MH370 la probable piste des pilotes

Depuis une semaine, le web fourmille de thèses et de pistes, parfois les plus improbables.
Une chose est certaine cependant, celle de l’implication de l’un ou l’autre des pilotes commence à prendre le dessus dans le brouhaha incessant des informations souvent contradictoires qui circulent.
Pourquoi ?
Parce que c’est la thèse la plus « probable » en fonction des éléments dont nous disposons et surtout – c’est l’ancien enquêteur antiterroriste qui parle ici – parce que c’est celle qui fait face au plus petit nombre d’arguments contraires.
Évidemment, et bien que disposant de quelques éléments en provenance de contacts bien placés, je ne suis pas dans le secret de l’enquête et doit reconnaître qu’il existe peut-être une information cruciale que j’ignore.
Cette précaution faite, voici pourquoi je penche pour la piste des pilotes.
Puisque l’on admet que le vol s’est poursuivi plusieurs heures après la perte de contact, on doit comprendre que quelqu’un en a pris le contrôle de façon violente ou pas.
Or, la protection du cockpit par une porte anti-agression qui empêche tant des terroristes d’entrer que quiconque d’atteindre le pilote qui aurait pris le contrôle de son avion va dans le sens de cette hypothèse.
Le fait que les instruments de communication aient été coupés un après l’autre va tout à fait dans le sens d’un nombre restreint d’auteurs et non d’un groupe organisé.
L’absence de messages d’alerte de la part des pilotes ainsi que celle d’appels téléphoniques de la part des passagers comme ce fut le cas pour un avion lors du 11/09 laisse à penser que les passagers ne se sont pas doutés de ce qui se passait avant d’être dans l’impossibilité de communiquer.
Évidemment, un pilote est tout indiqué pour savoir quel serait le plan de vol à suivre pour atteindre son objectif.
De plus, la brusque montée en altitude du vol pourrait s’expliquer par le fait que le copilote reprenne les commandes du vol qui se trouvait en pilotage automatique par exemple.
En outre, c’est LA personne de confiance à bord et il peut trouver toutes sortes d’explications pour justifier ses actions si elles soulèvent des doutes chez le personnel naviguant.
Enfin, l’attitude des autorités Malaisiennes jette un énorme doute sur le fait que la compagnie Malaysia Airlines craigne d’être éclaboussée par ce dossier, ce qui serait immanquablement le cas si un membre d’équipage était impliqué.
Les motivations du pilote ou de son copilote – rappelons que c’est ce dernier qui a envoyé le dernier message radio – peuvent êtres très variées (personnelles, politiques, financières, psychologiques, religieuses…) et seront difficiles à déterminer sans message ou lettre de sa part…
Dans le cas du crash du vol 990 d’Égyptair, les enquêteurs américains mettent en cause la responsabilité du pilote qui a toujours été rejetée par  les autorités Égyptiennes.
Il est évident que dans le cas d’une implication du pilote, les conséquences d’image pour la compagnie aérienne et le pays seraient énormes.
En ne communiquant pas sur le fait qu’elle détenait des informations – en cours d’analyse – mardi dernier, la Malysian Airlines a-t-elle voulu à vérifier cette piste et essayer de voir jusqu’où sa responsabilité pouvait être engagée ?
Dans un tel cas, cette affaire ne serait pas seulement celle de la disparition d’un avion, mais une affaire d’État pour le gouvernement Malaisien et cela expliquerait aussi le manque flagrant de clarté dans la conduite et la gestion médiatique du dossier.
Voilà une question qui mériterait d’être posée et dont la réponse pourrait certainement apporter un début de solution à la disparition incroyable de cet avion.

En attendant, mon ancien collègue du renseignement français et analyste en sûreté aéroportuaire, Arnaud Palisson (@strategiks) et moi-même nous sommes livrés à un petit exercice d’analyse des différentes situations plausibles de prise de contrôle de l’avion.
Voici ce que cela donne (cliquez sur l’image pour agrandir) :

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– Paru au JdM le 17 mars 2014

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