Quitter Facebook…

À la fin de l’année 2017, je me suis offert une petite pause de Facebook.

Cette pause était prévue au départ pour une semaine mais je suis finalement resté éloigné de Facebook pendant un peu plus de deux semaines.

Bon, vous comprendrez que je ne postule pas pour le livre des records avec cet « exploit »…

Partir, mais pourquoi ? 

Pourtant, cette courte expérience a sérieusement éclairé mes réflexions sur la place des médias sociaux dans ma vie.

Après avoir commencé par diminuer ma présence sur les réseaux sociaux – je n’ai été sur Twitter que quelques rares fois en six mois – j’ai éliminé environ 3000 amis de ma page Facebook pour que celle-ci retrouve un caractère plus intime et que je puisse à nouveau voir les publications de ma famille et mes proches.

Sur la question du nombre « d’amis », il existe bien entendu différentes solutions pour différencier les auditoires de nos publications, mais cela demande une gestion assez lourde et cela ne change finalement pas grand chose au fait qu’on puisse avoir simplement envie d’échanger avec ses amis proches, plutôt qu’avec une foule hétéroclite qui transforme un peu trop souvent les échanges et commentaires en combats de coqs…

Est-ce que j’ai eu une illumination en m’éloignant de FB durant cette courte pause ?

Est-ce que ma vie en a été chamboulée au point que je pratique chaque matin une heure de méditation et une heure de sport chaque soir ?

Non.

Par contre ce court moment de décrochage m’a permis de me confirmer le sentiment que ressentent de plus en plus de gens : mais qu’est-ce que je fous dans ce cirque ?

Je, tu, il, nous, vous, ils…

Le jour où l’on décide de cesser d’aller sur Facebook (j’avais retiré l’application de mon Iphone et déconnecté mes comptes sur les ordis) on commence par regarder son téléphone comme une chose un peu étrange qui vient de perdre l’un de ses pouvoirs, celui de nous relier au « monde ».

Et puis, après les quelques instants un peu étranges où nos doigts font glisser les écrans d’applications en se demandant ce qu’on peut trouver d’intéressant là dedans, on se décide à aller voir un site d’information, puis un autre… et ensuite un autre.

Puis un magazine d’actualité et puis… pourquoi pas après tout, on va récupérer un des livres qui s’amassent sur le coin du bureau dans la pile « à lire » !

Et de fil en aiguille on se reconnecte avec « le monde » et on réapprend à le visiter à travers différentes fenêtres, différentes voix (il n’y a pas de faute) et différents médias et supports d’information.

S’occuper ou s’informer ? 

Je ne peux pas dire que je ne lisais pas les journaux avant de mettre Facebook sur pause, mais, comme beaucoup d’entre-nous, je passais une partie significative de mon temps libre à lire les statuts des uns et des autres ou à cliquer sur les liens d’articles passablement inintéressants.

Et pour être franc, je n’ai jamais vraiment cessé de lire des livres, mais si je regarde le capital temps dont je dispose dans une journée, je suis bien obligé de noter que celui consacré à Facebook est finalement le moins positif et instructif.

Sans être volontairement négatif, quand on fait le bilan de ce qu’on a appris et retenu de vraiment enrichissant et intéressant en une semaine sur Facebook on est bien obligé de reconnaître que ça ne vaut pas 5 pages d’un bon livre comme Homo deus de Yuval Noah Hariri…

Un mouvement discret ou une lame de fond ? 

J’ai eu l’occasion, ces derniers jours, de parler avec plusieurs amis de ce sujet et je sens que ce sentiment de saturation est réellement en train de se cristalliser et de prendre discrètement forme.

Dans le marketing, on découpe en segments les tranches de population qui adoptent progressivement une innovation technologique.

Les « Innovators » et « Early adopters » (ceux qui initient ce phénomène) sont avant tout des férus de nouvelles technologies et qui carburent à l’innovation et au changement.

Après eux, arrive la masse (en caricaturant un peu), comme le montre le schéma ci-dessous.

On pourrait ici facilement reprendre cet exemple et l’appliquer à ceux qui décident de s’éloigner des réseaux sociaux.

Je crois donc pour ma part que, contrairement aux idées reçues, les gens qui décident de quitter Facebook ou de s’éloigner des réseaux sociaux, ne sont pas des doux rêveurs un peu grano qui fantasment un retour à la nature.

J’ai plutôt la sensation que ce sont justement les « Innovators » et « Early adopters » qui sont en train d’initier un changement de paradigme, ce qui serait évidemment bien plus lourd de conséquences que le départ de quelques rebelles à notre beau modèle de société…

Je ne suis pas un spécialiste du marketing, juste quelqu’un qui se tient à l’affût des tendances et je serais curieux de savoir ce qu’en pensent les spécialistes du domaine !

Rester ou quitter ?

Tout ceci étant dit, je n’en suis pas encore arrivé au point de quitter définitivement Facebook. Mais il est certain que je ne vais plus désormais l’utiliser comme je l’ai fait ces dernières années et qu’on m’y lira beaucoup moins souvent.

En deux semaines, je me suis redécouvert des plages de temps libre et j’ai repris des activités mises de côté depuis longtemps… J’ai, par exemple repris l’écriture de ce blogue sous une forme différente !

Je suis impatient de voir quelles seront les autres belles découvertes je pourrais faire dans les semaines à venir et j’aurais plaisir à les partager avec vous ici.

Et donc, je ne vais pas disparaître dans la nature, la meilleure preuve est que vous lisez certainement cet article sur… Facebook !