Terrorisme : jouer avec le feu ?

La défense de Djokhar Tsarnaev, accusé de l’attentat du marathon de Boston en 2013, avance le fait que le FBI aurait tenté de recruter son frère Tamerlan, ce qui aurait précipité leur action terroriste.

S’il y a fort à parier que l’accusation balayera cet argument du revers de la main, il n’en reste pas moins que la question est intéressante du point de vue de la conduite des opérations antiterroristes de la part des services américains.

On conviendra évidemment que les deux frères ne sont pas devenus des criminels parce que l’un ou l’autre aurait parlé avec le FBI. Il s’agit là d’un argument de prétoire, sans grand intérêt…
Mais question que cela pose est plutôt de savoir si ce service est passé, ou pas, à côté de la menace que les deux frères représentaient dans un curieux paradoxe voulant qu’ en cherchant à détecter des terroristes ils n’avaient pas vu que les deux frères étaient justement des clients de choix.

On peut se surprendre de cela, mais cette situation n’est pas la première dans l’histoire des services antiterroriste aux USA, ni ailleurs. Les services français par exemple, malgré leur longue expérience dans la détection des individus radicalisés, n’ont pas compris que Mohamed Merah était bien plus impliqué dans la mouvance islamiste radicale qu’ils ne le pensaient.
Une erreur qui vaut maintenant à ce service d’être sous le coup d’une enquête pour ce « loupé » qui ne peut s’expliquer que par un certain aveuglement dans une démarche de recrutement d’une source potentielle.

Est-ce l’erreur commise par les services américains ?

C’est fort possible tant il n’est pas rare que cherchant l’ennemi au loin, on ne se rende pas compte qu’il se trouve en réalité sous nos yeux…

 

– Paru sur le JdM le 1 avril 2014

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