Dérapage policier, le cas « isolé »

On se souvient évidemment des images rapportées par une passante au sujet d’un, ou plusieurs, policiers qui se trouvaient dans une position compromettante avec deux jeunes filles dans leur autopatrouille.

L’affaire me semblait devoir être traitée avec prudence à cause du fait qu’aucune des personnes impliquées (la photographe et les jeunes filles) ne semblaient vouloir collaborer avec la police.
Il n’en reste pas moins qu’une faute a été commise – faire entrer des « citoyennes » dans un véhicule pendant son quart de travail – et que des sanctions devaient être données.
Sanction que nous ne pourrons connaître en vertu de certaines règles qui, si elles sont liées aux textes en vigueur, n’ont aucun sens puisqu’il est absolument normal que les actes des policiers soient réglés en toute transparence et leur sanctions connues du public.

Cette fois ci, c’est un policier de Lévis qui vient d’admettre qu’il avait eu des relations sexuelles avec une adolescente de 15 ans, dont une fois dans son autopatrouille.

Dans les deux cas, je me pose la même question, celle de la glissade déontologique qui conduit les policiers à se mettre eux-mêmes « hors-la-loi » dans des situations pour lesquelles ils sont tout à fait aptes à comprendre qu’ils commettent exactement le type d’actes contre lesquels ils sont censés lutter.

Certaines études démontrent assez clairement que le temps conduit à une baisse assez significative du niveau déontologique des policiers et je n’ai pas de réponse toute faite quant aux circonstances précises de cette dérive.

L’encadrement, l’influence corporatiste, la déontologie – ou pas – véhiculée par les anciens, la peur de la sanction sont évidemment les clefs de ces problèmes.

Pourtant, on entend encore un responsable parler de « cas isolé ».

Ici, Yves Charette, le chef de la police de Lévis nous parle du fameux cas isolé en essayant de convaincre les citoyens que ceci est l’erreur d’un seul homme.

Refuser cette excuse ne revient pas à dire que les policiers sont tous malhonnêtes, mais plutôt que les facteurs structurels qui sont responsables de ces errements ne sont pas des éléments isolés, puisque ce sont les règles et les conditions d’emploi de tous les policiers.

Quand on voudra bien admettre dans les corps policiers que ces « cas isolés » sont le fruit de défauts dans l’ensemble du système, on pourra alors commencer à parler de solutions…

– Paru au JdM le 10 juin 2014

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