Terrorisme d’ici et d’ailleurs

Quels sont les points communs entre Martin couture-rouleau et un jeune terroriste palestinien ou encore entre un jeune cégépien qui quitte le Québec pour la Syrie et un enfant soldat en Somalie ?

À part le mot terroriste qui leur colle à la peau, peu de choses en réalité si on regarde les contextes et les modèles de radicalisation ou de recrutement terroriste dans lesquels ils s’inscrivent.

Pourtant, dans la bouche de nos politiciens et dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens l’image de Daesh, en tant qu’organisation terroriste, semble s’imposer dans un même continuum idéologique et opérationnel sur les territoires syriens et irakiens comme au Canada ainsi que dans les pays où l’organisation inspire l’action de recrues du djihad terroriste.

Il n’en est évidemment rien, car ceci est surtout le résultat d’une propagande savamment orchestrée par Daesh et dont les  « lignes » sont indirectement reprises par les tenants du discours sécuritaire.

Car le mot « terroriste » pèse lourd dans la balance des arguments de la peur et l’ampleur du phénomène du djihadisme terroriste en Syrie et en Irak se transpose facilement chez nous quand il s’agit de faire craindre aux citoyens la menace des barbares islamistes.

Il existe pourtant bel et bien plusieurs sortes de terrorismes, de radicalisation et d’engagement dans la mouvance djihadiste violente.

Mais il ne fait pas l’affaire de ceux qui agitent comme des épouvantails les têtes des hommes décapités en Syrie par Daesh de faire la distinction entre ces différentes formes de terrorisme et l’intensité des dangers auxquels ces organisations nous exposent.

Peu importe que le costume du djihadiste sanguinaire soit taillé bien trop grand pour le jeune cégépien de Maisonneuve, pourvu qu’il l’endosse et que l’on parvienne à faire croire à l’opinion publique – comme le souhaite Daesh -qu’il a été cousu pour lui sur-mesure par les méchants terroristes qui font de lui une pièce essentielle de leur plan machiavélique de domination du monde.

Nous devrions pourtant nous rendre compte de la supercherie en constatant qu’une tête décapitée en Arabie saoudite ou qu’un jeune blogueur crucifié à Ryiad n’horrifient pas autant certains de nos politiciens et ne sont pas utilisés par eux pour nous inspirer la peur et la haine du régime saoudien.

Malheureusement, tels des chevreuils pris dans les phares d’une auto, la plupart de nos concitoyens observent apeurés l’épouvantail de Daesh que l’on agite à longueur de semaines sous leurs yeux, venant jusqu’à craindre que des terroristes puissent se cacher sous des niqabs pour frapper dans nos rues, tandis que l’Iran, la Syrie d’assad et l’Arabie Saoudite, entités au moins aussi monstrueuses que le pseudo État islamique,  croissent et prospèrent sur les morts innombrables du conflit mésopotamien.

 

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