On passe au cash avec le « RIP deal »

Rip

La mallette contenant l’argent remis par les escrocs à leur victime en Montérégie

 

En Europe, le RIP deal est pratiqué depuis de longues années et ce sous de très différentes formes.

Le principe de cette escroquerie basée sur un échange d’argent reste toujours le même, quel que soit le moyen employé pour y arriver.
Dans certains cas on vous proposera un prêt de liquidité à un taux défiant toute concurrence ou l’échange de devises, quand ce n’est pas l’achat du bien immobilier que vous désirez vendre, comme dans l’affaire mise à jour par le bureau d’enquête de TVA sur la base d’une information de ma part.

La règle d’or de ce type d’arnaque tient en deux points très précis et qui ne changent jamais : les escrocs sollicitent toujours une remise d’argent sous un prétexte ou un autre et ils remettent toujours des billets qui sont suffisamment différents des vrais pour ne pas pouvoir être accusés de contrefaçon de monnaie.

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Document remis à une victime

Le cas le plus courant est celui de l’arnaque immobilière au cours de laquelle les « acheteurs » demandent une commission en liquide au vendeur qui perdra ainsi toute somme remise aux malfrats.
Ces hommes sont de véritables professionnels qui ne lésinent devant aucun moyen pour mettre leur victime en confiance.
Pour cela tout y passera, des costumes de marque aux voitures de luxe avec chauffeur jusqu’aux rendez-vous dans les endroits les plus prestigieux.

Dans le cas de l’escroquerie racontée par TVA et le Journal de Montréal, les escrocs auront remis de nombreux documents à la victime qui, appâtée par les moyens et les manières des hommes, n’aura rien vu venir du piège qui lui aura été tendu.

En Belgique et en France toutefois, où ce type d’escroquerie est connu, les gens se méfient et n’hésitent pas à prévenir la police qui place un agent dans la transaction et procède alors à l’arrestation des criminels.

Ce sont certainement ces difficultés qui poussent aujourd’hui ces malfaiteurs aguerris à venir déployer leurs efforts sur un terrain de jeu qui doit leur sembler plus facile et donc plus lucratif.

Un conseil tout simple pour finir : dites-vous que – comme disait ma grand-mère – quand ça a la forme, le goût et l’odeur du poisson… c’est sûrement du poisson !

– Paru au JdM le 27 mai 2014