La sécurité au rabais

Du point de vue des autorités, les affaires de sécurité répondent à un principe très simple : action et réaction.

Un homme prend son fusil pour aller tirer des coups de feu dans une école, nous allons entraîner nos petits jeunes à se mettre à quatre pattes sous des couvertures anti-balles ou leur apprendre comment courir en zigzag pour éviter les balles pendant les scénarios d’évacuation.

Une femme vient enlever un bébé dans une maternité, mettons des bracelets RFID à tous les nourrissons dès leur première journée.

Tout est réglé, problème suivant !

Parce que les décideurs, eux, ne veulent pas s’embarrasser de choses trop complexes et qui demandent une trop grande réflexion.

Le citoyen doit comprendre qu’on a une solution simple et facile à mettre en œuvre à chaque problème.

Malheureusement, ce n’est pas ainsi que l’on résoudra les causes de ces incidents et que l’on empêchera qu’ils se reproduisent.

Surtout, ce n’est pas sur le dos de nos gamins que nous devrions faire reposer des mesures de sécurité destinées à les protéger des tueurs psychopathes armés jusqu’aux dents.

Pour ce qui est du vol d’un enfant dans une maternité – fait plutôt rarissime au Québec – n’y avait-il pas d’autres mesures à mettre en œuvre avant d’en arriver aux gros moyens technologiques qui alimentent la psychose et donc les malades qui s’en nourrissent ?

Rapprocher le bureau des infirmières pour qu’elles puissent voir qui entre ou sort de la salle où dorment les enfants ou mettre un code d’accès à cette pièce aurait certainement été aussi efficace.

Mais ce n’est pas ainsi que pensent ceux qui prennent les décisions après de tels incidents.

Pour ceux-là, l’effet médiatique fait partie d’au moins 70% de la solution choisie.

C’est ainsi qu’ils réagissent et c’est ainsi qu’ils concourent au climat de psychose qui va en se généralisant.

– Paru au JdM le 18 juin 2014

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