Boston, un an après

Un an déjà.
L’arrivée du marathon de Boston, la bombe artisanale, 3 morts et 264 blessés.
Les informations erronées sur des suspects, les rumeurs, puis la traque des frères Tsarnaev qui se soldera par la mort d’un policier et d’un des deux frères.
N’oublions pas l’interrogatoire au cours duquel un policier tuera un témoin lors de son audition à son domicile en présence de ses parents. Le policier a été disculpé depuis.

Un an plus tard, l’enquête est bouclée et la peine de mort est requise contre Dzhokhar Tsarnaev.
Il n’y a aucun doute sur le fait que la sentence sera « exemplaire » pour le coauteur de cet attentat meurtrier.
On pourrait donc croire que le dossier de l’attentat de Boston est bouclé, que justice sera faite et qu’il ne reste que le temps pour panser les plaies des victimes.

Pourtant, il reste de nombreuses zones d’ombre dans ce dossier.

Tout d’abord sur le parcours des frères Tsarnaev, qui ressemble étrangement à celui de Mohammed Merah qui a assassiné plusieurs personnes, dont des enfants, en France en mars 2012.

Ensuite les questions d’intégration et le parcours des frères Tsarnaev comme Merah qui se rapprochent des milieux islamistes radicaux alors que monte en eux un sentiment de rejet.
Puis, les déséquilibres familiaux dans les deux familles avec le divorce des parents respectifs.

Ainsi, tout comme pour les Tsarnaev, tout porte à croire que Merah a lui aussi agit, dans son djihad meurtrier, avec la complicité de son frère, Abdelkader qui est actuellement emprisonné.

Tous se sont rendus dans des zones de conflit et, sous prétexte de voyage d’étude ou humanitaire, y sont entrés en contact avec des mouvements islamistes radicaux.

Dernière chose enfin. Dans le cas des Tsarnaev comme des Merah, les services antiterroristes ont été mis au courant du danger et étaient même en contact avec au moins l’un des deux frères de chaque famille sans pour autant parvenir à déceler la menace.
Les français se défendent en disant qu’ils n’ont pas voulu de faire de Mohamed Merah un informateur – ce que soutiennent certains journalistes – et les américains disent que les russes ne leur ont pas tout dit sur le danger potentiel des deux frères Tsarnaev.

Reste un point occulté par ces dossiers : La NSA, le FBI, la DCRI, ECHELON avec tous les systèmes d’écoute et de surveillance dont ils disposent n’ont pu empêcher ces attentats de se produire.
Je ne conteste pas le fait qu’il faille en partie utiliser la surveillance électronique dans une certaine mesure.
La partie à retenir ici est celle d’une « certaine mesure »…

Depuis le 11 septembre 2001, les américains croient résoudre la question de la menace terroriste sur la base des seuls moyens technologiques.
C’est là leur plus grave erreur, rien ne remplacera jamais la connaissance du terrain et l’analyse par des agents qui connaissent leur métier, mais surtout dont on prend en compte les rapports et les informations.

Après, on a beau jeu d’accuser Snowden de mettre en danger la sécurité nationale pour tenter de conserver ses budgets et ses joujoux de surveillance planétaire…

– Paru le 15 avril 2014 sur le blogue du jdM.