Le rétro patinage du SPVM sur le P6

La victoire du Canadien sur le Lightning a été l’occasion d’une séance de patinage peu artistique de la part du SPVM au sujet de l’application, ou pas, du règlement P6 à l’issue du match.

En effet, après avoir dans un premier temps affirmé que le règlement P6 serait appliqué en cas de regroupement d’après match, un message envoyé sur Twitter par le compte officiel du SPVM est venu semer le doute et a lancé une rapide polémique sur les médias sociaux quant aux conditions d’application du fameux règlement par le service de police.

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Ainsi, dans le cas de l’investissement de la voie publique par des partisans enflammés, le SPVM informe les citoyens qu’il ne fera pas appel au règlement en question.
Bien entendu cette prise de position qui laisse penser que le SPVM décide quelle manifestation est à empêcher avec le P6 et quelle autre ne l’est pas a soulevé un tollé de la part de citoyens qui dénonçaient le « deux poids et deux mesures » du corps policier.

Peu de temps après ce message, le responsable des relations publiques du SPVM, Ian Lafrenière, expliquait que tous les moyens légaux, y compris le code criminel, seraient employés pour réprimer les débordements.

Ayant déjà abondamment critiqué la possibilité pour un corps policier de décider de sont propre chef d’appliquer un règlement en fonction du type de manifestation, je ne reviendrais pas sur ce point.

La SPVM indique de sont côté que les gens qui se regroupent dans la rue après le match ne forment pas une manifestation proprement dite, personne n’appelant à se retrouver, et comme il ne s’agit pas d’une manifestation et il n’y a pas lieu de demander un itinéraire.

Il me semble pourtant que ce point de vue est mis à mal par le texte même du règlement qui ne fait pas de différence entre les différentes formes de regroupement.

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Mais la question n’est pas là et chacun se fera une idée en lisant le texte…

Le point où je veux en venir est plutôt celui de la responsabilité du centre Bell ou d’un stade quel qu’il soit quand la foule importante qui le compose quitte les lieux pour se retrouver dans la rue.

Ne faudrait-il pas imposer aux lieux qui réunissent une telle foule de participer techniquement, par des vigiles et gens sur le terrain, à une évacuation paisible et ordonnée ?

Après tout, les patrons de bars ou clubs sont bien tenus responsables des débordements commis par leurs clients devant leurs établissements…

Ce ne serait pas si fou non ?

– Paru au JdM le 24 avril 2014