Police Catalane : maquiller ses dérives

Le Mossos d’Esquadra est la police Catalane.

Ces dernières années, son comportement a tendance à devenir l’exemple à ne pas suivre pour un corps de police qui souhaiterait ne pas sombrer dans les dérives et les violences.

En octobre 2013, Juan Andrés Benítez, un homme de quarante ans propriétaire d’un magasin de vêtements, est mort sous les coups de matraques de ces policiers dans une ruelle sombre de Barcelone.
L’autopsie établira que l’homme avait de multiples fractures du crâne et de plusieurs os du visage.
Dans ce dossier, quatre policiers ont été mis en examen.

Cela n’empêchera pas, peu de temps après, ces mêmes policiers de blesser gravement une femme au visage avec un projectile en caoutchouc qui lui a arraché l’œil.
Un incident qui fait suite à la perte d’un œil par un manifestant à peine un an plus tôt !
Dans un premier temps, les policiers et leur hiérarchie nieront avoir utilisé des armes susceptibles de lancer des balles plastiques… Réflexe malheureusement classique.
Le chef de la police et le ministre de l’intérieur seront ensuite démis de leurs fonctions.

Les incidents, pour employer un euphémisme,  relevés pour ce corps de police sont tellement nombreux que l’association Amnesty International s’est inquiétée des nombreuses dérives qui marquent les interventions de ce corps policier en Catalogne.
Des agents condamnés en 2009 pour des actes de torture, des plaintes qui n’aboutissent pas, des policiers condamnés amnistiés…

Est-ce assez ?

Pas vraiment on dirait, à en croire la vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux et qui nous montre ces policiers se livrant à une véritable mise en scène lors des arrestations de manifestants.
Les individus arrêtés sont en effet contraints de mettre sur leur tête une capuche qu’ils ne portaient pas, ou de cacher leur visages pour être pris en photo au pied des camion de police.

Pourquoi une telle mise en scène si ce n’est pas pour justifier des arrestations et encourager l’utilisation de moyens toujours plus violents pour réprimer des manifestants qu’on cherche à faire passer pour ce qu’ils ne sont pas ?

Voilà bien un cercle vicieux de violence et de mise en scène qui ne font qu’accréditer pour les Catalans le fait que leur police n’est plus vraiment au service de la justice.

L’arrivée au pouvoir, il y a trois ans, d’un gouvernement de droite a renforcé la position du ministre de l’intérieur de l’époque et la crise qui fait rage en Europe n’ a rien fait pour améliorer la situation.

Mais alors, à quoi sert la police ? Et surtout, qui sert la police ?

Des questions qui deviennent, pour certains peuples de pays pourtant démocratiques, de plus en plus lancinante.

– Paru au JdM le  3 juin 2014

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