Photo de l’autopatrouille : prudence et mesure.

Je ne suis pas le dernier à relever les dysfonctionnements ou les errements des corps policiers quand cela arrive.

Cette fois-ci je suis de ceux qui disent qu’il faut mettre un frein à l’emballement, ou en tout cas attendre que les choses s’éclaircissent avant de réclamer la sentence la plus lourde pour les policiers mis en cause dans le dossier de la semaine.

Je m’explique : on parle ici de l’affaire qui a fait le tour des réseaux sociaux avant d’atteindre rapidement la presse « traditionnelle », à savoir la photo du policier dans son autopatrouille avec une fille probablement assise sur ses genoux.

Certes, la photo est sans équivoque sur le fait qu’une jeune femme se trouve bel et bien dans une autopatrouille assise à l’avant, sur les genoux ou très très proche d’un policier qui semble particulièrement « attentionné ».
Rien que cela, sans s’avancer sur ce que faisait son équipier durant ce temps là, est constitutif d’une attitude fautive qui mérite une sanction.

Cependant, trop de zones d’ombre persistent à cette heure pour que l’on puisse vouer ces policiers aux poursuites pénales de grossière indécence ou d’attentat à la pudeur comme on a pu le lire ici ou là sur le web.
Rien ne prouve en effet que la jeune femme était plus déshabillée qu’une simple épaule dénudée et que la rencontre se soit réellement achevée par des actes sexuels comme certains le prétendent.

Pourquoi une telle prudence de ma part ?

Tout simplement parce que trop de versions contradictoires ont été avancées par les personnes impliquées, soit la personne ayant prise cette photo et la jeune femme sur la photo.
Il semble qu’aucune de ces deux femmes ne souhaite parler à la police et répondre à leurs questions. Pourquoi ? Ont-elles quelque chose à cacher ?
Si elles manquent de confiance dans les autorités, pourquoi ne disent-elles pas quelles en sont les raisons…

Je soutiens qu’il faut plus de transparence et d’imputabilité dans les rangs des forces de l’ordre au Québec, mais pas à n’importe quel prix et pas à celui d’accusations anonymes.

On nous dit, de plus, que les deux femmes se connaissaient.
Si oui, pourquoi avoir mis son amie dans l’embarras alors ?

Bref, mon instinct me dit qu’il y a anguille sous roche, ou en tout cas que tout n’est pas clair.

Soulignons, cette fois-ci, que la ministre de la sécurité publique s’est exprimée pour souligner la mauvaise conduite des policiers, la Fraternité lui en fera sûrement le reproche !
Je dis bravo, même si le propos est très mesuré, il est important d’envoyer un message de droiture aux policiers.

Reste donc qu’au moins un policier s’est rendu responsable d’un comportement totalement inapproprié pour quelqu’un qui porte un uniforme.

Et oui, cela peut arriver à tout le monde, mais quand on est policier ça amène des sanctions… C’est la règle du jeu !

Ne comptez pas non plus sur moi pour éluder ça pour autant.

– Paru au JdM le 30 mai 2014

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