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Réduire Daesh au silence (1) : les médias sociaux

DAESH ET INTERNET 

Limiter l’accès à Internet

La NSA vient récemment d’annoncer son intention d’intensifier la lutte contre Daesh sur Internet en tentant de limiter les moyens du groupe et de perturber leur utilisation du réseau.

Si la question du blocage des sites et des outils Internet continue de faire débat et semble, dans une large majorité des cas, inefficace il reste toutefois possible de limiter l’utilisation d’Internet par ce groupe terroriste à condition d’y mettre les moyens.

Reste la question de l’utilisation des systèmes et applications de cryptage par les terroristes, dont on sait que, bien qu’utiles aux groupes terroristes sur le plan opérationnels, ces outils sont toutefois limités dans leur portée et leur usage, d’autant plus que certains sont déjà accessibles aux services de renseignement.

À ce titre, de nombreux spécialistes des questions de sécurité et de cryptage s’entendent pour dire que l’accès des autorités à ces applications constituerait une atteinte démesurée aux libertés individuelles et serait surtout une fausse bonne solution.

Quand au fameux « Darknet » que le ministre de l’intérieur Français désignait comme l’antre du terrorisme virtuel, les spécialistes considèrent que l’utilisation des outils tels que le réseau Tor, reste extrêmement marginale, ainsi que le confirme cette étude.

Que l’on parvienne d’une façon ciblée et efficiente à limiter l’accès de Daesh à Internet et que l’on attaque et perturbe sa capacité à utiliser le web comme champ d’action serait donc déjà en soi un énorme progrès.

L’utilisation des médias sociaux

Sans être des outils de recrutement complets, les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter sont devenus de parfaits vecteurs de diffusion de propagande et de premiers contacts avec ceux et celles qui peuvent inciter, faciliter ou recruter pour le passage à l’action violente.

Ce sont aussi de plus en plus souvent des liens entre le monde criminel et le monde virtuel dans lequel évoluent les jeunes ciblés par des recruteurs criminels de tous ordres.

J’ai déjà largement écrit sur le sujet des réseaux sociaux et les dangers liés à ces entreprises qui ne considèrent pas comme une priorité le fait de lutter contre la propagande haineuse, la violence, l’incitation au terrorisme ou à la commission de crimes en général et en confient une partie de la responsabilité aux utilisateurs.

Il est clair que la pression sur ces compagnies, qui sont capables de réduire de façon considérable par des algorithmes la prolifération de certains types de comptes et contenus, doit être bien plus forte qu’elle ne l’est actuellement.

Comme me l’indiquait quelqu’un qui participe à la veille sur Twitter, les méthodes utilisées sont assez simples à identifier et de ce fait à contrer.

Le principe de la « vitrine légale », utilisé depuis des décennies par les organisations terroristes, est appliqué à l’identique sur Twitter où des comptes ne sont crées que pour donner un écho le plus large possible à d’autres comptes opérationnels ou des comptes qui diffusent de l’information « officielle » en provenance de Daesh.

Toujours selon mon contact, ces comptes « shoutout » peuvent atteindre jusqu’à 1000 abonnés par jour, assurant ainsi un relai exponentiel à l’information et la propagande djihadiste terroriste.

D’autres comptes ne sont crées que dans le but de « spammer » ceux qui luttent contre la propagande terroriste ou pour inciter les sbires de Daesh à signaler les comptes des « mécréants » afin de les faire suspendre à répétition, comme je l’ai expliqué dans cet article.

Ces comptes présentent de nombreuses similitudes graphiques – ne serait-ce que par la bannière de Daesh affichée sans aucune conséquence -, de noms utilisés ou d’avatars, et il ne serait donc pas impossible à une entreprise qui voudrait s’en donner les moyens de trouver des solutions automatisées.

Qu’on ne dise pas, dans ces circonstances, qu’il est impossible de lutter de façon plus active et surtout plus efficace contre la gangrène terroriste sur les réseaux sociaux…

 

(Le suite dans quelques jours sur les médias « traditionnels »)

 

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