temps d’essayer de revenir sur la façon dont victimes et coupables ont été instrumentalisés pour servir une vision du monde dont nous allons payer longtemps encore le prix, mais il n’est peut-être pas trop tard pour revoir un peu notre regard sur le 11/9 et ses conséquences.

En lire plus

Affaire Cédrika Provencher : la rive est proche mais le courant est fort…

Le nom et le visage sont connus de tous désormais.

Les liens entre pornographie juvénile et le crime horrible de la petite Cédrika Provencher sont tressés et même tricotés serrés dans les médias à tel point qu’ils semblent intimement mêlés sans que l’on sache vraiment jusqu’à quel point.

Ajoutez-y l’Acura rouge aux poignées chromées…
Les coïncidences sont troublantes il faut le dire. 

Et la parade du suspect a été poussée à son maximum par la justice et la police qui poursuivent une stratégie de pression qui ressemble de plus en plus à une tentative de la dernière chance.
En montrant ainsi le suspect, on souhaite « brasser la cage » mais aussi, certainement, obtenir une information nouvelle, un témoin, un élément quelconque qui puisse faire avancer une enquête qui manque cruellement de preuves solides.

Ce n’est pas faire insulte aux policiers que de le dire.
Ces enquêtes sont terriblement complexes, elles ont débutées à une époque où les moyens scientifiques des policiers étaient bien moins importants qu’aujourd’hui.
Et nous savons tous combien les policiers qui se sont succédé au dossier ont à coeur de le résoudre.

Nous voulons tous que le tueur de la jeune Cédrika soit identifié et condamné.

Nous souhaitons tous que justice soit faite.
Mais au milieu de tout ce tumulte médiatique, de ces cris, ces vociférations…

Je ne peux m’empêcher de penser : et si ce n’était pas lui ?

En lire plus

La politique du pire

Après Éric Ciotti, c’est au tour de Benoist Apparu, ancien ministre et membre du mouvement politique « Les Républicains », de nous sortir une énormité dans la surenchère démagogique qui souffle depuis quelques mois sur la France.

Cette fois, l’auteur de « Les 12 travaux de l’opposition: Nos projets pour redresser la France » s’est fait prendre la main dans le sac de nouvelles répressives qui semblent avoir été pigées au hasard dans un chapeau de clown.

Benoist Apparu a en effet réalisé une tournée des médias pour expliquer que ceux qui tentaient de se rendre à l’étranger pour faire le djihad pouvaient le faire en toute impunité :

« Aujourd’hui vous avez effectivement la possibilité de qualifier ce voyage, entre guillemets, ce djihad, d’entreprise terroriste. Pas la tentative. Or, on voit bien que dans la plupart des cas ce sont des jeunes qui effectivement vont jusqu’en Turquie mais ne peuvent pas pénétrer en Turquie donc reviennent en France. (…) Pour celui qui tente, aujourd’hui, nous sommes effectivement dans l’impunité. »

Or, comme l’ont expliqué ensuite plusieurs journaux français, non seulement la loi prévoit déjà cette possibilité, mais plusieurs jugements ont déjà été rendus en condamnant des tentatives de départ…

En lire plus

Réduire Daesh au silence (2) : les médias traditionnels.

Pris dans la tourmente des attentats qui frappent la France et plus largement l’Europe ces dernières semaines, certains médias français se décident enfin à changer leur façon de rapporter les faits reliés aux auteurs des actes de terrorisme.

Sans revenir en détail sur les différents errements dont plusieurs ont été soulignés et sanctionnés en France par le Comité Supérieur de l’Audiovisuel il apparaît clairement que les médias français se sont « égarés » à différentes reprises, en particulier sur le voyeurisme de certaines images ou entrevues et sur la publication de « fuites » procédurales bien inutiles à la compréhension des enquêtes.

Ci-dessous, un exemple de ce qui relève plus de la mise en scène d’un feuilleton terroriste que du registre de l’information équilibrée et impartiale à laquelle ont droit les citoyens dans des moments aussi pénibles.

En lire plus

Vaincre Daesh avec les « fiches S »

Depuis les attentats de Charlie-Hebdo, les fameuses « fiches S », pour sûreté de l’État, ont fait leur entrée sur le devant de la scène médiatique et sont devenues en quelques semaines un argument politico-marketing récurent dans la campagne menée tambour battant par les défenseurs du « Faites n’importe quoi, mais faites quelque chose ».

Dans le peloton de tête des activistes de la fiche S, on retrouve le valeureux Éric Ciotti (député Les Républicains dans les Alpes-Maritimes) qui, après avoir commencé par le placement en centre de rétention ou sous bracelet électronique des personnes visées par une fiche sûreté de l’État, propose maintenant leur expulsion  « sans délai ».

Voilà au moins, diront certains, une mesure qui a le mérite d’éloigner les méchants terroristes potentiels, tellement méchants et si « potentiels » qu’on les retrouve dans la plupart des attentats commis ces derniers mois en France.

Précisons au passage que là où certains voient le point faible du système antiterroriste français : « si les auteurs ont des fiches S, c’est que la police fait mal son travail », d’autres, dont je fais partie, voient la marque d’un manque cruel de moyens pour poursuivre le travail policier après un décèlement plutôt efficace de la menace.

Mais revenons sur les chantres de la fiche S et sa transformation en billet d’avion ou ticket d’entrée pour un camp de détention administrative.

En lire plus

Enquête interne sur les enquêtes internes…

Ce lundi 20 juin, TVA Nouvelles et le Journal de Montréal, annonçaient que le responsable des enquêtes internes du SPVM, monsieur Costa Labos, faisait l’objet d’une enquête criminelle, enquête qui serait menée par le service des normes professionnelles de la SQ (équivalent des enquêtes internes).

Plusieurs articles citent mon nom dans le cadre de ce dossier, une rencontre entre Roger Larivière et moi ayant fait l’objet d’une surveillance et d’un rapport faisant état d’un déjeuner entre lui et moi.

J’avais, quelques jours après ce déjeuner, relaté sur mon blogue du Journal de Montréal cette rencontre et la présence de policiers qui prenaient un copieux petit déjeuner dans un café de l’avenue Mont-Royal en même temps que nous. (Billet qui n’est malheureusement plus en ligne).

Le contentieux entre Roger Larivière et le SPVM remonte à bien avant ma rencontre avec lui, mais il semble que notre déjeuner, pourtant fait au vu et au su de tout le monde dans un endroit public, ait été le prétexte à chercher de nouveaux tracas à ce policier qui poursuit son employeur pour des « dommages importants » qu’il estime à 500.000$.

En lire plus
Page 3 sur 29123451020Dernière page »