Des départs et des arrestations

À la mi-janvier six jeunes ont quitté le Québec pour vraisemblablement rejoindre les groupes terroristes qui agissent en Syrie.

La semaine passée ce serait six à huit jeunes gens qui ont été interceptés par la GRC alors qu’ils avaient l’intention de se rendre eux aussi en Syrie.

Entre temps, quatre autres jeunes gens ont été arrêtés pour des faits de terrorisme et avec l’intention eux aussi de quitter le pays.

C’est désormais plus une simple série et si tous ces jeunes n’ont pas été en contact ou n’ont pas fréquenté les mêmes lieux, il n’en reste pas moins qu’il existe quelques coïncidences plus que troublantes.

Que fait la police ?

Dans ces circonstances, il ne sert à rien de se mettre à crier « Que fait la police ? » puisqu’elle est intervenue justement à temps cette fois-ci pour empêcher les départs de près d’une dizaine de jeunes hommes et femmes.

Et pourtant, il est clair qu’il existe à Montréal au moins un foyer de radicalisation.

Une rapide analyse de certains des liens entre les jeunes partis en janvier et ceux empêchés de le faire la semaine passée ne laisse aucun doute sur le fait que les policiers disposent de nombreux éléments qui doivent à chaque fois les amener à diriger leur regard dans la même direction.

Il faut donc se demander pourquoi la police semble ne pas pouvoir mettre fin au recrutement de ces jeunes, dont plusieurs ont fréquentés le collège Maisonneuve et la même salle de prière.

On peut s’interroger sur le fait que les échecs passés sont peut-être à l’origine d’une très – trop ? – grande prudence des corps policiers qui ne voudraient pas, encore une fois, laisser leur cible leur glisser entre les doigts.

Je suis pourtant convaincu que tous les policiers qui travaillent de près ou de loin sur ces dossiers brûlent de vouloir mettre fin à ce recrutement dont il est pratiquement possible de suivre la trace embrigadement après embrigadement…

Les voleurs d’enfants.

Quelle tristesse de constater que ces jeunes manipulés et embrigadés quittent des familles aimantes et attentives pour aller rejoindre des groupes islamistes que, justement, certains de leurs parents voulaient fuir en venant s’installer au Canada.

Quel terrible destin quand même que de fuir le fléau de l’islamisme radical dans son propre pays pour voir la chair de sa chair tomber aux mains de cette même mouvance extrémiste ici même, au beau milieu du Québec.

Ne nous y trompons pas, ces jeunes gens qui s’engagent dans le chemin de la radicalisation sont victimes d’une manipulation mentale savamment organisée et menée de près par des gens qui ne craignent pas de soustraire des adolescents à l’amour de leurs parents pour les envoyer se battre dans un pays en guerre.

Le système, notre société, se doit de protéger les plus jeunes et les plus faibles face à ce type de menace.

On imagine les policiers qui triment jour et nuit pour empêcher de nouveaux départs, la direction des Cégeps qui craint que la « contamination » ne touche encore d’autres jeunes et les familles proches des adolescents embrigadés qui tremblent à l’idée que le prochain soit leur enfant.

Mais nul ne peut jouer éternellement avec le feu sans se brûler.

Je suis convaincu que l’étau est en train de se resserrer et que, bientôt, nous pourrons enfin mettre un nom sur les voleurs d’enfants.

Communiqué de la GRC qui fait état de dix arrestations : http://www.rcmp-grc.gc.ca/qc/nouv-news/com-rel/2015/05/150519-fra.htm

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2 commentaires

  • Diane Audet 21 mai 2015   Répondre →

    Beau texte!
    En tout cas, l’étau se reserre, car on élimine graduellement, les endroits ou la radicalisation ne se pratique pas, j’ajouterais que l’exclusion ne justifie pas que la solution soit de se lancer dans le djiad,
    certaines communautés devront se prendre en mains, et avec toutes les ressources possibles, identifier le noeud de cette radicalisation!

  • Je trouve en effet que « celui dont on ne dit pas le nom » a étrangement disparu des radars médiatiques depuis quelques semaines.
    Merci, Stéphane, de le rappeler à leur bon souvenir.
    Il va quand même bien falloir que cette affaire aboutisse…

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