Twitter modère modérément.

J’ai déjà eu l’occasion, à de nombreuses reprises, de dire tout le mal que je pensais de l’attitude laxiste des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter face aux nombreux délits qui y sont commis (apologie du terrorisme, harcèlement, diffamation… entre autres) ou de leur incapacité à différencier les comptes nuisibles des autres.

J’ai aussi rédigé ici un article sur le sujet des faux comptes sur ces mêmes réseaux et donné plusieurs entrevues pour expliquer comment ils facilitaient, par leur négligence, la radicalisation et le recrutement terroriste.

Nous avons eu droit, ces derniers mois, à plusieurs articles qui nous expliquaient que Twitter avait supprimé des centaines de milliers de comptes qui se livraient de la propagande terroriste…

Tout cela ressemble évidemment à une belle opération de communication à l’occasion de laquelle on nous explique combien il est difficile de détecter ces comptes puisqu’il n’existe pas « d’algorithme magique pour identifier les contenus terroristes sur Internet »…

D’après ce que m’ont expliqué ceux pour qui les algorithmes sont le pain quotidien, il ne serait pourtant pas difficile d’identifier selon des procédés automatisés ceux qui utilisent le matériel visuel de Daesh, ne serait-ce que pour faire un premier tri entre les militants de Daesh et ceux qui reproduisent son iconographie à des fins d’information…

Ma conviction est que les compagnies qui se sont positionnées sur le créneau du réseau social considèrent les processus de contrôle et de gestion des dérives qui s’y produisent comme des coûts qu’ils rechignent à assumer.

Il est d’ailleurs à mon sens évident qu’ils s’en tiendront au strict minimum aussi longtemps que la justice ne s’intéressera pas sérieusement à leur cas ou que l’un ou l’autre ne sera pas condamné au criminel ou au civil dans l’un des pays où ils opèrent pour avoir facilité de près ou de loin un acte terroriste.

Une famille, en France, vient d’ailleurs d’intenter une poursuite contre Google, Facebook et Twitter dont il sera intéressant de voir quelles suites y seront données par la justice.

Le modèle de « modération à posteriori », qui consiste à s’appuyer sur les signalements des utilisateurs revient en effet à s’en tenir au strict minimum…

S’il est besoin d’une preuve assez évidente de l’absence de volonté et d’investissement des compagnies internet dans les processus de contrôle, je vous invite à regarder attentivement l’image en haut de cet article.

Vous ne remarquez rien ?

Plutôt, il ne vous saute pas aux yeux qu’il y manque au moins un motif important de signalement ?

Pour ceux et celles qui n’ont pas trouvé, nos champions du web n’ont pas intégré à leur formulaire pourtant déjà minimaliste un signalement pour violation d’une loi !

C’est blessant, c’est pas gentil, j’aime pas, c’est choquant… Twitter conserve toute la latitude de ne rien faire après votre signalement (ce à quoi ils s’appliquent souvent)…

Par contre « C’est contraire à la loi » rendrait les choses un tantinet plus contraignantes pour le petit oiseau bleu…

 

ARTICLES DU BLOGUE RELIÉS AU SUJET : 

Twitter est-il capable de différencier les bons des méchants ?

Les réseaux antisociaux

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2 commentaires

  • Yves Ménard 1 octobre 2016   Répondre →

    Très bon! Le web, et les réseaux “sociaux”, pullulent de furoncles humains.
    Un très bon article publié dans le Time sur ce sujet, le 29 août dernier, “Tyranny Of The Mob”,donne froid dans le dos!
    “Trolls are turning the web into a cesspool of aggression and violence. What watching them is doing to the rest of us may be even worse”
    http://time.com/4457110/internet-trolls/
    Il faut cependant être prudent. Les discours haineux sont effectivement contraires à la loi; toutefois, une accusation de “discours haineux” peut aussi être utilisée comme bâillon, notamment par les ultra religieux aux “poches profondes”.

  • Garneau Diane 1 octobre 2016   Répondre →

    Merci Monsieur Berthomet pour ces informations, votre blogue es toujours très pertinent Merci

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