Rentrez au port capitaine Ménard

Le mandat de la commission dirigée par Serge Ménard touche à sa fin et M. Ménard vient de demander une prolongation des travaux par une requête au ministre de la sécurité publique. Ce mandat devait prendre fin à la fin du mois de décembre et si cette demande est acceptée, ce mandat se prolongera certainement encore quelques mois en 2014.

Quoi de neuf ? 

À ce jour la commission a entendu 135 intervenants, dont les principaux responsables des corps policiers impliqués dans les événements du printemps 2012/2013. Et quoi ? Avons-nous appris quelque chose ?

Les étudiants se plaignent d’avoir été battus ou bousculés, quelques journalistes aussi, les policiers disent qu’ils ont agi au mieux de leurs moyens en fonction des situations rencontrées et les chefs sont fiers de leurs troupes.

Rien de nouveau

À ce stade, la question n’est même plus de remettre en cause le mandat de la commission ou son absence de moyens pour obtenir les preuves et les témoignages qui seraient peut-être plus utiles à la recherche de la vérité. Le véritable problème, c’est que cette commission ne nous apprend rien. Rien de rien.

Personne ne parvient à démontrer que les étudiants se plaignent sans raison, pas plus que les membres de la commission ne sont capables – en ont-ils le désir ? – de pousser les policiers à en dire plus que ce que leurs relationnistes nous ont déjà rabâché à longueur de journée durant les manifestations.

Où est la lumière ?

Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ? L’explication d’une commission « politique » destinée à embarrasser les libéraux sur le sujet ne suffit même pas à tout expliquer. L’incompétence ? Possible, mais pas suffisant non plus.

Au fond, tandis que de temps en temps un journaliste ici ou là rappelle l’existence dans la commission qui ressemble plus à un « dîner dans le noir » qu’aux feux des projecteurs sur les circonstances du printemps 2012, on comprend que quel que soit le rôle de la commission, il n’est certainement pas de faire la lumière sur ces événements.

En organisant ainsi une longue successions de témoignages déjà entendus partout, en nous habituant à la longue et morne litanie des critiques des uns face au satisfecit des autres, la commission Ménard réussit tout de même l’exploit d’inventer le rapport « pré tabletté » avant même qu’il ne soit rédigé.

Perdu la carte

Pourtant, M. Ménard, capitaine du bateau fantôme de la commission qui a perdu la carte dès les premières semaines de sa mission, nous demande de continuer à payer pour que lui et ses lieutenants poursuivent tranquillement leur navigation solitaire durant quelques mois avant de rendre un rapport qui a déjà sa place sur une tablette, non loin d’un bac de recyclage…

Il est donc temps, capitaine Ménard. Rentrez au port avec votre piteux équipage, personne ne vous reprochera d’avoir vogué en solitaire loin des terres de la vérité. Au fond, nous savions un peu tous que votre petite régate n’allait pas vous mener bien loin et c’est certainement pour cela que vous n’avez obtenu qu’une barque et une paire de rames tandis que madame Charbonneau navigue fièrement à la barre d’un voilier de compétition.

À la rame on ne va jamais loin monsieur Ménard, il est temps de rentrer maintenant.

– Paru au JdM le 20 novembre 2013

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