Twitter modère modérément.

J’ai déjà eu l’occasion, à de nombreuses reprises, de dire tout le mal que je pensais de l’attitude laxiste des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter face aux nombreux délits qui y sont commis (apologie du terrorisme, harcèlement, diffamation… entre autres) ou de leur incapacité à différencier les comptes nuisibles des autres.

J’ai aussi rédigé ici un article sur le sujet des faux comptes sur ces mêmes réseaux et donné plusieurs entrevues pour expliquer comment ils facilitaient, par leur négligence, la radicalisation et le recrutement terroriste.

Nous avons eu droit, ces derniers mois, à plusieurs articles qui nous expliquaient que Twitter avait supprimé des centaines de milliers de comptes qui se livraient de la propagande terroriste…

Tout cela ressemble évidemment à une belle opération de communication à l’occasion de laquelle on nous explique combien il est difficile de détecter ces comptes puisqu’il n’existe pas « d’algorithme magique pour identifier les contenus terroristes sur Internet »…

D’après ce que m’ont expliqué ceux pour qui les algorithmes sont le pain quotidien, il ne serait pourtant pas difficile d’identifier selon des procédés automatisés ceux qui utilisent le matériel visuel de Daesh, ne serait-ce que pour faire un premier tri entre les militants de Daesh et ceux qui reproduisent son iconographie à des fins d’information…

Ma conviction est que les compagnies qui se sont positionnées sur le créneau du réseau social considèrent les processus de contrôle et de gestion des dérives qui s’y produisent comme des coûts qu’ils rechignent à assumer.

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Twitter est-il capable de différencier les bons des méchants ?

Si tout le monde ne s’entend pas sur la nature exacte du rôle joué par les réseaux sociaux dans la problématique de la radicalisation et du recrutement terroriste, leur rôle central sur cette question commence toutefois à faire l’unanimité entre chercheurs, policiers et autres observateurs attentifs du phénomène.

Pourtant, malgré quelques déclarations de bonnes intentions annonçant la suppression de plus d’une centaine de milliers de comptes qui ont « publié des menaces ou fait la promotion d’actes terroristes », Twitter continue manifestement de traîner la patte face à l’utilisation du réseau par des organisations qui en maîtrisent parfaitement l’usage et en font un parfait outil de recrutement terroriste, comme le démontre l’expérience que j’ai menée sur Twitter pour mon dernier ouvrage.

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