Policiers corrompus, Davidson, Roberge… et les autres !

Souvenez-vous en janvier 2012 de Ian Davidson, l’agent du service de renseignement criminel du SPVM, qui avait tenté de vendre des informations à la mafia.

Samedi dernier, Benoît Roberge, un policier fraichement retraité du SPVM, a été arrêté parce qu’il est suspecté d’avoir vendu des informations aux Hell’s angels, contre lesquels il travaillait.

Ce que l’on sait : 

D’après les premiers éléments connus, Roberge n’aurait pas seulement vendu de l’information générale aux truands, il aurait communiqué des éléments opérationnels, mettant ainsi en danger la conduite de certaines enquêtes.

D’après ce qui m’a été rapporté, Roberge était, avant sa retraite, affecté dans la même direction que celle où œuvrait Ian Davidson.

Benoît Roberge connaissait tout des écoutes, des surveillances et des poses de caméras dans les opérations menées contre le crime organisé.
C’était un personnage central de la stratégie du SPVM contre les criminels, il avait participé à l’opération menée contre les Bandidos et participé  à Carcajou et d’autres « projets spéciaux », noms donnés aux enquêtes qui regroupent plusieurs services.

Dans le fonctionnement d’une structure comme le SPVM il n’y a pas dix ou quinze Davidson et Roberge…

Ces policiers hyper spécialisés qui détiennent à la fois la connaissance théorique et pratique tout en étant investis dans les opérations de terrain se comptent sur les doigts d’une main.

Ce que l’on peut dire :

Est-ce uniquement le fait du hasard si Ian Davidson et Benoît Roberge travaillaient dans la même structure et dans les mêmes locaux ?

Il y a donc de très fortes chances que les deux hommes se connaissent…

Tout n’a manifestement pas été dit sur l’affaire Ian Davidson et contrairement à ce que disait le représentant du SPVM au journal La Presse en janvier 2013 : «On a toutes les raisons de croire que Davidson a agi seul», plusieurs voix chuchotent dans la police que celui-ci n’était pas seul et qu’un complice ferait actuellement l’objet d’un vif intérêt de la part des forces de l’ordre, autant que de la part de certains criminels.

On peut comprendre que cette affaire place la police montréalaise sur le grill, surtout si elle dépasse le cap d’un corrompu isolé qui s’est suicidé avant de subir son procès.

Mais avec la sortie du placard de Benoît Roberge, voici que les choses prennent une tournure très inattendue.
On notera d’ailleurs cette fois que c’est la SQ et non le SPVM qui mène l’enquête criminelle.

Les questions en suspend :

Est-il possible que Davidson et Roberge se connaissent et qu’ils aient des liens qui aillent jusqu’à rejoindre les activités criminelles dont ils sont suspectés ?

Qui est l’autre homme qui serait impliqué dans le dossier de Ian Davidson ? D’autres policiers sont-ils impliqués ?

Si cet homme existe bien, pourquoi n’a-t-il pas été arrêté plus d’un an après la mort de Davidson ?

Existe-t-il une copie de la liste des sources policières volée par Davidson et le SPVM est-il vraiment en contrôle dans cette affaire ?

La suite :

Cet après midi, Robert Poëti, le député ancien policier de la SQ et ardent défenseur de l’organisation policière, tentait, chez Dutrizac, d’apporter quelques éléments en faveurs des ses anciens collègues en disant que la police Québécoise était la seule a avoir « brassé les Hell’s »…
Il ne serait pas inutile qu’il lise l’actualité internationale, il verra qu’en France, en Espagne, ou même en Belgique, les motards criminalisés ont la vie dure… sans que cela ne conduise les policiers à devenir eux-mêmes des criminels !
On comprend qu’un policier corrompu n’est pas la preuve que toute la maison l’est, mais deux en deux ans, on est en droit de se poser la question.

Ce dossier potentiellement explosif pour le SPVM risque d’aller bien plus loin que ne le souhaiteraient les policiers soucieux de l’image de la maison, déjà durement entamée.

On les comprend, mais quand le mal est dans la plaie, il ne faut pas avoir peur de gratter largement autour pour éviter que la gangrène ne gagne du terrain !

À suivre pour d’autres informations sur ce dossier.

– Publié sur le JdM le 8 octobre 2013

La punition d’Omar Khadr

Omar Khadr restera donc dans une prison fédérale à sécurité maximale, car c’est ce qu’a décidé la cour supérieure, malgré la demande de son avocat de le transférer dans une prison provinciale.

Khadr, condamné pour avoir tué un soldat américain dans une zone de combat alors qu’il était mineur est-il si dangereux qu’il faille le maintenir dans un système de haute sécurité ?

Dans l’administration fédérale canadienne tout le monde se félicite du fait qu’on maintienne cet homme sous haute surveillance.

Condamné par un tribunal militaire américain dans des conditions on ne peut plus discutables et pour des faits qui ne relèvent pas en réalité du « droit commun » mais de l’acte de guerre, Khadr est-il un prisonnier si « à risque » que cela ?

Objectivement, un Hell’s qui n’a pas renoncé à ses liens avec son organisation qui commet crime sur crime au pays n’est-il pas plus « à risque » que ce soldat d’Allah embrigadé par ses proches.

Malheureusement, au delà de la question de la prétendue dangerosité de Khadr, il s’agit ici avant tout de respecter une entente conclue avec le département de la justice américain.

Car pour les USA, il faut punir Omar Khadr autant que possible. Montrer l’exemple d’une justice impitoyable à défaut d’être exemplaire.

Alors le Canada punira Khadr.

En agissant ainsi, la justice canadienne révèle une bien vilaine part de ses relations non dites avec les américains au sujet du terrorisme, puisque c’est de cela qu’il s’agit.

– Paru au JdM le 20 octobre 2013

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