Le cancer djihadiste

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©REUTERS/Saad Abobrahim

Dans le journal de Montréal, François Bugingo livrait hier une analyse bien informée sur la délicate question des djihadistes.

Il y écrivait à la fin de cet article passionnant : La question n’est plus vraiment de savoir si nous allons bientôt payer pour cet imbroglio syrien, mais plutôt quand ?

En 2005, dans notre ouvrage « Le jour où la France tremblera », Guillaume Bigot et moi faisions état de cette même situation en parlant du Cancer djihadiste en France :

Les anciens d’Afghanistan, du Kosovo, de Bosnie, de Somalie ou de Tchétchénie deviendront des héros et inspireront le respect dans les cités. Au sein d’une jeunesse engluée dans le chômage de masse et gavée de films d’action, ces vétérans de la guerre sainte susciterons des vocations […] les filières du djihad tendront à se diversifier, rendant plus difficile la lutte contre la radicalisation d’une partie de notre jeunesse.

Les métastases des années 2000 sont devenus des cancers mondiaux et les services de renseignements, qui s’alarmaient déjà il y a 15 ans, doivent maintenant faire face à des retours de plus en plus importants de djihadistes dans la plupart des pays occidentaux.

Encore plus révoltés qu’ils ne l’étaient par les combats et la mort de leurs camarades dans les zones de conflit, entraînés et décidés à étendre le djihad sur la planète, ces hommes sont plus que des bombes à retardement car ils sont à la fois des terroristes en puissance, mais surtout de formidables agents de recrutement pour d’autres filières djihadistes et du terrorisme local.

Depuis les premiers attentats des années 1990 en France – liés à l’époque aux Groupes Islamiques Armés (GIA opérant principalement en Algérie) – le cancer du terrorisme islamiste n’a cessé  de gagner du terrain, combattu avec plus ou moins de réussite par les services antiterroristes, dans la quasi indifférence de la part des leaders politiques des pays occidentaux qui n’étaient alors pas directement visés.

L’imprévoyance et l’indifférence à une question qui semblaient alors contenue hors des frontières – et notamment hors du continent américain – sont des erreurs qui coûtent aujourd’hui très cher à la lutte mondiale contre le terrorisme.

Dans une entrevue donnée en 2008, qui faisait suite à une tentative d’attentat à Paris, je disais : «La question n’est pas de savoir s’il y aura un attentat mais plutôt quand et comment il aura lieu»

Cette phrase concernait la France. Elle est plus que jamais d’actualité.

Elle s’applique désormais à la plupart des pays occidentaux.

– Paru au JdM le 29 octobre 2013

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