F1 : Bernie soit qui mal y pense

L’heure est au grand coup de balai, on nettoie devant les portes des ministères et si la question des magouilles est loin d’être réglée, officiellement on essaye de faire bonne figure et de nous montrer que les entrepreneurs corrompus n’auront plus leur place dans le milieu des affaires municipales.

On ne demande qu’à le croire n’est-ce pas !

Dans le même temps cependant on vient de nous annoncer fièrement que la ville de Montréal a fait une très bonne affaire dans une entente avec le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone.

Un homme qui est actuellement en procès pour une affaire de pot-de-vins d’un peu plus de 40 millions de dollars.

Certes, on ne fait pas affaire qu’avec l’homme quand on signe un tel contrat.

On pourrait alors dans ce cas continuer à faire des affaires avec Tony Accurso, puisqu’on est à peu près certains que ce n’est pas lui qui ira construire les immeubles de ses propres mains…

Dans le cas de Ecclestone, qui ne semble pas plus ami des démocraties qu’il ne l’est des lois comme on peut l’apprendre en lisant cet article du journal Le Monde, on peut découvrir que le sympathique Bernie aime bien les hommes forts et trouve que Hitler «était efficace».

Un homme d’un sens moral d’une grande profondeur, puisqu’il semble penser que ce même Hitler n’était pas si bon dictateur que cela car, dit-il : « C’est terrible à dire je suppose, mais à part le fait qu’Hitler s’est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j’ignore s’il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d’être efficace ». « A la fin il s’est perdu, donc il n’était pas un très bon dictateur ».

On notera au passage que Ecclestone s’interroge sur le fait qu’Hitler voulait ou pas faire certaines choses…

Il faut dire que dans le milieu du sport on a l’habitude de faire des choses à «l’insu de son plein gré» comme l’a dit un jour un sportif de haut niveau en parlant de dopage.

Bref, l’aimable Bernie, qui trouve nos démocraties bien mollassonnes, vient quand même d’empocher un beau chèque de 220 millions de dollars d’une ville qui tient en ce moment même entre ses murs une commission sur la corruption.

Évidemment, on me prêtera l’esprit bien mal placé et on me trouvera bien pointilleux de chercher des poux  dans la tête d’un tel chantre de la rentabilité.

C’est à ce demander à qui on devrait prêter de l’argent finalement, à des sans-abris (10 millions pour leur cause) démocrates ou à un milliardaire (220 millions) qui aime les dictateurs et qui est poursuivi pour une affaire de pot-de-vins…

– Paru au JdM le 11 juin 2014

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